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COLETTE WEINSTEIN

Publié dans : Les articles Culture de Colette Weinstein

Une exposition monographique d'ampleur : Chaïm Soutine

Le musée de l'Orangerie présente jusqu'au 21 janvier 2013 "L'ordre du chaos", rétrospective d'une figure majeure de l'art moderne.

Près de quarante ans après la rétrospective consacrée à Chaïm Soutine en ce même lieu (Orangerie des Tuileries, 1973), l’exposition porte un nouveau regard sur cette figure majeure de l’art moderne, dont l’œuvre est restée largement incomprise en France.

Le musée conserve la plus importante collection en Europe du peintre russe : vingt-deux de ses toiles ont été réunies par la passion du marchand d’art Paul Guillaume, séduit dès 1922 par l’expressionnisme de sa peinture.

Elles constituent le noyau de cette exposition monographique d’ampleur réunissant près de 70 tableaux à la faveur de prêts exceptionnels de grandes collections publiques et privées.

Chaïm Soutine (1893-1943)

Soutine naît en Lituanie à Smilovitchi, village proche de Minsk, au sein d’un shtetl, communauté juive de l’Europe de l’Est. Il y passe une enfance pauvre En 1903, son père l’envoie en apprentissage à Minsk chez un photographe.

En 1910, Soutine quitte son village natal pour Vilna et s’inscrit à l’École des beaux-arts. En 1913 il s’installe à Paris. Il trouve un logement à la Ruche à Montparnasse, qui est un bâtiment où se trouvent des ateliers d’artistes.

Au début de la guerre, Soutine se porte volontaire dans "l’armée des travailleurs". Il est réformé à cause de sa santé fragile. Il est alors très pauvre et vit misérablement de divers petits travaux. En 1920, installé à Céret, dans les Pyrénées, il réalise des dizaines de toiles.

Quand il rentre à Paris, le marchand Paul Guillaume présente ses tableaux au docteur Barnes. Ce riche collectionneur américain qui veut créer une fondation près de Philadelphie, est conquis par le travail du peintre.

Au début de l’année 1943, les œuvres de Soutine sont exposées à Washington (Phillips Memorial) et à New York (Bignou Gallery). Son état de santé se détériore et il meurt le 9 août malgré une intervention chirurgicale. Il est enterré au cimetière du Montparnasse.

Présentation du parcours thématique qui met en avant la pratique obsessionnelle de la série

Après une introduction consacrée aux portraits de Soutine, de ses amis de Montparnasse et mécènes, l'exposition s’organise en trois sections reprenant les grands genres traités par la peinture tourmentée de l’artiste : le paysage, la nature morte et la figure humaine.

  • Paysages et natures mortes
Si les paysages constituent la partie la moins connue de l’œuvre de Soutine, ce fut pour l’artiste une pratique constante tout au long de sa vie. A Céret, dans les Pyrénées orientales, au début des années 1920, il déforme chaque œuvre en lui conférant originalité Les motifs figurés restent, malgré les fortes déformations identifiables, comme c’est le cas pour Les maisons de la rue de la République à Céret.

Soutine découvre la lumière du Midi à Cagnes, dans les Alpes-Maritimes, et sa palette s’illumine. Les couleurs chaudes, les jaunes et les rouges, éclatent au milieu des verts et du bleu du ciel, et l’espace s’agrandit.

Le peintre aime travailler par série, procédant par simplifications successives jusqu’à atteindre l’essence du sujet qu’il s’est choisi. De simples Glaïeuls dont cinq versions sur les quinze existantes sont exposées, sont ainsi le prétexte à une explosion de rouges, une des couleurs préférées de Soutine, qu’il l’emploie dans toute son intensité.

  • Figures et portraits
Dès son arrivée à Paris en 1913, Soutine découvre les maîtres du passé en fréquentant assidûment le Louvre. Il s’intéresse à Chardin, Rembrandt, Goya, Courbet surtout, mais aussi à Cézanne, Raphaël et même à Fouquet.

Si la composition de ses portraits est classique, les canons traditionnels sont enfreints par Soutine avec toute la violence et l’inventivité possibles. Apparemment libres dans leur espace vital, les modèles sont en réalité étirés.

  • Gens de métier
Sous l’apparente rudesse de la représentation, s’expriment empathie et tendresse pour ses modèles, gens de métier ou réprouvés, Le garçon d’étage, Femme de chambre, ou Déchéance. Ces portraits mélancoliques, typés jusqu’à la caricature, sont les œuvres les plus attachantes de Soutine.

C’est un portrait de Jeune pâtissier qui apporta à l’artiste la célébrité et l’aisance financière en séduisant le milliardaire américain Alfred Barnes. La virtuosité de Soutine apparaît dans le traitement de l’uniforme, blanc laiteux et irisé de couleurs douces, que fait chanter une touche de vermillon.

Étrangement, ces œuvres d’apparence spontanée sont celles où s’appréhende le mieux l’inspiration classique de Soutine. Sous l’apparent tumulte des œuvres, une solide construction apparaît grâce à la leçon des maîtres anciens apprise au musée du Louvre.

Autour de l'exposition Chaïm Soutine

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COLETTE WEINSTEIN

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