Exposition à Paris "Madame Grès" : une grande dame de la couture

Le musée de la Mode de la Ville de Paris présente du 25 mars au 24 juillet 2011, la première rétrospective parisienne jamais consacrée à Madame Grès

Maître de la couture vu par ses pairs comme le génie de la profession, Madame Grès (1903-1993) ne cesse de répéter tout au long de sa vie : "Je voulais être sculpteur. Pour moi, c’est la même chose de travailler le tissu ou la pierre". Ainsi, c’est au musée Bourdelle (Paris 15e) que les robes sculptées de Madame Grès trouvent, plus que nulle part ailleurs, une place légitime

Ce musée est dédié à Émile-Antoine Bourdelle (1861-1929) : un des plus éminents sculpteurs de sa génération, plébiscité par ses contemporains et salué de par le monde. Le musée Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris, y inaugure sa programmation hors les murs, avec la première rétrospective parisienne dédiée à une artiste de la haute couture, du 01 février au 31 mai 2011 : "Madame Grès, la couture à l’œuvre".

L’exposition met en scène quelque quatre-vingts pièces provenant du musée Galliera et de collections privées, ainsi qu’une cinquantaine de photographies originales.

Madame Grès : la créatrice de Haute Couture

Née en 1903, à Paris, Madame Grès, de son vrai nom Germaine Krebs, crée des modèles en 1933, connus sous le nom de la maison de couture Alix. En 1934, à l'Exposition Universelle à Paris, elle obtient le premier prix de la "Haute Couture".

En 1942, Germaine Krebs ouvre sa propre maison de couture au nom de Grès qu’elle dirige jusqu’en 1988. La première récompense de la mode française, le "Dé d'or", un prix fondé en 1976, est attribué à Madame Grès l’année de sa création.

A partir d’un vêtement qu’elle rêve sans coutures, elle invente une économie de lignes et de volumes volontairement atemporelle et originelle, transformant le corps de la femme en déesse. Robes asymétriques, drapées à l’antique comme moulées sur le corps, robes en volume lorsqu’elle travaille la faille ou le taffetas : ses exigences de création la différencient de ses contemporains.

Présentation de l’exposition

L’exposition "Madame Grès, la couture à l’œuvre" réserve une place de choix aux pièces les plus emblématiques de la griffe : les robes du soir, des drapés qui, en 1976, lui valent un Dé d’or .

Créées depuis les années 30 jusque dans les années 80, toujours en jersey, souvent ivoire ou gris perle, ces robes sculpturales traversent le temps sans pâlir, photographiées par Richard Avedon et Guy Bourdin , elles sont largement publiées dans les magazines féminins.

Quant aux pièces de jour : robes et manteaux des années 50, modèles épurés réalisés en lainage double face des années 60 et 70, elles restent une référence pour les couturiers et les créateurs d’aujourd’hui. Madame Grès est au-delà des modes.

Une technique de coupe dit "à l’antique"

On reconnaît un chef-d’œuvre de Madame Grès à sa pureté. Insensible aux engouements passagers, aux tendances qui marquent les collections d’une saison, elle préfère « sculpter » des pièces uniques dont le nombre fait collection.L’apparente simplicité de son art dissimule toujours l’extrême complexité de son savoir-faire. Sa quête lui fit parcourir le monde antique mais aussi l’Afrique du Nord, l’Inde…

Un voyage de cinquante ans qui va de la statuaire hellénistique au minimalisme intransigeant dont elle est le précurseur au sein de l’univers de la mode. La maison de couture traverse quarante années de mode, toujours en quête de son style personnel et d’une forme d’élégance qui n’appartient qu’à elle.

En 1984, Madame Grès cède sa maison à Bernard Tapie, qui la revend à Jacques Esterel en 1986.

Informations pratiques

Musée Bourdelle - 18, rue Antoine Bourdelle - 75015 Paris

Standard : 01 49 54 73 73 - Fax : 01 45 44 21 65

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