Inauguration le 10 septembre 2012 du "Camp des Milles"

Ce Site Mémorial, entre Aix-en-Provence et Marseille, est le seul grand camp français d'internement et de déportation encore intact et accessible au public.

Le lundi 10 septembre, date du 70ème anniversaire du dernier convoi de déportation du Camp des Milles vers Auschwitz, le Site Mémorial du Camp des Milles a été inauguré par Monsieur Jean-Marc Ayrault et Monsieur Alain Chouraqui, Président de la Fondation du Camp des Milles-mémoire et Education.

L’histoire du site témoigne des intolérances successives, xénophobe, idéologique et antisémite qui conduisirent à la déportation de plus de 2 000 hommes, femmes et enfants juifs depuis le Camp des Milles vers le camp d'extermination d'Auschwitz via Drancy ou Rivesaltes.

L’ambition du Mémorial du Camp des Milles est de s’appuyer sur cette histoire pour renforcer la vigilance et la responsabilité du visiteur face aux menaces permanentes du racisme, de l’antisémitisme, de l’intolérance et du fanatisme.

Septembre 1939 à juin 1940 : un camp pour “sujets ennemis”

L’histoire du camp débute sous la IIIe République, au début de la Seconde Guerre mondiale, lorsque le gouvernement français prend la décision d’interner les ressortissants du Reich venus se réfugier en France. Considérés paradoxalement et tragiquement comme des ”sujets ennemis”, ces étrangers sont internés dans le Sud-est, dans la Tuilerie des Milles, alors désaffectée.

Ce bâtiment industriel devient un camp d’internement sous commandement militaire français.

Juillet 1940 à juillet 1942 : un camp pour “indésirables”

En juin 1940 s’ouvre une seconde période avec la défaite française et la signature de l’armistice. Au cours de cette période sont transférés aux Milles notamment les étrangers des camps du Sud-ouest, et en particulier des anciens des Brigades internationales d’Espagne ainsi que des Juifs expulsés du Palatinat, du Wurtemberg et du pays de Bade.

Au fil du temps, les conditions d’internement se dégradent : vermine, maladies, promiscuité, nourriture insuffisante...

Août et septembre 1942 : un camp de déportation des Juifs

Une troisième période correspond aux mois d’août et septembre 1942 qui voient la déportation vers Auschwitz via Drancy ou Rivesaltes de plus de 2 000 Juifs, hommes, femmes et enfants.

Vichy a accepté de livrer 10 000 Juifs de la zone dite “libre” à l’Allemagne. Au début du mois de juillet 1942, Laval propose d’inclure les enfants âgés de moins de seize ans dans les déportations. Une centaine d’enfants est ainsi déportée à partir de l’âge d’un an.

Au total, cinq convois sont constitués. Ces événements surviennent avant même l’occupation allemande de la zone Sud (11 novembre 1942).

Des hommes et femmes courageux aidèrent les internés et les déportés. Certains sont reconnus par Israël comme “Justes parmi les Nations”

Le concept de “ Juste des Nations ” est emprunté à la littérature talmudique. Le Mémorial Yad Vashem (Jérusalem) décerne ce titre de “Juste parmi les Nations” aux non-Juifs qui, pendant la Seconde Guerre mondiale et la Shoah, ont aidé des Juifs en péril, sans recherche d’avantages d’ordre matériel ou autre.

Ce faisant, les “Justes parmi les Nations” ont sauvé non seulement la vie de Juifs, mais aussi la dignité humaine.

Un parcours muséographique inédit : une visite en trois volets

Le Site-Mémorial comprend trois volets dédiés à la connaissance, à l’émotion et à la ré?exion, que le visiteur découvre en trois temps, confortés par plusieurs dispositifs majeurs :

  • Un volet historique
Contrairement à de nombreux autres camps, celui des Milles n’a pas été créé ex nihilo. Le visiteur doit avoir le sentiment d’évoluer au sein de ce qui fut un camp d’internement abrité par une usine.

Différentes salles consacrées aux contextes dans lesquels cette histoire s’inscrit, aideront le visiteur à resituer la place du camp dans l’histoire générale qui mène de l’internement des ressortissants du Reich à la déportation des Juifs.

  • Un volet mémoriel
Accès au public des lieux historiques ayant servi à l’internement et à la déportation, dans et autour du bâtiment principal de la tuilerie.

Accès aux traces laissées par les internés.

  • Un volet réflexif
Espace de ré?exion et d’investissement personnel sur la responsabilité individuelle et collective dans les mécanismes qui peuvent conduire au pire. Accès aux conclusions d’expérimentations psychosociologiques sur la passivité, la soumission aveugle à l’autorité, les stéréotypes... passerelles entre hier et aujourd’hui.

Espace dédié aux “actes justes” de résistance et de sauvetage.

Exposition nationale sur les enfants juifs déportés

Le parcours se poursuit par la grande exposition nationale réalisée par Serge Klarsfeld et l’Association des Fils et Filles des Déportés Juifs de France : “ 1942-1944 : 11 000 enfants juifs déportés de France à Auschwitz”.

Il s’agit d’une collection exceptionnelle de documents rares, particulièrement émouvante dans un lieu d’où furent déportés une centaine d’enfants.

Autres dispositifs majeurs de la visite

Le visiteur a ensuite accès aux espaces extérieurs du camp, comprenant différentes stations mémorielles ainsi qu’une exceptionnelle Salle des Peintures murales (ancien réfectoire des gardiens).

La visite se termine par un cheminement sur le chemin des Déportés, aboutissant au Wagon du Souvenir, sur les lieux mêmes du départ pour la déportation.

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Renseignements pratiques

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