C'était Manufrance : un siècle d'innovations, 1885-1985

En 2011, pour l'année Manufrance, une exposition propose à Saint-Etienne, un voyage passionnant au cœur de l'usine, de sa naissance en 1885 à 1985

Des premiers cycles aux fusils de chasse, en passant par les machines à coudre, l’électroménager et l’ameublement, Manufrance a tout produit, en développant un système de vente par correspondance aussi innovant qu’efficace.

La Manufacture française d’Armes et Cycles de Saint-Étienne, devenue Manufrance en 1947, assurera durant plusieurs décennies la renommée de la ville en France comme à l’étranger.

Le Musée d’Art et d’Industrie de Saint-Étienne présente à l'occasion du 10e anniversaire de sa rénovation une exposition consacrée à l'histoire de Manufrance : "Bien faire et le faire savoir. Histoire de Manufrance 1885-1985". Cet événement proposé du 14 mai 2011 au 27 février 2012, pour tous les publics, mêle histoire industrielle et aventure humaine, en invitant au rêve et à la nostalgie.

Le musée d’Art et d’Industrie de Saint-Etienne

Rénové il y a dix ans, le musée d’Art et d’Industrie de Saint-Étienne déploie sur trois niveaux d’exposition ses prestigieuses collections réunies autour de trois thématiques intimement liées à la ville et à ses savoir faire, le cycle, les armes et le textile.

Cette exposition, historique et ludique, invite le public à découvrir l’usine et son catalogue, de sa naissance en 1885 à sa liquidation en 1985. Une large programmation est prévue sur 15 sites partenaires pour célébrer " 2011- L’année Manufrance ".

Reconnue d’intérêt national par le ministère de la Culture et de la Communication, cette exposition est la première grande manifestation consacrée à la Manufacture française d’Armes et Cycles de Saint-Étienne.

Histoire de Manufrance

Sur 700m2 d’exposition, le parcours chronologique et thématique raconte la saga Manufrance. L’histoire de cette entreprise créée en 1885 par les armuriers Étienne Mimard et Pierre Blachon, popularisée par les célèbres catalogues Manufrance que l’on trouvait dans tous les foyers français des années 1960-1970, est fabuleuse par sa longévité (un siècle), sa créativité et ses innovations en matière de vente directe au client.

Usine où seront fabriqués cycles, armes, machines à coudre, articles de pêche, équipement de la maison et de la personne..., entreprise de distribution, maison d’édition avec le Tarif-album (qui deviendra le fameux Catalogue Manufrance en 1973) et la revue Le Chasseur Français, Pionnière en matière de vente par correspondance sur catalogue, Manufrance est tout cela à la fois !

Les débuts de l’usine modèle

Conçu de manière chronologique, le parcours de l’exposition s’ouvre par une projection en 3D montrant l’immensité de l’usine. Pour chaque grande époque, l’exposition prend le parti de mettre en avant quelques objets particulièrement emblématiques de la production des ateliers de la Manufacture.

La première section de l’exposition vise à plonger le visiteur dans l’ambiance de la Manufacture, à travers des textes, des documents d’archives et les tout premiers catalogues et Chasseur français édités.

À ses débuts, l’usine est exclusivement consacrée aux armes et aux cycles, à la production en acier : ses deux premières pièces-phares sont le fusil Idéal et la bicyclette Superbe (1888). Créé dès 1885, le magazine Le Chasseur Français est bien évidemment évoqué dès cette introduction.

Les années de gloire

Cette seconde partie, qui retrace les années de gloire de Manufrance (des années 1920 à la Seconde Guerre mondiale), met en perspective son développement considérable. En quelques années, la Manufacture double ses surfaces d’ateliers, la production s’accélère et se diversifie. La figure charismatique du directeur Étienne Mimard (1862-1944). est mise à l’honneur, à travers la reconstitution de son bureau, avec son mobilier.

Cette section évoque, par le biais de reportages photographiques, la beauté architecturale du bâtiment et sa savante organisation, la production de nouveaux objets (des armes toujours, mais aussi des machines à coudre, des meubles...), et le développement d’une stratégie commerciale de pointe, par l’intermédiaire des catalogues de vente par correspondance, les Tarif-albums qui deviendront après la Seconde Guerre mondiale les célèbres Catalogues Manufrance.

Le début de la fin

Après les années difficiles de la Guerre et le décès de Mimard en 1944, l’entreprise commence à décliner, connaissant ses premières grandes difficultés financières. L’après-guerre est une période sombre pour la Manufacture, qui devient Manufrance en 1947.

Les années 1950 et 1960, qui seront celles d’un renouveau pour l’usine, seront aussi celles d’une production de masse très diversifiée, de plus en plus tournée vers les besoins modernes d’une clientèle française friande de nouveauté.

L’entreprise souffre dans les années 70 d’une succession de directeurs qui ne sont pas toujours d’excellents gestionnaires. La vente par correspondance est en déclin, les supermarchés se multiplient et le client achète différemment. L’inéluctable faillite de 1980 est racontée dans la dernière section du parcours, par des documents d’archives.

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