Exposition Julio Villani : l'Arpenteur, au musée Zadkine à Paris

Les sculptures, vidéos, et collages du plasticien brésilien qui vit à Paris investissent le musée Zadkine, jusqu'au 30 janvier 2011.

Julio Villani, artiste plasticien, est né au Brésil en 1956. Entre jouets, "ready-mades" (objets ordinaires considérés comme objets d’art), collages, textes et sculptures surréalistes, Julio Villani s’amuse, tout en débobinant le fil poétique et pertinent de son point de vue sur le monde.

En empruntant aux jeux enfantins leur pouvoir d’évocation, il fait passer dans ses créations à la fois sa nostalgie de l’enfance et l’actualité. Là est la force de cette œuvre: si simple en apparence, si chargée de sens, qu’elle modifie le regard porté sur les objets anodins, en quête de leur face cachée. Pour cet artiste, les mots comme les objets sont faits pour qu'on en joue.

Jusqu’au 30 janvier 2011 au musée Zadkine , à Paris 6e, une exposition "l’Arpenteur" présente quelques unes des œuvres de Julio Villani, de l’atelier au jardin jusqu’au corps de la collection, en un parcours ludique et plein d’humour.

L’arpenteur V (Villani) et l’arpenteur K (Kafka)

La définition classique d’un arpenteur est celle d’un professionnel du bâtiment qui mesure les terrains et les surfaces. Mais c’est aussi le nom du héros du roman Le Château de Kafka, qui raconte les aventures de K, l’arpenteur. Celui-ci se bat pour entrer en contact avec les autorités du village où il vient d'arriver, afin d'officialiser son statut d'arpenteur. Or, le château où résident les fonctionnaires demeure inaccessible.

Franz Kafka (1883 – 1924) est un auteur pragois, considéré comme l'un des écrivains majeurs du XXe siècle. Il est connu par ses romans Le Procès et Le Château . L'œuvre de Kafka est vue comme symbole de l'homme déraciné des temps modernes. Une création de Villani, exposée s’intitule l’arpenteur, d’où le nom de l’exposition.

Œuvres exposées dans l’atelier du musée

Bilboquets ou l’origine du monde : les monumentaux Bilboquets munis d’une corde de sisal ont été montés à sa demande dans un atelier de menuiserie à Marília (São Paulo). Le titre l’ Origine du monde , emprunté à Courbet, rend évident le caractère sexué des pièces: les formes mâle-femelle, l’appel à l’emboîtement et les liens.

Œuvre exposée dans le jardin

L’arpenteur : composition de deux sculptures. Une version est blanche en acier, l’autre noire en aluminium. Les dimensions de chacune sont de : 148 x 120 x 100 cm.

Là est la force de cette œuvre : si simple en apparence, si chargée de sens qu'elle modifie le regard que nous portons sur les objets anodins, en quête de leur face cachée. La réalité fuit les extrêmes ; nous ne vivons en fait ni totalement ici, ni complètement là-bas. Nos vies se déroulent dans « l’entre-deux». C’est dans cette faille qu’avance L’Arpenteur de Julio Villani, explorant le vaste « tout autre», mi-lieu/ mi-hors-lieu, mi-réalité/ mi-utopie, qui constitue notre espace de vie.

Œuvres exposées dans la véranda

Collages : dans cette série, d’anciennes photographies sont revisitées au moyen de collages. Ce sont là des existences rendues concrètes par ces preuves tangibles en noir et blanc, mais imaginaires par le peu d’informations dont nous disposons.

L’artiste leur colore le visage, fait surgir une décoration sur l’austère portrait de famille, en un arbre généalogique potentiel, où les descendants futurs côtoient ceux du passé.

Mais Villani ne se laisse pas leurrer, il sait que sa présence est aussi passagère que la leur; se jouant des dates, brouillant les données, il s’y inclut, entremêle ses portraits à ceux d’autres qui s’en sont allés, dans la certitude d’un futur forcément égalisateur.

Ouvres exposés dans la maison

Domicile fixe : il s’agit d’une maison sur roulette qui recule à chaque fois qu’elle avance sur un tapis roulant : une allégorie de l’étranger absolu cherchant sa place, poursuivant son rêve. Comme lui sans doute, né au Brésil en 1956 dans une famille italienne.

Preneur d’étoiles : objets, moulages en latex, ce jouet est une évocation du ciel de l’enfance, sous lequel on tendait un fil entre deux boîtes de conserve, pour créer un dispositif reliant la bouche de l’un à l’oreille de l’autre. La dualité de l’œuvre suppose deux utilisateurs. Les fonds de ces boîtes de conserve représentent la transmission. Et, sous l’apparence familière d’objets quotidiens est symbolisée la relation entre chaque individu.

Carte d’identité : broderie sur drap en lin et chanvre, ayant pour dimension 230 x 165 cm. en observant de prés ce drap, on constate le travail minutieux sur le tissu qui réalise les motifs, les lettres, les chiffres et les dessins planifiés par l’artiste.

Informations pratiques

Musée Zadkine

100 bis rue Assas

75006 Paris

Tél. : 01 55 42 77 20

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