Exposition de peinture à Paris : Cranach au musée du Luxembourg

Un artiste majeur de la Renaissance germanique : Lucas Cranach, fait l'objet d'une rétrospective du 9 février au 23 mai 2011, au musée du Luxembourg.

Lucas Cranach (1472-1553) est l’un des principaux représentants de la Renaissance au Nord de l’Europe, et l’un des artistes allemands les plus célèbres. Ce peintre fécond et polyvalent, dont la carrière couvre toute la première moitié du XVIe siècle, est encore méconnu du public français.

Pour marquer l’ouverture sur l’Europe de la partie de sa programmation dédiée à la Renaissance, le musée du Luxembourg, fermé depuis janvier 2010, inaugure ses espaces réaménagés, en présentant du 9 février jusqu’au lundi 23 mai 2011, l’exposition qui lui est consacrée: "Cranach et son temps".

La notoriété de Lucas Cranach, sa position dans la société des puissants, sa proximité avec les cercles intellectuels, en font une des personnalités parmi les plus originales et les plus étonnantes du XVIe siècle européen. L’exposition permet de comprendre la place de cet artiste dans l’histoire de l’art et son implication dans la société de son temps, touchée alors par de profonds bouleversements politiques et religieux.

Présentation de l’exposition : Cranach et son temps

Le parcours est chronologique, à l’exception de la section consacrée aux nus, qui est la partie sans doute la plus connue de son œuvre.

L’exposition commence par deux autoportraits de Cranach: un panneau daté de 1531 et une gravure sur bois réalisée près de vingt ans après. Sur cette dernière, Cranach s’est représenté parmi les spectateurs de L'Arrestation du Christ , tandis que sur le panneau peint, son seul autoportrait autonome connu, il nous adresse un regard méditatif. Ces œuvres signalent d’emblée les deux domaines d’activité d’un artiste qui s’est distingué non seulement comme peintre, mais aussi comme graveur.

Pour faire apparaître l’influence des contemporains, l’exposition met en regard une sélection de tableaux, dessins et gravures de Cranach avec la production d’autres artistes. Elle insiste surtout sur la richesse et l’originalité du parcours de Cranach, un parcours jalonné de rencontres déterminantes avec des représentants majeurs de la vie politique et religieuse de l’époque, alors agitée par le vent de la Réforme protestante

Cranach : sa vie et sa carrière

Les premières années de Lucas Cranach sont des plus obscures, sa date de naissance (1472) demeurant elle-même incertaine. On sait seulement qu’il est né à Kronach, une petite ville de Franconie au nord-ouest de l’actuelle Bavière, dont il tire son patronyme.

Sa vie et sa carrière débutent ainsi dans l’Allemagne du Sud où il est probablement influencé par Albrecht Dürer qui jouit alors d’une grande réputation. C’est à Vienne, où Cranach s’installe dans les premières années du XVIe siècle, que sa carrière prend vraiment son essor.

Ses premiers succès retiennent l’attention de l’un des plus grands princes du Saint Empire romain germanique, l’électeur de Saxe : Frédéric III le Sage (1463-1525). Il invite Cranach à Wittenberg en 1505. C’est une forme de consécration sociale et professionnelle pour l’artiste. Peintre de cour, Cranach devient rapidement l’un des personnages les plus en vue de Wittenberg.

Cranach et la représentation du nu Une section de l’exposition est consacrée à la représentation du nu, qui occupe une place centrale dans l’œuvre de Cranach. Sa production dans ce domaine reste sans égale dans la Renaissance européenne.

Cranach commence sa carrière de peintre de nus en 1509. À cette époque, il est le premier au nord des Alpes à peindre une déesse païenne, nue, grandeur nature, accompagnée de Cupidon. Il est ainsi, le grand spécialiste du nu, traité chez lui d’une façon à la fois stylisée et sensuelle, d’un érotisme parfois troublant.

Dans ses figures féminines d’une grande sensualité, empruntées tantôt au répertoire antique (Vénus, Diane…), tantôt à la culture chrétienne (Ève), il représente des corps à la beauté parfois inquiétante, dont le canon se distingue très nettement des proportions idéales prisées à la Renaissance.

Cranach et la Réforme

En 1517, l’Europe entre dans l’ère de la Réforme, lorsque Martin Luther publie à Wittenberg ses thèses retentissantes contre les iniquités de l’Église catholique. Les bouleversements qui en résultent ne sont pas sans conséquence pour Cranach, qui compte le Réformateur parmi ses amis. Il doit se trouver une nouvelle clientèle, car la position critique de Luther à l’égard des images fait diminuer la demande de tableaux religieux.

Il s’engage alors, à partir de 1520 dans le métier de l’imprimerie, mettant à profit la nouvelle demande d’écrits exprimée par les partisans de la Réforme. Non seulement il illustre de ses gravures le célèbre Testament de septembre de 1522, la traduction du Nouveau Testament en allemand par Luther, mais il en finance également l’impression.

Avec les portraits de Martin Luther et de ses principaux partisans et adversaires, Cranach donne pour ainsi dire un visage à la Réforme. Les dernières années de sa vie sont marquées par la défaite en 1547 de la Ligue protestante. Il décède en 1553. Son fils Lucas dirige l’atelier de Wittenberg longtemps après la mort de son père.

Informations pratiques

Musée du Luxembourg - 19 rue de Vaugirard, 75006 Paris - 01 40 13 62 00 (serveur vocal)

www.museeduluxembourg.fr

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