Exposition : Paquebot France, au musée national de la Marine

Découvrez l'histoire du paquebot mythique sous l'angle de sa conception architecturale, du décor intérieur, et des moments intenses de la vie à bord

Par le nom qu’il porte, par la puissance de sa silhouette, "le plus grand paquebot du monde", le France, est un monument révélateur d’une époque. Le 11 mai 1960, il est lancé sous les yeux émerveillés de plus de 100 000 spectateurs.

Cinquante ans après, le musée national de la Marine, à Paris (16e), s’associe à la commémoration de cet anniversaire en consacrant à ce paquebot légendaire une exposition majeure du 09 février au 23 octobre 2011.

C’est un événement inédit, la plus grande présentation jamais consacrée au navire. Sur un parcours de 1000 m2, est racontée l’histoire de ce fleuron de l’industrie, l’enjeu de sa construction, l’expression de son style, la modernité de son architecture, la force de son mythe.

Embarquement immédiat au musée national de la Marine !

L’exposition Paquebot France : une atmosphère de départ en voyage

Les visiteurs sont invités à monter à bord d’un navire aujourd’hui mythique : dès l’entrée au musée, les impressionnantes lettres lumineuses F. R. A. N. C. E. (2m 50 de haut), ornement originel du pont, guident le public jusqu’à l’exposition.

La visite se présente telle une passionnante immersion dans le paquebot et son époque : Plus de 60 documents photographiques originaux ainsi que des outils, calques, hélice… illustrent la construction. De l’embarquement aux souvenirs du France, une place d’importance est dévolue à l’image animée : 12 points de reportages et extraits de films d’époque.

L’exposition ouvre au public des perspectives de découvertes variées : conception et construction du navire, histoire et société, arts décoratifs, vie à bord… Sur 1000 m2, le mythe France renaît à travers objets, mobiliers, souvenirs, maquettes, reconstitutions d’espaces et photographies.

En final, sont présentés quelques 230 objets-souvenirs et une projection 200 photos d’amateurs

Histoire de la traversée de l’Atlantique et la course au Ruban bleu

Au XIXe siècle, la révolution industrielle et technique, grâce à l’adaptation de la vapeur à la marine, permet le développement des communications intercontinentales. Les modes de vie en sont bouleversés, l’essor économique accéléré. Profitant de l’émigration européenne vers l’Amérique, les armateurs concentrent leurs efforts sur les lignes de New York, donnant naissance aux grands transatlantiques.

Le Ruban bleu est une récompense, créée par les compagnies de navigation transatlantique au XIXe siècle, offerte au propriétaire du navire le plus rapide du monde et a été l'occasion d'une rivalité et d'une émulation entre les principales compagnies maritime.Dans l’Entre-deux-guerres, les paquebots deviennent les porte-drapeaux des ambitions nationales.

Après la Seconde Guerre mondiale, l’aviation s’impose. Mettant en service les derniers grands liners, les compagnies tentent de résister. C’est dans ce contexte qu’est programmée la construction du paquebot France.

Le France ambassadeur de l’industrie française

En 1946, des 6 paquebots qui desservaient l’Atlantique nord en 38, seul l’Île de France navigue encore. Pour relancer la "French line", la Compagnie transforme 3 anciennes unités, mais un plan de construction est indispensable.

Le choix de construire un grand liner rapide connaît bien des vicissitudes et des hésitations entre les premières études, en 1953, et la décision finale en 1956. L’État demande à la Compagnie Générale Transatlantique que le France soit "intégralement français". Le chantier doit contribuer au renouveau de l’activité industrielle des régions. "Fournisseurs officiels du France", la référence prestigieuse donne aux entreprises une formidable vitrine.

Le style France : une traversée dans les arts décoratifs des années 50

Depuis le Paris, livré en 1921, la Compagnie Générale Transatlantique confie les emménagements de ses grands paquebots à plusieurs décorateurs différents. Entre modernité et tradition renouvelée, la décoration du France est un compromis révélateur d’une époque de transition, fin années 50 / début 60.

À bord du France, La maison Leleudécore un ensemble de 3 pièces : les salons de bridge, de lecture et d’écriture, ainsi qu’une bibliothèque. Elle fait appel aux matériaux contemporains, tôle d’aluminium peinte, tissus synthétiques, qu’elle marie avec les classiques verre, cuir, laque, mosaïque.

Massivement utilisés, tous les nouveaux matériaux, le vinyle, le métal laqué, le formica permettent aux créateurs de concevoir une gamme de couleurs propres aux années 50. Modernité et confort sont les maîtres mots.

Du France au Blue Lady

Au fil des années, la Compagnie Générale Transatlantique multiplie les croisières pour attirer une nouvelle clientèle de loisirs, et approcher un équilibre financier. Mais, l’avion devient un concurrent dangereux : Dans les années 1955/60, la desserte aérienne de l’Atlantique Nord connaît un essor rapide grâce à l’adoption des rapides et confortables avions à réaction.

En juillet 1974, dans le contexte de lutte inégale contre l’aviation, la flambée du prix du pétrole ajoutée à la fin du soutien financier de l’État contraignent la Compagnie au désarmement du France. Après différentes péripéties, le France revient à son port d’attache et il passe 5 ans au " quai de l’oubli", au fond du port industriel.

D’abord acheté par un milliardaire saoudien en 1977, le France est acquis en 1979 par la Norwegian Carribean Line. Le Norway commence sa nouvelle carrière. Les résultats dépassent très largement les espoirs. Toutefois après 20 ans de carrière, il est supplanté par de nouveaux bateaux. En mars 2003, une explosion en salle des machines arrière scelle la fin du navire vieillissant.

Le France/Norway, racheté par un chantier de démolition, termine sa route en 2007 au large des plages d’Alang (Inde), sous le nom de Blue Lady. Il faut un an pour détruire la masse de plus de 76.000 tonnes

Informations pratiques

Paquebot France - Exposition du 9 février au 23 octobre 2011

Musée national de la Marine - 17, place du Trocadéro - 75116 Paris

Tous les renseignements sur www.museemarine.fr

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