Exposition gratuite à Paris : "Doisneau / Paris / Les Halles"

Jusqu'au 28 avril 2012, est présenté à l'Hôtel de Ville, le témoignage de l'un des plus grands photographes du XXe siècle sur un quartier de la capitale.
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Robert Doisneau (1912-1994) a débuté sa carrière comme opérateur d’André Vigneau, puis comme photographe industriel aux usines Renault à Boulogne-Billancourt. En 1946, il intègre l’agence Rapho, qui vendra ses clichés à des magazines aussi divers que Life, Paris Match, Point de vue, Vogue, Réalités, Regards ou La Vie ouvrière.

Parmi les nombreuses photographies que Robert Doisneau a consacrées au quartier des Halles de 1933 à sa mort, 208 tirages, pour la plupart vintages, seront présentés au public. Une salle , est consacrée aux photographies en couleur des années 1960, permet­tant un regard nouveau à la fois sur les Halles et sur l’œuvre de Doisneau.

Les Halles, c’était le ventre de Paris, son coeur grouillant, son point de passage obligé. L’histoire du quartier continue, l’exposition est suivie de la présentation du projet de demain, pour son réaménagement avec le nouveau jardin

Les pavillons Baltard

Dix pavillons de fer construits entre 1852 et 1870, par l’architecte Victor Baltard accueillent les Halles de Paris et leur incessante activité d’échange et de commerce.

Au milieu du XXe siècle, plus de 5 000 personnes travaillent aux Halles : commerçants, cafetiers, journaliers, et bien évidemment les célèbres "forts des Halles", capables de déplacer sur leur dos une charge de 200 kilos.

Les pavillons sont démolis en 1971 et 1973 pour permettre la construction de la gare RER et du "Forum des Halles". Deux pavillons sont sauvés et réinstallés l'un à Nogent-sur-Marne (France) et un autre transporté à Yokohama au Japon.

Robert Doisneau et la quartier des Halles

Robert Doisneau prend sa première photo dans le quartier des Halles en 1933, Les filles au diable , au pied de l’église Saint-Eustache. Il restera fidèle au quartier pendant 40 ans, revenant sans cesse visiter ce lieu et fixer sur le négatif les évolutions et les nouveautés.

L’accueil aux Halles était extraordinaire, il y avait une ambiance fabuleuse. Dans les années 1960, les Halles sont menacées, on leur reproche leur inadaptation à la vie moderne : surface trop limitée par rapport aux besoins d’une capitale en expansion, insalubrité, extrême densité.

Robert Doisneau, inquiet et en colère, entreprend de venir une fois par semaine se plonger dans leur tourbillon pour tout voir, tout vivre, tout photo­graphier.

Pour Doisneau l’important c’était de fixer le souvenir de ce qui allait disparaître

Vidés de leur activité de destination, les pavillons Baltard et leur magnifique architecture métallique sont menacés : infatigable, Robert Doisneau photographie les arcs, les entrelacs, les transparences. Ces images constituent aujourd’hui un témoignage précieux sur ce patrimoine disparu.

Malgré les difficultés à photographier : manque de lumière, réflexes ralentis par la fatigue, tellement d’images possibles, Doisneau se levait à 3 heures du matin, à Montrouge, pour se rendre là-bas, parmi les travailleurs de l’aube, ceux qui déchargeaient les camions, ceux qui mettaient la marchandise en place.

Son regard, à la fois esthétique et sociologique, se fait patrimonial. Il enregistre tout : la destruction des pavillons en 1971, les différents états du "trou", le chantier de reconstruc­tion.

Les Halles de demain : u ne clairière au milieu de la ville

Modernisées et restructurées, les Halles seront demain plus accueillantes. Il est prévu, un nouveau jardin, convivial ; un quartier piéton étendu ; un nouvel édifice inspiré de la nature – la Canopée – qui reliera la ville du dessus à la ville du dessous ; des cheminements simplifiés, multi­pliés et plus confortables ; une gare RER plus vaste et plus fonctionnelle ; un centre commercial agrandi et ravivé ; davantage d’équipements culturels ; une voirie souterraine réorganisée…

Conçu comme une grande prairie parsemée de plantations, encadré par deux lisières boisées et ponctué d’équipements – aires de jeux, bancs, terrains de pétanque, échiquiers… –, le jardin sera plus ouvert, plus accessible, plus végétal et aussi plus convivial. Il offrira des perspectives dégagées et procurera une sensation d’espace. Il étendra en outre ses ramifications aux rues voisines. Au total, il y aura 138 arbres de plus qu’aujourd’hui.

Renseignements pratiques

  • Salon d'accueil de la Mairie de Paris
  • 29 rue de Rivoli - 75004 Paris
  • Du 8 février au 28 avril 2012
  • Ouvert tous les jours de 10h à 19h, sauf dimanches et jours fériés
  • Entrée gratuite
  • Tél : 01 42 76 51 53

Sources d’informations

Visite de l'exposition

Mairie de Paris : site officiel

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