Exposition qui évoque l'Ailleurs : " La Mongolie entre deux ères"

Jusqu'au 16 septembre 2012, l'exposition proposée par le musée Albert-Kahn à Boulogne-Billancourt révèle la Mongolie du début du XXe siècle.

La nouvelle exposition du musée Albert-Kahn La Mongolie entre deux ères, 1912-1913, est un rendez-vous au cœur des steppes, parmi les cavaliers, au milieu des yourtes et des temples bouddhistes pour une évocation haute en couleur et riche d’enseignements sur un monde aujourd’hui disparu.

Au cours de cette visite le public est plongé dans l’univers menacé de la Mongolie du début du XXe siècle.

Un film court intitulé La Mongolie et les Mongols montre des images qui permettent de découvrir la vie des Mongols en 1912 et 1913, dans les steppes de Mongolie-Intérieure comme dans la capitale d’une Mongolie indépendante tout juste libérée de l’emprise mandchoue avant d’entrer dans l’orbite russe.

Présentation de l’exposition

Si le mode de vie nomade est toujours d’actualité aujourd’hui, bon nombre des autres réalités captées par l’objectif de Stéphane Passet en 1912 et 1913 seront vite balayées par la marche de l’Histoire. C’est une Mongolie à la fois proche et lointaine qui s’expose, illustrant la mission fondamentale assignée par Albert Kahn aux opérateurs chargés de constituer les Archives de la Planète . Au total sont présentés :

  • 72 autochromes (premier procédé industriel de photographie en couleurs véritables) provenant du fonds Albert-Kahn
  • 1 film muet noir et blanc provenant du fonds Albert-Kahn
  • 1 film noir et blanc provenant des archives Pathé-Gaumont
  • 11 objets archéologiques prêtés par le musée national des Arts asiatiques-Guimet
  • 38 reproductions de documents anciens conservés dans des fonds patrimoniaux français et mongols.
  • 500 m2 d’exposition.

La Mongolie entre deux ères

Au XVIIe siècle, les Mongols du sud et du centre-est se soumettent aux Qing et leurs régions deviennent les provinces de Mongolie-Intérieure et de Mongolie-Extérieure.

En 1912, la Mongolie-Intérieure reste une province de la toute jeune République de Chine. La Mongolie-Extérieure, elle, proclame son indépendance dès 1911 : Ourga, devient la capitale. La capitale Ourga fut rebaptisée Oulan-Bator ( Ulaanbaatar "Héros rouge" en mongol) en l'honneur du héros national et dirigeant communiste Damdin Sükhbaatar.

En 1912-1913, les deux Mongolie sont "entre deux ères" : pour la Mongolie-Intérieure, l’ère mandchoue s’achève et laisse place à l’ère chinoise. La Mongolie indépendante, elle, prend la Russie pour modèle jusqu’à devenir, en 1924, une République populaire, et, de fait, le premier pays satellite de la Russie soviétique.

Ce régime politique reste en place jusqu’à la chute de l’URSS et, en 1992, l’actuelle République de Mongolie est proclamée.

Les missions européennes en Mongolie : Une longue histoire

C’est à l’époque des Croisades que commence l’histoire des missions européennes en Mongolie.

Dès le XIIIe siècle, le pape Innocent IV et le roi de France Saint Louis envoient des émissaires à la cour mongole. De cette époque datent les premiers écrits sur la vie quotidienne en Mongolie, dont le plus célèbre est le Livre des Merveilles de Marco Polo , dicté à partir de 1298.

À partir de la fin du XIIIe siècle, l’empire mongol s’effondre et les Mongols reforment des royaumes dans la steppe, qui sont finalement absorbés, au XVIIe siècle, par le nouvel empire mandchou.

À la même époque, les Européens voyagent dans cette partie du monde, notamment pour mener des missions d’observation scientifique. En 1931, un industriel français audacieux du nom d’André Citroën donne le coup d’envoi à l’expédition la plus épique du XXe siècle : la légendaire Croisière Jaune.

La société mongole du début du XXe siècle

La société mongole du début du XXe siècle est hiérarchisée. Au sommet se trouvent des aristocraties laïque et ecclésiastique, qui concentrent le pouvoir et les richesses.

Viennent ensuite les lamas, le bas-clergé, les éleveurs, qui forment la majorité de la population, les shavi, au statut comparable à celui de nos serfs de l’Ancien Régime, les marchands, artisans…et quelques esclaves.

La tenue vestimentaire est très codifiée : la forme, la couleur et le décor des vêtements et des accessoires varient en fonction du statut social, du statut marital, du groupe d’origine, mais aussi en fonction de la saison ou de l’occasion.

Ourga, ville bouddhique

Depuis l’Inde où il est apparu au VIe siècle avant J.-C., le bouddhisme se diffuse en Asie, mais sa pratique reste circonscrite à l’aristocratie et à l’entourage impérial, les couches populaires restant fidèles aux systèmes religieux indigènes.

Les principaux rites collectifs sont des sacrifices périodiques aux divinités territoriales des montagnes et des fleuves.

Renseignements pratiques

  • Albert-Kahn, musée et jardins
  • 10-14, rue du Port - 92100 Boulogne-Billancourt
  • Standard : 01 55 19 28 00
  • Fax : 01 46 03 86 59
  • @ : museealbertkahn@cg92.fr
  • L’application Smartphone offre un aperçu illustré ainsi que l’intégralité de l’audioguide. On peut y trouver un agenda des activités culturelles et toutes les informations pratiques.

Sources d’informations

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