Exposition sur le sort des enfants juifs à Paris de 1940 à 1945

Jusqu'au 27 octobre 2012, l'Hôtel de Ville présente l'exposition "C'étaient des enfants", qui honore le souvenir des enfants juifs pendant la 2nde guerre.

La Direction de la mémoire, du patrimoine et des archives de la Défense s'est associée à la ville de Paris pour l'exposition C'étaient des enfants. Déportation et sauvetage des enfants juifs à Paris, 1940-1945 du 26 juin au 27 octobre 2012.

En juillet 1942, près de 14 000 Parisiens ont été arrêtés par la police française et, pour une large part, rassemblés au Vélodrome d’hiver. La rafle du Vel d’Hiv (16-17 juillet 1942) marque une rupture dans la persécution des Juifs en France : désormais, l’âge des enfants ne les protège plus de la barbarie. 4051 enfants de moins de 16 ans sont arrêtés et envoyés dans les camps de Drancy, Beaune-la-Rolande et Pithiviers.

Quelques-uns réussiront à en sortir, les autres mourront de privations ou seront gazés à leur arrivée à Auschwitz. Le fondement de cette mise à mort des victimes ne repose que sur le crime d’être né et sur lui seul.

Le sort des enfants juifs est au cœur de la Shoah.

Le choix d’identifier, de persécuter, d’arrêter, de déporter et d’exterminer jusqu’aux nourrissons est l’indice ultime de la radicalité de ce que les dirigeants nazis ont qualifié de "Solution finale de la question juive".

L’exposition C'étaient des enfants évoque le destin tragique des enfants juifs entre 1940 et 1945 . En cette année 2012, soixante-dixième anniversaire de la rafle du Vel’ d’Hiv’, la Mairie de Paris a voulu honorer leur souvenir et celui des milliers de leurs camarades qui ont survécu à la Shoah, grâce à l’action de réseaux de sauvetage ou à la solidarité de Parisiens qui incarnèrent l’honneur de notre capitale.

Cet événement s'inscrit dans le cadre des commémorations du 70e anniversaire de l’année 1942 annoncées en janvier 2012 lors de la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste voulue par la résolution des Nations unies du 1er novembre 2005.

Identification et exclusion

L’armistice du 22 juin 1940 divise la France en deux et dès septembre les autorités occupantes et le gouvernement de Vichy y organisent la stigmatisation des Juifs. La plupart de ces mesures concernent également les enfants.

L'ordonnance allemande du 27 septembre 1940 ordonne aux juifs de zone occupée de se déclarer. Les chefs de famille ont jusqu’au 20 octobre pour faire état de leur identité. C'est sur la base de ce recensement que la préfecture de police de Paris crée finalement un fichier des enfants juifs.

Le tampon "Juif" est porté sur leurs papiers d’identité, les enfants âgés de plus de 6 ans doivent porter l’étoile jaune . C'est à partir de la loi française du 3 octobre "portant statut des juifs", que leurs parents sont exclus de nombreuses professions. L’ordonnance allemande du 8 juillet 1942 interdit aux juifs l’accès aux lieux publics.

" Survivants", "enfants cachés", "rescapés", les termes sont nombreux pour désigner les enfants qui ont échappé aux déportations

Dès le début des persécutions mises en place par les nazis et leurs collaborateurs, la plupart des enfants basculent d’un monde protégé, celui de leur famille, dans un monde inconnu, auquel malgré leurs souffrances ils doivent faire face : exil, exclusion, enfermement, peur, faim, isolement, assassinat.

Leur sort, quel que soit le pays d’Europe dans lequel ils se trouvent, relève de situations particulièrement dramatiques. Pourtant, dès 1938 des réseaux et des individus se mobilisent pour tenter de les sauver, en les cachant par exemple, ou lorsque les sauver était impossible, en leur procurant un entourage affectif, pédagogique ou moral.

De ces enfants il nous est parvenu des lettres, récits, journaux, dessins ; témoignages intimes et spontanés, au combien précieux et d’une incroyable maturité, de leurs espoirs, de leurs luttes, de leurs sentiments, laissés avant le silence. Ils sont la base, parmi d’autres écrits, photographies et films d’époque, pour évoquer le sort et les actes des enfants qui ne sont plus, mais aussi de ceux qui ont survécu.

Renseignements pratiques

  • Hôtel de Ville
  • Salon d'accueil de la Mairie de Paris
  • 29, rue de Rivoli. 75004 – Paris
  • Ouvert tous les jours sauf dimanche et jours fériés de 10h à 19h. Dernier accès à 18h30.
  • Mémorial de la Shoah : site officiel

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