"Enluminures du Moyen Âge et de la Renaissance" au Louvre

L'exposition présente jusqu'au 10 octobre 2011 " la peinture mise en page" et offre l'occasion d'en découvrir pour la première fois les raffinements.

Le fonds des enluminures conservé au musée du Louvre (Aile Denon, 1er étage, salles Mollien)

est resté méconnu. La publication du catalogue raisonné, concernant l’inventaire complet de cet ensemble, offre l’occasion de le dévoiler.

Ce fonds réunit un ensemble de feuillets, qui, suivant une pratique aussi ancienne que regrettable, ont été découpés dans des manuscrits prestigieux. Presque aussitôt, ces feuillets séparés sont ainsi devenues, dès le XVIIe et le XVIIIe siècle, des objets de collections recherchés, au même titre que les dessins et les petits tableaux.

Si la Bibliothèque nationale de France a pour mission de conserver les manuscrits enluminés quand ils sont restés reliés, le Louvre, de son côté, a pour vocation de recueillir les pages qui, au fil du temps, ont été retirées des ouvrages démembrés et qui ont aujourd’hui le caractère autonome de petites peintures.

70 enluminures italiennes, françaises, flamandes et germaniques, provenant de manuscrits historiques, littéraires ou liturgiques sont présentées aux visiteurs jusqu’au 10 octobre prochain.

Qu'est-ce qu'une enluminure ?

Le terme d’enluminure est employé pour désigner la décoration peinte qui illustre un texte, en particulier les livres manuscrits et les chartes du Moyen Age et de la Renaissance.

Les enluminures ont été généralement réalisées sur des feuilles de parchemin – une peau animale (mouton, veau, chevreau) traitée à la chaux, raclée, poncée et apprêtée pour l’écriture. Elles étaient faites au moyen de colorants et de pigments mélangés à un liant, et employés à la plume et surtout au pinceau fin.

Pendant plusieurs siècles, et même après le développement de l’imprimerie, les livres manuscrits sur parchemin ont été décorés de motifs ornementaux. Ces décors, souvent minutieusement peints de couleurs vives et précieuses, étaient parfois enrichis d’or ou d’argent.

Parcours de l’exposition "Enluminures du Moyen Âge et de la Renaissance. La peinture mise en page"

La collection du Louvre, qui provient pour l’essentiel de donations faites par de grands amateurs depuis 1854, donne une image assez juste du goût de ces collectionneurs. Elle offre des exemples d’enluminures du XIe au XVIe siècle, mais ce sont les pièces, très picturales, des XIVe, XVe et XVIe siècles qui y occupent la plus grande place.

Il s’agit presque toujours d’œuvres créées en Italie, en France ou au Pays-Bas. Certaines de ces pièces, dues à Jean d’Orléans, Lorenzo Monaco, Jean Fouquet ou Giulio Clovio, sont célèbres.

D'autres, plus nombreuses, sont restées peu connues jusqu’à ce jour, et cette exposition, qui regroupe un peu moins de la moitié du fonds d’enluminures conservé par le musée, les présente pour la première fois.

Regards sur une œuvre de Jean Fouquet (voir l’illustration de l’article)

Jean Fouquet (vers 1420-entre 1478 et 1481) est le plus grand peintre et enlumineur français du XVe siècle. La miniature traditionnellement appelée le Passage du Rubicon par César (12 janvier 49 av. J.-C.) représente en fait l’instant précédent, où l’armée de César reste immobilisée à la vue d’un double prodige.

La figure éplorée de Rome apparaît, flottant sur les eaux du fleuve, pour conjurer César de ne pas passer le Rubicon, que la loi romaine interdisait de franchir en armes, mais un géant surgit et, traversant le fleuve, entraîne l’armée à sa suite.

Dans tout l’œuvre de Fouquet, cette page est sans doute la plus spectaculaire du point de vue du traitement de l’espace, auquel l’artiste apporte des soins particuliers dans cet ouvrage. Il use de divers procédés perspectifs pour insister sur la profondeur du paysage, à la fois par le dessin et par la couleur.

Informations pratiques

  • Musée du Louvre - 75058 Paris Cedex 01 - France
  • Tél. (33)01 40 20 50 50
  • Fax (33)01 40 20 57 05
  • Tél. 01 40 20 53 17
  • www.louvre.fr

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