Exposition "Pour rire !" dans le Val d'Oise

Le musée d'art et d'histoire de l'Isle-Adam présente un panorama de la société du XIXe siècle, vue par trois grands caricaturistes : Daumier, Gavarni et Rop

L’exposition "Pour Rire ! Daumier, Gavarni, Rops. L’invention de la silhouette" est présentée du 10 avril au 18 septembre 2011, au musée d’art et d’histoire Louis-Senlecq situé à l'Isle-Adam, dans le Val d’Oise. C’est la première fois qu’un musée français rassemble dans un même lieu, un choix d’œuvres de célèbres caricaturistes.

La collection est composée de plus d’une centaine de dessins, de lithographies et de peintures de ces trois grands caricaturistes français pour les deux premiers, et belge pour le troisième. Il est présenté aux visiteurs un panorama de la société du XIXe siècle à travers des œuvres où se dessine une silhouette caricaturée.

Située à une vingtaine de km à l’ouest de la capitale, L’Isle-Adam est une ville francilienne dont la situation est attrayante entre l'Oise et la forêt. Le musée d’art et d’Histoire Louis Senlecq propose des activités diverses et des expositions temporaires, de haut niveau, ce qui lui donne une renommée national voire internationale.

La caricature sociale

Selon le Dictionnaire de l'Académie française (neuvième édition), une caricature est une « image satirique dans laquelle on représente d'une manière humoristique, bouffonne, grotesque, des personnages qu'on veut tourner en dérision ».

Les dessins des trois caricaturistes exposés, exagèrent les silhouettes des personnages ce qui les rend burlesque. La caricature sociale n’épargne personne : les bourgeois, les gens du peuple et les artistes eux-mêmes.

Honoré-Victorien Daumier

Honoré Daumier (1808-1879) est né à Marseille, il s’installe avec ses parents à Paris en 1816. A l’âge de 21 ans, il collabore à La Silhouette , premier hebdomadaire satirique illustré en France, créé par Charles Philippon.

La publication dans le journal La Caricature , de la silhouette de Louis-Philippe en Gargantua, le rend rapidement célèbre, mais lui vaut une condamnation à six mois de prison. En 1832, paraît le premier numéro du journal satirique d'opposition républicaine Le Charivar i, auquel Daumier participe, ses scènes de mœurs deviennent très populaires. En 1845, il réalise les trente-neuf lithographies des Gens de Justice.

Daumier est aussi peintre, dessinateur et chroniqueur de la société. Il a croqué tous les types sociaux et toutes les classes sociales.

Hippolyte Sulpice Guillaume Chevalier dit Paul Gavarni

Paul Gavarni (1804-1866) est né à Paris. C'est à la suite de séjours qu'il fait à Gavarnie dans les Pyrénées qu’il choisit son pseudonyme. A 14 ans, il est admis au Conservatoire des Arts et Métiers. Il exerce divers métiers, et après avoir été commis d'architecte et employé au cadastre, il commence à se consacrer à la gravure (plus de 8000).

Il fait des caricatures et dessins de mode, qui paraissent dans la "Mode", la " Caricature", le " l'Illustration », « Le Charivari » accompagnées de légendes dont il est l'auteur. Ses dessins en font un observateur moqueur de la société parisienne sous Louis-Philippe et le second empire.

Félicien Rops

Félicien Rops (1833-1898) est né à Namur, en Belgique. Il manifeste très tôt des talents de dessinateur et d'illustrateur, il commence la caricature dans des groupes d’étudiants bruxellois. Félicien Rops aborde l'art par le biais de plusieurs techniques : la gravure, le dessin et la peinture.

Il est connu pour ses dessins anticléricaux ou luxurieux. En 1856, il fonde L'Uylenspigel, journal des ébats artistiques et littéraires . A Paris, à la fin du XIXe siècle il devient le dessinateur le plus à la mode

Daumier, Gavarni et Rops portent un regard comique et tendre sur leurs contemporains. La collection des œuvres présentées en différentes sections, permettent aux visieurs de découvrir un vaste panorama des caricatures de la société du début du XIXe siècle.

Le parcours de l’exposition "Pour Rire ! Daumier, Gavarni, Rops. L’invention de la silhouette"

- Caricature sociale : dés le début du XIXe siècle, les journaux satiriques se développent en Europe et la caricature devient une pratique de plus en plus répandue.

- Artistes et ateliers : le sculpteur, le lithographe, le peintre ou le dessinateur, tous sont croqués dans ce qu’ils ont de plus simple ou de plus prétentieux.

- Des allures de professionnels : une fois la Monarchie Absolue abolie, de nouvelles classes sociales voient le jour. Leur arrogance écrase les petites gens.

- Nouveau bien-être bourgeois : le XIXe siècle est celui des progrès techniques et sanitaires. Le bourgeois garde le symbole de son état, le parapluie et le haut de forme pour les hommes et la crinoline et le chapeau pour les femmes.

- Les "Lorettes" : ces jeunes femmes légères du quartier de Notre-Dame-de-Lorette à Paris, deviennent l’incarnation de la femme parisienne, tantôt mutine, tantôt coquette.

Vue par Daumier, Gavarni et Rops, la caricature fonctionne en reflet de la réalité. La crinoline, en particulier, nouveau symbole "gonflé" de la mode féminine, est traitée sur le mode de la cocasserie et du ridicule, qu’elle cache le corps ou qu’elle le révèle

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