Exposition en Alsace "Norbert Ghisoland, une vie de photographe"

A Strasbourg, cette exposition présentée chez Stimultania du 16 mars au 13 mai 2012, permet au public de découvrir un artiste de renommée internationale.

Stimultania, association de droit local créée en 1987, est un centre de photographie. Cinq expositions, principalement monographiques, y sont organisées chaque année. Sur les photos présentées du 16 mars au 13 mai 2012 : aucun sourire. Les regards sont directs, fixes et sans détour. Implacables. Les émotions sont fortes.

Nous sommes dans le Borinage, un ancien site minier belge dans la province de Hainaut. Réalisés entre 1914 et 1935, ces photographies posées et rêvées, brossent le portrait de toute une population et de la classe ouvrière et témoignent d’une condition sociale.

S’ensuivent des images qui dévoilent des pensées silencieuses et reflètent des sentiments impénétrables. Ce sont toutes les couches sociales qui viennent se faire tirer le portrait et figer un souvenir.

Norbert Ghisoland, un artisan modeste ou un photographe de studio à succès

Norbert Ghisoland naît en 1878 à La Bouverie, petite commune belge. Il hérite du matériel photographique tout d’abord destiné à l’un de ses frères décédés. Il se forme à la photographie chez Charles Galladé, un photographe établi à Mons, puis s’installe dans un studio de Frameries où il y photographia ses contemporains. Il décède en 1939 à Frameries.

Plus de 90000 plaques de verre (toutes sont numérotées) dont 45000 existent encore et dont une sélection éloquente nous parvient aujourd’hui. Tantôt des portraits de femmes, de jeunes mariés et de nouveaux- nés, tantôt des enfants déguisés, des hommes et des familles pluri-générationnelles de mineurs.

Une œuvre de renommée internationale

Loin de se considérer comme artiste ni même comme témoin de son temps, Ghisoland n’avait pour ambition que de renvoyer à ses clients l’image d’eux-mêmes dont ils rêvaient. C’est pourtant une œuvre d’une grande puissance qu’il a laissée derrière lui et qui connaît aujourd’hui une renommée internationale.

Sa production prolifique a depuis lors fait l’objet de plusieurs expositions en Belgique et à l’étranger, notamment une rétrospective au Palais de Tokyo à Paris en 1991 et de plusieurs publications dont une monographie parue dans la collection Photopoche la même année.

Edmond Ghuisoland

Après son retour de la guerre, où il fut fait prisonnier, Edmond, le fils de Norbert, rouvre le studio en 1945. Edmond travaille avec de la pellicule. Les négatifs de Norbert sont dans le grenier familial.

Mais des 90 000 plaques de verre, il n’en reste « que » 45 000, les autres ayant été offertes par la famille aux Pays-Bas, quand ce pays dû faire face à une grande pénurie de verre, après les inondations de 1953.

Marc Ghuisoland,

Puis, à peine âgé de vingt ans, Marc Ghuisoland, fils d’Edmond et petit-fils de Norbert, est encore étudiant en photographie quand à la mort de son père, il reprend le flambeau... toujours dans le même studio ! En 1969, il découvre les clichés de Norbert dans le grenier.

Il rencontre Otto Steinert qui lui fait comprendre l’importance de l’œuvre. Il établit un premier contact avec l’éditeur Jacques Damase, puis avec Robert Delpire. Aujourd’hui, avec son amie graphiste Mary van Eupen, il continue d’explorer ses archives et nous donne à voir ce témoignage exceptionnel et poignant de Norbert Ghisoland sur ses contemporains, à l’époque des mines et du charbon.

I nformations pratiques

  • STIMULTANIA
  • 33, rue Kageneck – 67000 Strasbourg
  • Entrée libre du mercredi au dimanche de 14 h à 18 h 3
  • Info : +33 (0)3 88 23 63 11
  • Contact : stimultania@stimultania.org

Source d’information

STIMULTANIA : site officiel

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