Exposition : "Le donjon des rêves. De Piranèse à Schuiten"

Au château de Vincennes, cette exposition propose du 19 juin au 10 novembre 2012, de confronter la réalité du donjon à ses représentations artistiques.

Le château de Vincennes, avec son fameux donjon et sa collection de gravures de Piranèse (1720-1778), sert d’écrin à François Schuiten pour laisser libre cours à sa fantaisie.

Invité de la manifestation nationale "Monuments et imaginaires", la nouvelle saison culturelle du Centre des monuments nationaux, l’artiste belge fait ici dialoguer ses planches avec celle du maître italien, de deux siècles son ainé, pour inciter le visiteur à libérer son imaginaire et ses rêves.

Cette impressionnante forteresse comprenant un donjon haut de plus de cinquante mètres et une vaste enceinte construite par Charles V au XIVème siècle occupera notamment des fonctions carcérales à partir du XVIème siècle. A ce titre, le donjon abritera des prisonniers célèbres comme Fouquet, Diderot, le Marquis de Sade ou encore Mirabeau.

Le château de Vincennes : une impressionnante forteresse

Riche d’une histoire liée au pouvoir royal et plus largement à l’histoire de France, le château de Vincennes connaîtra plusieurs affectations tout au long de sa vie. C’est aujourd’hui le plus vaste château et la seule résidence d’un souverain du Moyen Âge subsistant en France, il date pour l’essentiel du XIVe siècle, avec des adjonctions jusqu’au XIXe siècle.

La forteresse est entourée d’une enceinte longue de plus de 1 000 mètres, flanquée de six tours et percée de trois portes. L’ensemble demeure un témoignage exceptionnel de l’architecture et de la sculpture des années 1360-1410.

Le pavillon du Roi et le pavillon de la Reine furent édifiés par l’architecte Louis Le Vau sur ordre de Louis XIV entre 1656 et 1658, dans la perspective de faire du château de Vincennes sa principale résidence, avant qu’il ne décide de s’installer à Versailles.

Le donjon du château de Vincennes : une structure à la dimension fantasmatique.

Bâti entre 1361 et 1367, haut de 50 mètres, il reste l’édifice de ce genre le plus élevé en Europe avec ses six étages surmontés d’une terrasse. Le châtelet constitue l’entrée principale du donjon, sa terrasse est desservie par un escalier à vis. L’enceinte du donjon est formée d’un carré de 50 mètres de côté et comporte un chemin de ronde couvert.

La Sainte-Chapelle, dont la construction débuta vers 1390, fut inaugurée en 1552. Elle était destinée à abriter une part des reliques du Christ. Marquant la transition entre le gothique rayonnant et le gothique flamboyant, elle se compose d’un vaisseau unique, d’un chœur et d’une abside. Ses vitraux ont été conçus par Nicolas Beaurain.

L’exposition est l’occasion d’aller au-delà de la structure même du donjon pour questionner sa dimension fantasmatique.

Le donjon des rêves « De Piranèse à Schuiten »

Le don récent de douze gravures de Piranèse intitulés « Prisons imaginaires » au château de Vincennes, a été l’occasion pour le Centre des monuments nationaux de donner carte blanche à l’artiste François Schuiten dont les bandes dessinées ont été fortement influencées par Piranèse.

François Schuiten, à travers un parcours imaginaire dans le monument, permet au visiteur de confronter la réalité du donjon à ses représentations artistiques et de s’interroger sur la façon dont sa structure architecturale - puits, pont-levis, escalier sans fin…- est incarnée dans les œuvres de Piranèse et Schuiten.

Au-delà du volet historique, le donjon porte en son sein une part romanesque, largement exploitée dans la peinture, dans la littérature comme au cinéma. Lieu du secret, de l’enfermement, du mystère, de l’inaccessible, voire des ténèbres…

François Schuiten

Né à Bruxelles le 26 avril 1956 dans une famille d’architectes. Il n’a que 16 ans lorsque ses planches sont publiées pour la première fois : "Mutation", une histoire courte entièrement dessinée au Bic.

Depuis 1982, il travaille avec son ami d’enfance Benoît Peeters à la série "Les Cités obscures". Ces albums on tété traduits dans une dizaine de langues et ont obtenu de nombreuses récompenses. François Schuiten a également dessiné d’innombrables affiches, illustrations, sérigraphies et lithographies. Il a réalisé une dizaine de timbres pour la poste belge.

Renseignements pratiques

Sur le même sujet