De Daumier à Giacometti, la sculpture des peintres, 1850-1950

L'Annonciade, musée de Saint-Tropez, présente cet été du 7 juillet au 8 octobre 2012, une exposition entièrement consacrée à la sculpture.

Les œuvres de vingt artistes tels que Matisse et Picasso, seront exposées à l’Annonciade, afin de révéler le besoin de ces artistes de se dédier à une matière qui n’était pas la leur.

Depuis le début jusqu’à la moitié du XXe siècle, des artistes, dont l’histoire retient le rôle éminent et primordial, se sont aventurés dans un monde différent et semé d’embûches.

Ils ont voulu signaler que le peintre pouvait lui aussi tenter une autre analyse et laisser trace d’une autre vie, la cerner, la mettre en volume dans l’espace.

Nombreux sont les peintres qui ont tenté l'aventure de la sculpture

Ces artistes ont plus sûrement compris qu’ils devaient, s’ils voulaient rester attentifs à la création, se mettre en difficulté, dans un équilibre plus instable que celui établi dans un langage qu’ils connaissaient trop bien, pour essayer de remédier à des coutumes et ainsi se frotter à l’inconnu.

Si Honoré Daumier (1808-1879) figure le premier sur la liste dans cette exposition, c’est pour indiquer combien la sculpture moderne, celle née d’une autre interprétation, lui doit pour sa liberté et son pouvoir de suggestion. Mais c’est à partir de la révolution de l’Impressionnisme, saisissant l’instantané, que certains peintres ont été intéressés par la sculpture.

La sculpture des peintres de 1850 à1950

Edgar Degas (1834-1917) tente de capter un geste en mouvement, Pierre-Auguste Renoir (1841 -1919), à la fin de sa vie, se tourne vers la sculpture tant sa peinture devenait "plastique".

Paul Gauguin (1848-1903) en bouleverse les règles en réintroduisant la taille directe et s’écarte du langage qui était le nôtre pour révéler la beauté oubliée. Pierre Bonnard (1867-1947) et Félix Vallotton (1865-1925) excelleront dans des nus modelés dans la terre et figés dans le bronze.

Parmi les fauves, Henri Matisse (1869-1954), surtout, a "fait de la sculpture comme un peintre" c’est-à-dire qu’il a interrogé la sculpture pour y trouver solution à des problèmes picturaux. Kirchner, à l’inverse, met à nu la peinture et ses bois sculptés sont un retour au primitif.

Pour André Derain (1880-1954) ou Auguste Chabaud (1882-1955), la sculpture est de forme géométrique dans un espace resserré. Pablo Ruiz Picasso (1881-1973), quant à lui, se servira sans cesse de la sculpture pour vivifier sa peinture. Georges Braque (1882-1963) aura une approche très différente, son œuvre frontale est presque en contradiction avec sa peinture.

Alberto Giacometti (1901-1966) est-il peintre ou sculpteur ? Il est synthèse des deux mondes. Jean Arp (1886-1966) ouvre un univers autre, onirique, poétique et sensuel.

L’Annonciade, musée de Saint-Tropez

Créé en 1922, sous le nom de Museon Tropelen, le musée de l’Annonciade est un musée récent qui, à l’inverse de tous les musées de France nés pendant la Révolution française, n’illustre en rien l’histoire de Saint-Tropez, ville deux fois millénaire, au glorieux passé militaire.

L’originalité de ce musée est d’attester du rôle que joua Saint-Tropez dans l’avant-garde des recherches picturales durant les dernières années du XIXe siècle et les premières du XXe siècle.

La cohérence et l’harmonie des collections du Musée de l’Annonciade, voulues par ses fondateurs et par son plus important donateur, Georges Grammont, sont un exemple exceptionnel en France et dans le monde, du fait qu’en un si petit espace sont réunis des chefs-d’œuvre majeurs de l’histoire de la peinture française.

Renseignements pratiques

  • L’Annonciade, musée de Saint-Tropez
  • Place Grammont
  • 83990 Saint-Tropez
  • Tél : 04 94 17 84 10

Source d’information

Site officiel : le musée de l’Annonciade

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