Exposition : trésors des Esterházy et des Romanov, à Paris (8e)

Un nouvel espace de la Pinacothèque de Paris, expose jusqu'au 29 mai 2011 deux collections : celle des princes Esterházy et celle des tsars Romanov

Aucun musée n’a été créé à Paris, depuis des temps immémoriaux. Le 26 janvier 2011, un musée naît dans la capitale, place de la Madeleine (8e) : La Pinacothèque de Paris . Depuis trois ans, ce n’était qu’un espace culturel présentant des expositions temporaires, elle va disposer désormais d’un accrochage permanent et d’une collection.

Pour la première fois, deux exemples européens, sont présentés parmi les plus anciens, particulièrement remarquables : les Esterházy et les Romanov. Dans les deux cas, ces familles – gens de pouvoir, dirigeants, hauts dignitaires – vont, parallèlement à leur carrière, s’adonner pendant plusieurs siècles, à leur passion : collectionner, pour ainsi constituer l’origine d’un musée.

Une collection nouvelle, jamais vue, composée de chefs-d’œuvre prêtés par de grands collectionneurs privés, c’est un événement suffisamment rare pour qu’il soit célébré à sa juste mesure. Jusqu’au 29 mai 2011, est présentée à la Pinacothèque de Paris : " Les Esterházy, princes collectionneurs" , et "Les Romanov, tsars collectionneurs " une exposition composée de tableaux anciens exceptionnels.

Que signifie "Pinacothèque" ?

Étymologiquement, cela vient du grec ancien : de "pinacos" qui veut dire image, tableau, œuvre d’art, et "thèque", la boîte. Autrement dit, la boîte à image.

Marc Restellini, Directeur de la Pinacothèque de Paris précise : « C’est surtout, le lieu ou l’amateur privé présente ses œuvres au public. C’est ce qu’on a appelé plus tard le cabinet d’amateur, ou encore le cabinet de curiosité. Cet endroit personnel et secret où le collectionneur arrange à son goût ses œuvres, selon ses propres critères esthétiques, un lieu confidentiel qu’il ouvre au public pour que ce dernier puisse apprendre et découvrir. Tel est bien le sens de la Pinacothèque de Paris ».

En présentant une collection remarquable, la Pinacothèque de Paris souhaite retracer l’histoire du goût chez les élites européennes au début du XIXe siècle.

Les princes Esterházy, famille aristocratique hongroise : une passion pour les arts

Grande famille nobiliaire hongroise dont les origines remontent au Moyen Âge, les Esterházy, fidèles à la couronne impériale des Habsbourg, ont servi l’Autriche aussi bien dans l’armée que dans l’administration. C’est une des familles aristocratiques les plus influentes et riches en Hongrie à partir du milieu du XVIIe siècle.

De par leur pouvoir politique et leur fortune, ils jouent un grand rôle non seulement dans la direction de la destinée du pays, mais leur activité de mécènes donne l’exemple, à leur époque et dans les temps à venir, aux citoyens aisés et animés par un sentiment de responsabilité envers l’entretien et la promotion de la culture hongroise.Grâce à leur culture et leur engagement, des trésors de valeur inestimable s’amoncellent au cours des siècles dans les châteaux et palais de la famille pour être finalement, remis à l’État hongrois en tant que contribution au bien et à l’édification publics.

L’exposition de la Pinacothèque de Paris offre une occasion unique d’admirer des œuvres de cette collection princière magnifique, symbole de la richesse artistique austro-hongroise d’une époque passée, et vitrine emblématique d’un des plus grands musées de peinture.

Les empereurs de la dynastie Romanov : en l’espace de deux siècles, ils constituent une des plus belles collections du monde

Nées à partir de la fin du XVIIe siècle, les collections impériales russes comptent rapidement parmi les plus importantes d’Europe. En ce qui concerne la constitution de ces collections d’œuvres d’art dans la Russie du premier quart du XVIIIe siècle, on se doit d’évoquer avant tout le premier d’entre eux, Pierre le Grand (1672-1725), collectionneur averti

Le XVIIIe siècle est parfois qualifié de « siècle d’or de la Russie ». Cette expression peut sans conteste s’appliquer à l’œuvre de la grande protectrice des arts qu’est l’Impératrice Catherine II. Aucun autre empereur de la dynastie des Romanov n’a accumulé autant de chefs-d’œuvre artistiques d’une telle excellence. Le Musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg lui doit son existence.

Catherine II s’applique à donner d’elle l’image d’une souveraine éclairée, fervente adepte des idées de Voltaire et Montesquieu et protectrice généreuse des arts. L’Impératrice ne ménage ni ses deniers ni son énergie mais son ambitieux objectif est atteint. L’Europe entière parle de la gigantesque galerie impériale de l’Ermitage, une des plus riches d’Europe. À sa mort, la galerie compte plus de quatre mille tableaux

Alexandre Ier (1777-1825), digne petit-fils de Catherine II, imprime lui aussi sa marque dans les collections impériales, en dotant notamment l’Ermitage de superbes collections.Le règne de Nicolas Ier (1796-1855) est marqué par la construction du Nouvel Ermitage (1842-1852), il contribue à en faire un musée d’art universel et grâce à lui ce musée devint accessible à tous.

Informations pratiques

Pinacothèque de Paris

01 42 68 02 01

Le musée est accessible aux personnes à mobilité réduite.

Visite famille : Tous les dimanches, à 11 h, une guide-animatrice accompagne les familles pendant une heure : découvrez le monde des tsars, partagez la passion de ces quatre collectionneurs prestigieux et percez le mystère de quelques-uns de leurs tableaux.

Une visite ludique et animée qui s’adresse aux enfants à partir de 5 ans. Durée : 1 h.

Uniquement le dimanche à 11h.

Sources : Pinacothèque de Paris, Marc Restellini (Directeur)

Autre article sur les Romanov : cliquer ici .

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