"Comme jamais !" : exposition d'oeuvres singulières à Bordeaux

Pendant la fermeture du musée, un choix d'œuvres de la collection permanente est présenté, du 24 novembre au 27 février 2012, à la galerie des Beaux-Arts.
54

Le musée des Beaux-Arts est fermé, en raison de travaux de réaménagement, jusqu’au printemps 2012. L’espace de la galerie des Beaux-Arts, conçu dans les années 30 et réadapté en 2001, permet par sa modernité même une mise en valeur autre des œuvres.

Plutôt que de chercher à recréer une ambiance muséale dont le point d’orgue est le "chef-d’œuvre" entouré de peintures perçues comme secondaires, le parti de cet accrochage est de faire découvrir des œuvres dégagées d’une accumulation qui souvent empêche de les apprécier.

Des œuvres d’artistes de grand renom, Véronèse, Frans Hals ou Odilon Redon côtoient, selon une égale visibilité, celles d’artistes moins célèbres, Giovanni Do, Benjamin West ou encore Claude Lagoutte.

Présentation de l’exposition

L’exposition commence par une œuvre emblématique du sujet de l’exposition : Un maître et son élève de Giovanni Do (1604-1656). Dans cette allégorie de l’instruction, le maître présente à son jeune disciple un miroir devant lequel il lui demande de méditer. Derrière le miroir, sort de l’ombre une pile de livres dont l’un est resté ouvert.

L’image de cet enfant cherchant une réponse devant (ou derrière) le miroir apparaît proche de celle de l’homme devant une peinture, l’esprit en quête d’une harmonie tant intellectuelle qu’esthétique. C’est cet esprit en éveil que l’exposition désire solliciter tout au long de la visite.

Parcours de la collection

L’exposition bordelaise , à l’intérieur d’une présentation chronologique discontinue, rapproche des groupes d’œuvres par thèmes, Vierge à l’Enfant, portrait, paysage, nature morte, scène mythologique ou biblique…, respectant une répartition classique en histoire de l’art.

La suprématie du thème religieux au XVIe siècle en Italie est illustrée par les noms d’artistes prestigieux, qui vont de Vasari à Véronèse et Cortone. La nature morte et le paysage hollandais du XVIIe siècle tranchent par leur intention métaphysique et non plus religieuse.

Plus loin, la peinture italienne du XVIIIe siècle, claire et lumineuse dans la suite de Tiepolo, est célébrée avec Eliezer et Rébecca de Giambattista Pittoni (1687-1767), ou Hercule aux pieds d’Omphale de Gaspare Diziani (1689-1717). La peinture anglaise du XVIIIe siècle est aussi présente par ce qui la caractérise, le portrait.

La chronologie emmène le visiteur au cœur du romantisme avec Delacroix (1798-1863) et son Boissy d’Anglas à la Convention (1). L’impressionnisme est abordé avec la dernière acquisition du musée, Bordeaux. Le voilier blanc. Effet du soir , peint par Eugène Boudin (1824-1898). Un dépôt du Fond National d’Art Contemporain (FNAC) rappelle l’importance du groupe des peintres nabis. Le fauvisme est annoncé par deux de ses figures tutélaires grâce à une acquisition récente, le Portrait de Matisse de 1899, peint par son compagnon de route, Albert Marquet (1875-1947).

Rapprochements d’œuvres

Accompagner les Vierges à l’Enfant de L’Ortolano (av. 1488-apr. 1526), Vasari (1511-1574) Véronèse (1538-1598), ou Cortone (1596-1669) de Picasso (1881-1973) Olga lisant , (1920), c’est faire apparaître le recueillement d’Olga comme celui d’une future mère, c’est-à-dire recueillie en elle-même, comme la Mère à l’Enfant.

Présenter non loin de la nature morte de 1636 de Jan Davidsz de Heem (1606-1684) la Nature morte à la bougie de Roland Oudot (1897-1981), c’est créer un lien de compréhension entre des oeuvres qui sont les symboles qu’elles rassemblent sur la fragilité de la vie, sa brièveté et notre propre consomption.

D’autres rencontres font émerger des compréhensions nouvelles, des sensations proches devant des manières de peindre différentes. Elles permettent d’évoquer l’étude des animaux au XVIIe siècle flamand et hollandais, et d’offrir un hommage aux pastels de Rosa Bonheur (1822-1899) exécutant des portraits de chiens, d’un bouc ou d’un renard.

Informations pratiques

  • Galerie des Beaux-Arts
  • Place du Colonel Raynal - 33 000 Bordeaux
  • Tél. : 33 (0)5 56 96 51 60
  • Fax : 33 (0)5 56 10 25 13
  • musbxa@mairie-bordeaux.fr

Sources

(1) Lire : Boissy d'Anglas à la Convention (1er prairial an III)

Sur le même sujet