Exposition Louise Bourgeois à la Maison Balzac à Paris

La maison de l'écrivain expose des oeuvres de l'artiste contemporaine, décédée en mai 2010, consacrées à Eugénie Grandet.

Louise Bourgeois, artiste essentielle de la scène contemporaine, avait souhaité présenter dans l’intimité de la Maison de Balzac ses œuvres dédiées à Eugénie Grandet. Elle est décédée le 31 mai dernier à New York. Son exposition est à découvrir jusqu’au 6 février 2011.

La sculptrice et plasticienne franco-américaine est née à Paris le 25 décembre 1911, l'essentiel de sa carrière artistique s'est déroulé à New York où elle s'installe en 1938 après avoir épousé l'historien d'art américain Robert Goldwater (1907-1973).

A travers les réalisations de l'artiste, Eugénie Grandet est perçue subissant une forme de joug paternel, et de servitude. Avec des broderies qui se réfèrent à la profession de sa mère, Louise Bourgeois suggère le temps et la solitude. Ces tableaux ne sont pas seulement des objets, ce sont des supports d’émotion, des reposoirs. Comme si l’esprit d’Eugénie Grandet hantait celui de Louise Bourgeois.

L’œuvre de Louise Bourgeois

Louise Bourgeois passe son enfance à Choisy-le-Roi où ses parents tiennent un atelier de restauration de tapisseries anciennes. À partir de onze ans, Louise est associée au travail de dessin des motifs. Le fil qui restaure, est métaphoriquement assimilé au trait dans le dessin.

Au début des années trente, Louise Bourgeois fréquente l’Ecole des beaux-arts et diverses académies, parmi lesquelles la Grande Chaumière. C’est est une des artistes majeures de la seconde moitié du XXe siècle et du début du XXIe. Traversant le Surréalisme, l’Expressionnisme abstrait, le Minimalisme, son œuvre échappe à toute classification artistique.

Basée sur la mémoire, l’émotion, les souvenirs d’enfance, l’œuvre de Louise Bourgeois est entièrement autobiographique. Au service de l’inconscient, son art renvoie aux relations mère – enfant ou père - enfant. L’artiste utilise tous les matériaux et toutes les formes.

Présentation de l’exposition

L’exposition sur Eugénie Grandet est une création originale, spécialement conçue pour le musée, ne se veut pas une confrontation avec le personnage d’un des plus célèbres romans de Balzac mais bien l’expression d’une "identification récurrente", selon les propres termes de Louise Bourgeois, avec "celle à qui l’on ne donna jamais la chance de grandir".

Le visiteur découvre 23 œuvres, dont une suite de seize tableaux, collages, ex-voto, reliquaires, qui évoquent le temps qui passe, la patience de l’herbier et l’humilité des ouvrages de dame, avec perles, boutons, fleurs artificielles prélevées sur des chapeaux désuets, est exemplaire de cette manière si personnelle de transfigurer le passé en captant son parfum. C’est toute la province française qui est là, en boîte, dans ces travaux calmes, ralentis, pondérés, qu’on imagine brodés avec les aiguilles et les ciseaux en vermeil du nécessaire à couture qu’Eugénie accepte en rougissant des mains de son prétendant Adolphe des Grassins venu avec sa mère faire sa cour à l’héritière Grandet.

Le monogramme brodé L.B., marque traditionnelle du trousseau, devient ici la signature de l’artiste. Quadrillages, symétrie rassurante, sentiment des heures qui passent, on croit entendre le rythme du balancier de l’horloge comtoise et le bourdonnement de trois mouches se pourchassant sous la suspension du salon.

Eugénie Grandet

Le roman de Balzac est célèbre dès sa publication en 1833. Il met en scène le père Grandet, vigneron d’une avarice instinctive, sa femme, que l’insensibilité de son mari écrase et finit par tuer, et sa fille Eugénie, douce, bonne et aimante qui, déçue dans ses sentiments, se referme sur elle-même et devient une vieille fille charitable mais amère.

L’œuvre traite donc de la famille, de l’adolescence, de la douleur et de la solitude : autant de thèmes que Louise Bourgeois, se disant non pas féministe mais « s’occupant du féminin », a explorés sans relâche depuis ses premières peintures, à la fin des années 30. Il n’est donc rien d’étonnant à ce qu’Eugénie Grandet soit un personnage central dans la genèse de l’œuvre de Louise Bourgeois qui y voit « le prototype de la femme qui ne s’est pas réalisée.

Cette exposition marque ainsi la rencontre de deux très grands artistes qui, bien qu’éloignés dans le temps et l’espace, se rejoignent par leur puissance d’analyse, leur lucidité et leurs efforts pour identifier les ressorts les plus profonds et les plus secrets de l’âme humaine.

Informations pratiques

Maison de Balzac

47, rue Raynouard 75016 Paris

01-55-74-41-80 / Fax : 01-45-25-19-22

www.balzac.paris.fr

Ateliers de lecture avec la comédienne Catherine Andréa : Eugénie Grandet, un certain destin. Public adulte et enfant. Réservation obligatoire au 01 55 74 41 80 :

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