Exposition "Phares" : découverte d'une histoire fascinante

Le temps de cette exposition au musée national de la Marine à Paris est abordé, du 7 mars au 4 novembre 2012, l'univers hors du commun des phares.
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Les phares sont un patrimoine mondialement connu de nos côtes. A leur approche, la navigation est un moment singulier, particulièrement de nuit. Entre alors en jeu le faisceau de lumière qui guide le marin ou le navigateur, et assure ainsi sa sécurité.

Si aujourd’hui d’autres techniques sont utilisées pour se repérer (sans pour autant le remplacer), le phare a conservé toute sa dimension symbolique. Il témoigne de la lutte contre le péril en mer, mais aussi des liens qui unissent terre et mer.

Le programme conçu autour de l’exposition Phares permet à chacun de découvrir l’exposition seul ou en participant aux activités mises en place par le musée. Nouveau : en libre accès, des expérimentations sur la lumière et l’optique ainsi qu’un jeu sur la signalisation maritime !

Un patrimoine national

Depuis Fresnel et sa lentille jusqu’au mythe du gardien, en passant par les usines de Paris où l’on produit tours métalliques et optiques, la France entretient une relation passionnée avec les phares. Ils sont aujourd’hui en mutation, après le départ des gardiens.

Une reconversion permettra cependant de sauvegarder les quelque 150 bâtiments qui dessinent le paysage des côtes françaises. Devenus des sites patrimoniaux, les phares ouvrent leurs portes aux visiteurs, fascinés par leur histoire et leur architecture.

Présentation de l’exposition

Sur 1000 m2, l’exposition Phares s’articule en trois axes principaux : une approche historique et scientifique, la découverte des métiers et des hommes liés aux phares, leur sens mythique et artistique. Riche de 650 objets exposés, le parcours est jalonné d’audiovisuels et d’installations lumineuses.

Dès son entrée dans l’exposition, le visiteur est plongé dans l’univers sensoriel des phares, grâce à un dispositif intitulé le « ballet des optiques ». Ici dans un monde d’ombres et de lumières, il s’agit de comprendre l’émotion ressentie par le marin face cette source lumineuse qui surgit de l’inconnu, à l’approche des côtes.

Tout commence dans l’estuaire de la Gironde

En 1584, le phare d’Alexandrie, détruit en 1303, n’est plus qu’un vague souvenir. C’est pourtant à cette date que Louis de Foix est chargé par Henri III de construire un monument "phare" sur le plateau de Cordouan, à l’entrée de la Gironde.

Le premier phare français, au sens maritime, politique et architectural est né, il sera pendant deux siècles et demi à la pointe des technologies maritimes, guidant les marins, tant de jour que de nuit. Monument de la Renaissance et phare des Lumières, Cordouan reste longtemps l’emblème des côtes de France.

Fresnel et sa lentille

En France, après la Révolution et l’Empire, le milieu savant s’empare du sujet des phares. En 1819, Augustin Fresnel est recruté par François Arago. Il deviendra célèbre en proposant l’emploi de lentilles à échelon. La lentille de Fresnel, dont les marins louent "la vivacité et la blancheur", est née.

Léonce Reynaud, polytechnicien qui travailla auprès de Fresnel, impose son style sur le littoral. Pendant près de 40 ans, il est le grand architecte des phares, tels ceux des Héaux de Bréhat ou de Calais.

Les chantiers de la mer

Quatorze ans, de 1867 à 1881, sont nécessaires pour construire le phare d’Ar-Men à l’extrémité de la Chaussée de Sein. Le phare de la Jument (1904-1911) est édifié sur une roche de moins de 100 m2.

Les "sentinelles de la mer" constituent donc un domaine étonnant de l’architecture, avec ses constructions "phares", ses modèles, et ses projets fantastiques. Le phare monumental d’Eckmühl est un exemple du genre, bâti en pierre de Kersanton pour l’extérieur et recouvert d’opaline pour la majesté des parois intérieures.

Paris capitale des phares

Dans un XIXe siècle où toutes les nations maritimes adoptent le système de Fresnel, Paris devient le centre scientifique et technologique d’où vont rayonner les phares. Le Dépôt central situé au Trocadéro sera ainsi un véritable phare pour la France entière, mais aussi pour le monde.

Paris est le centre d’un foisonnement d’idées tant scientifiques que technologiques, qui vont faire évoluer les phares au cours du XIXe siècle. Le phare devient un authentique "produit de Paris" promu par les expositions universelles. Et Gustave Eiffel dote même sa tour d’un feu tournant, pour mieux la magnifier.

Alexandrie, la naissance du mythe

Ouvrages fonctionnels destinés à la sauvegarde des marins, les phares ont toujours revêtu une dimension symbolique, presque religieuse. Cette double nature, trouve son origine sur l’île de Pharos, au large d’Alexandrie. Son phare célèbre, détruit par un tremblement de terre au XIVe siècle, devient au XIXe siècle, un chantier pour les archéologues.

Le phare est "une icône du littoral" que l’on retrouve dans les arts mais également dans la publicité. Les visites contribuent à faire du phare un objet de tourisme et de patrimoine, qu’il faut protéger et sauvegarder. Construits pour signaler la terre aux marins, les phares font aujourd’hui découvrir la mer et le littoral aux terriens…

Renseignements pratiques

  • Musée national de la Marine
  • 17, place du Trocadéro - 75116 Paris
  • Tél : 01 53 65 69 53
  • Autour de l’exposition, tout le programme : ici

Source d’information

Musée national de la Marine : site officiel

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