Exposition événement d'un butin de légende, à Paris

Du 7 mars au 8 juillet 2012, le musée de la Légion d'honneur présente "La berline de Napoléon. Le mystère du butin de Waterloo".
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Accueilli par la silhouette de l’Empereur dans sa fameuse redingote grise, le visiteur est invité à découvrir la voiture de l’Empereur pillée au soir de l’ultime défaite et le butin reconstitué : les effets de campagne de Napoléon (chapeau, redingote, nécessaires, argenterie…), mais surtout, pour la première fois exposées en France, ses décorations personnelles, prêtées de façon exceptionnelle par le Musée Historique d’Etat de Moscou.

Ces objets auront voyagé en Europe au gré des événements historiques, de Waterloo en 1815 à Moscou à la fin de la Seconde Guerre mondiale et aujourd’hui à Paris.

Les péripéties du butin de Waterloo

Le butin de Waterloo… un butin légendaire, lié à la chute de Napoléon et à un épisode mythique de l’ultime bataille : l’Empereur fuyant tête nue et abandonnant tous ses trésors à l’ennemi.

Une partie sera conservée à Berlin. La présence de ces objets y est attestée jusqu’en 1919 avant qu’ils ne disparaissent pour réapparaitre en 1934, à l’occasion d’une exposition au musée du Zeughaus (musée de l’Arsenal).

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, ces prestigieux souvenirs sont transférés dans le bunker antiaérien du zoo de Berlin, puis dans d’autres abris tenus secrets. Ils feront partie des œuvres qui prendront le chemin de Moscou en 1946.

En 2012, après leur prêt provisoire au musée de la Légion d’honneur à Paris, le Musée Historique d’Etat de Moscou les présentera au public à l’occasion du bicentenaire de la campagne de Russie.

Le musée de la Légion d’honneur et des ordres de chevalerie

Créé en 1925, le musée de la Légion d’honneur est un des rares musées au monde exclusivement dédié aux ordres et récompenses français et étrangers.

L’exposition La berline de Napoléon est un hommage au fondateur de l’ordre de la Légion d’honneur, Napoléon Bonaparte, dont le musée, par les paradoxes de l’Histoire, n’a jusqu’alors jamais exposé les décorations qu’il reçut comme empereur.

Le parcours muséographique comprend cinq espaces principaux qui mènent le visiteur de la création du concept d’ordre de chevalerie à l’époque des croisades, à l’ordre national du Mérite : salle des ordres religieux et militaires, salle des ordres royaux, salle de la Légion d’honneur, salle des ordres étrangers (plus de 400 ordres provenant de 122 Etats à travers des siècles d’histoire) et salle contemporaine, de la Révolution française à nos jours.

L’aventure des voitures de la suite impériale

Le 18 juin 1815, au soir de la bataille de Waterloo, les Prussiens découvrent à l’entrée de Genappe, au milieu de la chaussée, parmi d'autres véhicules et fourgons, des voitures abandonnées dans l’indescriptible désordre de la déroute.

S’organisent alors parmi les soldats et officiers un pillage en règle et une prise inespérée, celle des deux voitures personnelles de l’Empereur, une "dormeuse" destinée aux longs trajets et un léger " landau en berline ", adapté aux déplacements rapides sur le théâtre des batailles.

Le major Von Keller s'approprie la dormeuse et la fait parvenir à son épouse à Düsseldorf. Exposée triomphalement à Londres dès 1816, elle périra lors de l'incendie du musée Tussaud en 1925.

L’autre voiture, le landau qui avait fait la campagne de Russie, est rapportée au feld-maréchal Blücher et rejoint bientôt son château de Krieblowitz près de Breslau. Ses héritiers, bien des années plus tard, en 1973, la confieront au musée national de Malmaison où elle est désormais conservée. C’est cette berline qui est aujourd’hui mise à l’honneur dans l’exposition.

Le périple des décorations de Napoléon

La part la plus symbolique du butin de Waterloo est sans conteste l’ensemble des décorations de l’Empereur, apporté dès le lendemain de la bataille au feld-maréchal Blücher.

Intégrées dans une vitrine spéciale de la Königliche Kunstkammer, les décorations impériales sont exposées à Berlin dès 1816, symboles d’une éclatante victoire. Brutalement caché en 1919 à la suite du traité de Versailles, le butin réapparait miraculeusement, au complet, en 1932 pour être à nouveau exposé deux ans plus tard au Zeughaus où il reste jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.

C’est tout l’écrin de Napoléon, reflet de son incroyable destin politique et de ses ambitions européennes, qui est reconstitué et exposé à Paris, dans quatre vitrines gainées de vert. Sur les vingt et un ordres reçus ou créés par Napoléon, seize sont présentés, venant pour la plupart du Musée Historique d’Etat de Moscou.

Les effets personnels de l’Empereur

La deuxième partie de l’exposition est consacrée aux effets personnels de l’Empereur. Précieux ou plus ordinaires, ces objets hétéroclites, retrouvés dans plusieurs collections publiques et privées, sont ici à nouveau réunis et permettent d’entrer dans l’intimité de l’Empereur.

Tout au long du parcours, textes et cartes accompagnent le visiteur dans sa découverte de la bataille de Waterloo et du périple à travers l’Europe des décorations et différentes pièces du butin impérial.

Renseignements pratiques

  • Musée de la Légion d’honneur et des ordres de chevalerie
  • 2, rue de la Légion d’honneur (parvis du Musée d’Orsay) - 75007 Paris
  • Du mercredi au dimanche, de 13h à 18h. Entrée gratuite.
  • Tel: 01 40 62 84 25
  • Fax: 01 40 62 84 96
  • Courriel : musee@legiondhonneur.f

Source d’information

Site officiel du musée de la Légion d’honneur : www.musee-legiondhonneur.fr

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