Exposition "Et Lutèce devint Paris… "

La Crypte archéologique du parvis Notre-Dame à Paris présente jusqu'au 26 février 2012 la métamorphose d'une cité au IVe siècle.

L’exposition proposée traite de Lutèce, mais elle évoque plus largement l’histoire de la Gaule à partir de la fin du IIIe siècle et les conséquences des grands bouleversements qui touchent les villes romaines. À travers le cas de Paris, traité de manière privilégiée et comparé avec d’autres cités de Gaule et de l’Empire romain, le visiteur comprend la réalité géographique et urbaine de cette période complexe.

Des vitrines présentent de nombreux objets archéologiques (tablettes, verrerie, monnaies, métaux précieux, céramiques) provenant en partie des fouilles de la Crypte archéologique. 29 panneaux de textes décrivent les évolutions urbaines de Lutèce au IVe siècle.

Les aquarelles de Jean-Claude Golvin, spécialiste de la reconstitution des villes antiques, intègrent les dernières découvertes archéologiques et présentent les évolutions urbaines et monumentales au moment où Lutèce prend le nom de Paris.

L’Empire romain au IVe siècle

La période du IIIe au Ve siècle est une époque charnière pour Lutèce et pour les villes européennes, considérablement affectées par les grands changements géopolitiques dans l’Empire romain.

Au cours du IVe siècle, les empereurs sont amenés à se déplacer souvent et choisissent de nouveaux sites pour établir leur zone de gouvernance. Or, si Rome et Constantinople demeurent les sièges de l’Empire d’Occident et d’Orient, de nouvelles capitales surgissent : Carthage, Milan, Ravenne, Trèves, et Arles en Gaule.

En 293, Trèves est choisie comme résidence permanente de l’Empereur pour sa position stratégique dans la région rhénane, tandis qu’Arles devient centre de frappe monétaire. Vers 400, la préfecture du prétoire des Gaules quitte Trèves pour Arles qui se transforme en véritable résidence impériale.

Dès la fin du IIIe siècle, Lutèce connaît un profond remaniement urbain

Avant la conquête romaine, les Parisii étaient un peuple gaulois qui occupait le site, d’où le nom donné par les Romains « urbs Parisiorum ». Par une abréviation des mots latins, le nom de la ville devient Paris . Le changement de nom de Lutèce en Paris s’opère au cours du IVe siècle, et la ville se concentre sur l’île de la Cité.

Deux événements importants interviennent : c’est à Lutèce que Julien (331/332–363), premier empereur parisien est acclamé en 360, et qu’Hilaire, évêque de Poitiers, convoque un concile en 361. Dans les textes qui s’y réfèrent, il n’est désormais plus question de Lutèce, mais de Paris.

Les transformations de la rive gauche

C’est autour de l’île de la Cité que s’organisent les activités de la ville. Délaissée, la rive gauche passe d’une superficie de 100 à 20-25 hectares entre les IIe et IVe siècle. Les monuments sont en ruines et servent de carrière de pierre pour alimenter en matériau le grand chantier de l’île de la Cité.

De grands blocs provenant du forum et de l’amphithéâtre de la rive gauche (arènes de Lutèce) ont été découverts dans les fondations de l’enceinte de la Cité. Des fours à chaux ont été retrouvés en 2004 dans les fouilles du collège Sainte-Barbe, à proximité de l’ancien forum. Ils témoignent du remploi par incinération des pierres des maisons abandonnées pour fabriquer la chaux à mortier destinée aux nouvelles constructions de l’île.

Les grands monuments de l’île de la Cité

Au IVe siècle, l’île fait l’objet d’un véritable projet urbain, conçu globalement à partir de 307-308. Sa fortification circonscrit un plateau de 10 hectares, réunissant plusieurs ilots. Pour protéger le cœur de la ville, un rempart est créé tout autour de l’île, reposant sur une assise composée de blocs de remploi ponctionné sur les monuments de la rive gauche.

Une partie de ce rempart est visible dans la crypte archéologique du parvis Notre-Dame. Au XIXe siècle, dans la partie occidentale de l’île de la Cité, sous l’actuel Palais de Justice, un mur monumental traversant l’île du nord au sud est mis à jour. Il témoigne de la présence d’un palais ou d’un camp militaire.

Les vestiges d’une grande basilique sont mis à jour entre 1844 et 1910 à proximité de l’actuel marché aux fleurs. Vaste salle rectangulaire intégrée aux palais des empereurs, les basiliques servaient de salle d’audience et de justice.

Trois petits établissements thermaux ont été repérés : l’un sous l’Hôtel-Dieu et deux autres sous le parvis de Notre-Dame, dont l’un est toujours visible dans la crypte archéologique du parvis Notre-Dame.

Informations pratiques

  • Crypte archéologique du parvis Notre-Dame
  • 7, parvis Notre-Dame – Place Jean-Paul II
  • 75 004 Paris
  • Tél. : 01 55 42 50 10
  • www.carnavalet.paris.fr

L’application Pixee sur iPhone

Les visiteurs peuvent obtenir, en prenant une simple photo de l’affiche de l’exposition, toutes les informations qui lui sont associées : présentation de l’exposition, interview du commissaire, activités pédagogiques, infos pratiques (dates, adresse, tarifs et localisation du musée). Elle permet aussi de réserver directement les billets d’entrée.

Sur le même sujet