Exposition à Paris : La Russie romantique de Gogol et Pouchkine

Le musée de la Vie romantique invite à découvrir soixante-dix chefs-d'œuvre (peintures, sculptures, objets d'art) de la période romantique russe

Le musée de la Vie romantique, à Paris (9e), propose jusqu’au 16 janvier 2011 une importante sélection d’œuvres présentées pour la première fois à Paris autour du romantisme russe.

L’exposition rassemble quelque soixante-dix peintures, sculptures, œuvres sur papier et objets d’art. Cette collection témoigne du génie russe à l’époque de ses plus illustres écrivains Pouchkine et Gogol.

Tous ces chefs-d’œuvre proviennent de la galerie Tretiakov, musée national fondé en 1856 à Moscou par Pavel Tretiakov (1832-1898), industriel, connaisseur et mécène d’exception. La galerie abrite aujourd’hui, avec quelque 130 000 œuvres, une des plus riches collections d’art russe.

La Russie romantique

Le décalage énorme qu’il y a, dans les années 1820–1840, entre l'histoire culturelle de la Russie et celle des autres pays européens explique qu'il ne peut être mis sur le même plan d'une part "la Russie romantique", d’autre part "l'Angleterre romantique" ou "la France romantique". L’Angleterre, la France, l’Italie ont un long passé littéraire et artistique. Rien de tel pour la Russie.

On a peine à croire que Pouchkine, le plus grand des poètes russes, est en même temps le premier écrivain de son pays. Les références à la France et à sa culture commencent dès le début du XVIIIe siècle, quand Pierre le Grand (1672-1754) décide de créer à Saint-Pétersbourg une Académie des Sciences à son retour de Paris où il est reçu le 22 décembre 1717.

Les romantiques choisissent des sujets tirés de la vie, de l'histoire, de la nature. Ils peignent les hauts faits militaires, les cosaques, les cavaliers lancés au galop, tel l’état singulier de la nature (foudre, tempête) ou encore l'exotisme de l'Orient.

La galerie nationale Tretiakov : le plus grand musée de l'Art national russe.

Le marchand et industriel moscovite Pavel Mikhaïlovitch Tretiakov (1832-1898) crée une galerie au milieu du XIXe siècle. Pendant plus de quarante ans, et jusqu’à son dernier jour, il acquiert avec un soin extrême, en mobilisant d’énormes moyens financiers, les œuvres des artistes russes.

En 1892, Tretiakov fait don officiellement à la ville de Moscou, de sa collection immense pour l’époque (environ trois mille œuvres de peinture, de sculpture et de dessin) et de l’édifice qu’il avait fait construire (la galerie proprement dite) pour l’abriter. La galerie Tretiakov d'aujourd'hui est l'un des plus grands et des plus célèbres musées du monde.

Ses fonds comptent plus de 150 000 œuvres de peintres russes de toutes les époques. Plusieurs aménagements et reconstructions ont abouti à ce que la galerie se présente à l'heure actuelle comme un seul musée réparti sur deux sites : le bâtiment historique qui abrite l'art « ancien », et un grand bâtiment qui abrite une exposition et les fonds de l'art russe et soviétique des XXe et XXIe siècles.

Le dessin dans le goût romantique

L'époque romantique consacre l'épanouissement du dessin russe. Dessins et aquarelles circulent : offerts aux parents et aux amis, les dessins accompagnaient leurs propriétaires dans leurs déplacements. Au début du XIXe siècle apparaît la mode caractéristique des albums dans lesquels des essais d'amateurs côtoient les œuvres des maîtres.

À partir du milieu des années 1820 et jusqu'aux années 1850, le rôle dominant est assumé par le portrait à l'aquarelle, qui répond aux goûts nouveaux. Le genre du paysage connaît un développement intéressant dans le dessin. La représentation des intérieurs, bien connue dans l'art européen, attire à son tour les peintres russes.

Le romantisme dans la sculpture russe

Comme genre à part entière de l'art figuratif, la sculpture russe ne se constitue que dans le dernier tiers du XVIIIe siècle. Le romantisme en sculpture se manifeste avant tout dans le sujet et le traitement des personnages héroïques, dans le portrait et les compositions à sujet historique.

La série des médaillons consacrés à la guerre de 1812 et aux campagnes de l'armée russe en 1813 et 1814 pendant les guerres napoléoniennes sont perçues comme l'incarnation de l'héroïsme. Le romantisme qui apparut en sculpture plus tard qu'en peinture, disparaît en même temps qu'elle.

Les deux figures tutélaires du génie romantique russe : Pouchkine et Gogol

Alexandre Sergeïevitch Pouchkine (1799–1837) est un grand poète, prosateur, dramaturge et publiciste russe. Il a fixé la langue littéraire russe contemporaine et fondé la littérature russe moderne. Le portrait de Pouchkine tracé par Oreste Kiprenski (1827, Galerie Tretiakov) est la présentation la plus populaire du poète. Il est réalisé à la demande du poète Antone Delvig, proche ami de Pouchkine. En 1916, le portrait est vendu à la Galerie Tretiakov par le petit-fils du poète.

Nikolaï Vassilievitch Gogol (1809-1852) est né en Petite-Russie (Ukraine). Il conquiert la célébrité avec son recueil de récits Les Soirées du hameau près de Dikanka (1831-1832). En 1835, paraissent Mirgorod et Arabesques . Auteur de nouvelles pétersbourgeoises liées à la naissance de l'école naturelle ( Le Manteau , Le Nez , Le Portrait) , il achève en 1842 le premier tome de son poème-roman Les Âmes mortes . C'est en Italie que Moller peint le portrait de Gogol.qui est acquis par Sergueï Tretiakov (1834-1892), frère du fondateur de la galerie Tretiakov.

Information pratiques

Musée de la Vie Romantique - La Russie romantique à l'époque de Gogol et Pouchkine

16, rue Chaptal - 75009 Paris

01 55 31 95 67 - www.vie-romantique.paris.

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