Exposition inédite à Paris : "Patagonie, images du bout du monde"

Le musée du quai Branly présente jusqu'au 13 mai 2012 la diversité de récits et de mythes attachés à la pointe australe du continent américain.

La Patagonie est un territoire délimité au nord par le Rio Negro en Argentine. Il se prolonge jusqu’aux limites australes du cap Horn. Dans sa partie méridionale il se partage entre le Chili à l’ouest et l’Argentine à l’est.

Elle comprend une vaste partie continentale, ainsi qu’une série d’îles s’émiettant vers le sud, dont la plus importante, séparée du continent par le détroit de Magellan, constitue la Terre de Feu.

Alors que les géographes s’interrogent sur l’existence d’un continent austral, la Terre de Feu apparaît comme une fin ou comme un début, le lieu des extrêmes. Par ailleurs, la Patagonie est également un territoire imaginaire, recréé au fur à mesure des voyages réels ou fictifs.

Origine littéraire du mot Patagonie

Afin de rappeler dès le début de l’exposition l’origine littéraire du mot Patagonie, le public est accueilli par des lectures de citations extraites du roman de chevalerie Primaléon publié en 1512 qui met en scène un homme monstrueux et gigantesque appelé Patagon.

Il y a eu aussi le récit du voyage de Magellan du navigateur Antonio Pigafetta. Avec des images du photographe argentin Hugo Aveta sur les immenses paysages actuels de la Patagonie, le visiteur pénètre dans l’univers fantasmagorique de l’exposition

Ainsi le terme "Patagonie" prend son origine dans une construction imaginaire romanesque, que l’on peut dater du 16e siècle. Elle a suscité depuis de nombreuses représentations visuelles et interprétations notamment dans les textes et légendes qui se sont mélangés les uns aux autres et enrichis au fil du temps.

Présentation de l’exposition

L’exposition propose au visiteur ce "va-et-vient" entre le réel et la fiction, à travers photographies anciennes et contemporaines, gravures et dessins sur 300 m² de la mezzanine Est du musée du quai Branly.

Le public est invité à une déambulation visuelle et sonore, en partie chronologique, dans laquelle il se laisse porter par la magie du récit, alternant des évocations fantastiques et des retours à la réalité. Les œuvres présentées sont issues des collections du musée du quai Branly et de prêts provenant de collections françaises et allemandes.

Les géants, réalité ou fiction

Les géants décrits par Pigafetta connaissent une postérité certaine au long des 16e et 17e siècles, étayée par la mention de géants dans la Bible.

Leur existence est pourtant fermement contestée par plusieurs auteurs. Les géants sont-ils les descendants des premiers âges de la terre ? La polémique fait rage mais les géants persistent de la Patagonie jusqu’en Europe, de Gargantua à Gulliver.

En 1767, le récit de John Byron relance soudainement la popularité du géant pour un temps, dans un contexte de rivalité franco-anglaise sur la possession des îles Malouines/Falkland, avant qu’il ne soit définitivement relégué au rang de simple étrangeté anatomique, sans plus de lien avec la Patagonie.

1698-1797, Voyages à l’envers du monde

Entre 1698 et 1701, le capitaine de vaisseau Jacques Gouin de Beauchesne (1652-1730) conduit une expédition jusqu’au détroit de Magellan en vue d’implanter une colonie française. Duplessis, jeune ingénieur embarqué entre 1698 et 1701, rédige un journal très vivant, illustré de nombreuses aquarelles. Il réfute, entre autres idées reçues, les descriptions de géants et de nains Fuégiens.

Le manuscrit de Duplessis, document rarement montré, est présenté accompagné d’une projection d’un diaporama de pages de l’ouvrage.

Moins d’un siècle plus tard, Nicolas Rétif de la Bretonne (1734-1806) situe l’action de sa fable utopique. Il y invente une Patagonie de l’autre côté du monde, elle est décrite comme une France inversée, dont la capitale s’appelle "Sirap" ("Paris" à l’envers).

Renseignements pratiques

  • Musée du quai Branly
  • 37, quai Branly - 75007 Paris
  • Tél : 01 56 61 70 00
  • mardi, mercredi et dimanche : de 11h à 19h
  • jeudi, vendredi et samedi : de 11h à 21h
  • Plan interactif : ici

Source d’information

Musée du quai Branly : site officiel

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