Exposition : "Neon, who's afraid of red yellow and blue?*

Jusqu'au 20 mai 2012, la maison rouge accueille la première grande exposition internationale consacrée au néon dans l'art des années 1940 à nos jours.

À droite de la table périodique des éléments de Mendeleïev , on trouve la famille des gaz dits "nobles" ou "rares", un groupe d’éléments chimiques aux propriétés communes : inodores et incolores dans des conditions dites "standards", ces gaz monoatomiques une fois sous pression produisent une lumière colorée lorsqu’ils sont traversés par un champ électrique.

Le néon (Ne), dont le nom provient du mot grec "neos" (nouveau) produit une lumière rouge. L’argon (Ar) donne une lumière bleue, tandis que les vapeurs de sodium produisent un rayonnement de couleur jaune.

Il y a cent ans que le tube au néon existe

C’est en 1912, il y a cent ans exactement, que le physicien et chimiste français Georges Claude met au point le premier tube au néon. La présentation publique de son invention à lieu à l’Exposition Universelle de Paris.

Quelques années plus tard, il dépose un brevet aux États-Unis et en 1923, il vend à la compagnie Packard ses deux premières enseignes lumineuses reproduisant le nom de la marque. On connait la suite de l’histoire…

Dans les années 30 déjà, Moholy-Nagy prophétisait que les jeux de lumière et d’éclairages nocturnes dans les grandes villes constituaient "un champ d’expression" qui ne tarderait pas à trouver "ses artistes". Effectivement, dès 1946 Gyula Kosice, artiste naturalisé argentin d’origine slovaque, utilise pour la première fois un néon, dans une œuvre intitulée Structure luminique Madi .

La technologie à l’aide des artistes

À l’occasion de la triennale de Milan de 1951, Lucio Fontana présente une suspension monumentale ; sorte de tourbillon lumineux. C’est la toute première œuvre entièrement en néon réalisée en Europe.

Au début des années 1960 en France, en Grèce et aux États-Unis, François Morellet, Stephen Antonakos, Bruce Nauman et Keith Sonnier commencent eux-aussi à utiliser le néon à l’occasion de performances ou dans leurs œuvres plastiques.

À peu près au même moment, Dan Flavin décide de travailler avec un type spécifique de lampe : le tube fluorescent, réalisé quant à lui de manière industrielle. Le dénominateur commun des œuvres de cette époque est leur caractère abstrait, tantôt lyrique tantôt géométrique.

Couleur et animation des lumières

En à peine une trentaine d’années, la multiplicité de ces recherches et expérimentations plastiques vont faire passer le néon du statut d’invention scientifique aux applications essentiellement urbaines et publicitaires à un médium artistique à part entière.

Un médium qui permet aujourd’hui de rassembler et faire dialoguer des artistes aussi divers que Tracey Emin, Claude Lévêque, Jason Rhoades (1965-2006) ou encore Claire Fontaine… Art de la couleur et de la lumière, l’art du néon est aussi et surtout un art du tracé et de la sinuosité.

C’est l’histoire de ce simple trait dessinant d’innombrables chemins sinueux et lumineux que cette exposition propose de parcourir et d’explorer.

La maison rouge

La maison rouge, fondation privée reconnue d’utilité publique, a ouvert ses portes en juin 2004 à Paris. Ce nom, "la maison rouge", témoigne de la volonté de faire du lieu un espace convivial, agréable, où le visiteur peut voir une exposition, assister à une conférence, explorer la librairie, boire un verre…

Le bâtiment est une ancienne usine réhabilitée, situé dans le quartier de la Bastille, face au port de l’Arsenal. Il occupe un site de 2500 m², dont 1300 m² de surface d’exposition qui s’étendent autour d’un pavillon baptisé "la maison rouge".

Elle a été créée pour promouvoir la création contemporaine en organisant, au rythme de trois par an, des expositions temporaires, monographiques ou thématiques, confiées pour certaines à des commissaires indépendants.

*L’exposition emprunte son titre à l’œuvre de Maurizio Nannucci, "Who’s afraid of red yellow and blue ?", 1970

Renseignements pratiques

  • La Maison Rouge
  • Fondation Antoine de Galbert
  • 10 bd de la Bastille – 75012 Paris
  • info@lamaisonrouge.org
  • t : +33 (0)1 40 01 08 81
  • f : +33 (0)1 40 01 08 83
  • La maison rouge est ouverte du mercredi au dimanche de 11h à 19h
  • Nocturne le jeudi jusqu’à 21h, fermeture les 25 décembre, 1er janvier et 1er mai

Source d’information

La Maison Rouge ; site officiel

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