Le Musée de la Nacre et de la Tabletterie, à Méru

Un Musée qui perpétue des savoir-faire ancestraux et présente des objets d'antan qui invitent à la rêverie.
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La ville de Méru, à la frontière de l’Ile de France, à 50 km au Nord de Paris, a longtemps été marquée par la pratique de la tabletterie.

Le site des anciennes usines de tabletterie Dégremont y a été édifié à partir de 1857. Il était constitué de trois bâtiments principaux en briques, qui sont aujourd’hui inscrits à l’Inventaire Supplémentaires des Monuments Historiques.

Le Musée de la Nacre et de la Tabletterie occupe le bâtiment central, celui qui était autrefois destiné à la production. Il avait la capacité d’accueillir une centaine d’ouvriers sur ses 1200 m². Comme à l’origine, l’atelier de boutonnerie, fidèlement reconstitué, est alimenté par une machine à vapeur.

La tabletterie est un sujet très vaste. Pour retenir l’attention du public, le Musée mise sur une muséographie attrayante, mais aussi sur une présentation vivante des savoir-faire.

Méru : capitale mondiale de la nacre

Dès le 17e siècle, les paysans des environs s’adonnent à cette activité qu’ils exercent à domicile lors des mois d’hiver, période de morte saison agricole. Ils se révèlent d’habiles artisans. Les matières qu’ils façonnent sont la nacre, mais aussi l’ivoire, l’os, l’ébène, la corne ou encore l’écaille.

Au 19e siècle, la tabletterie connaît un véritable essor. Au 20e siècle cet artisanat s’industrialise et le Pays de Thelle devient le plus grand centre européen de fabrication de boutons de nacre.

On recense dans les années 1910, plus de 10 000 personnes exerçant ce métier. La tabletterie était devenue l’activité économique prépondérante de la région. Sa production fournissait le marché international, ce qui valut à Méru le surnom de "Capitale mondiale de la nacre".

Mais qu’est-ce qu’un tabletier ?

Le métier est ancien. Il consiste en la fabrication de jetons, dés, boîtes, manches de couteaux, montures d’éventails, chapelets, etc. Artisans talentueux, les tabletiers utilisaient l’os, la corne ainsi que des matières plus précieuses comme l’ivoire, la nacre, l’écaille de tortue, l’ébène et le bois d’amourette.

Pour façonner ces matières naturelles, les tabletiers travaillaient à l’aide d’outils proches de ceux du menuisier, tels que la scie ou la lime. La technique du tournage était fréquemment utilisée.

Les beaux coquillages nacrés, comme l’huître perlière, le burgau, la goldfish ou le troca, étaient péchés en Australie, au Japon ou encore à Tahiti et arrivaient à Méru par wagons entiers.

Méru, centre de production de boutons de nacre

La qualité du travail des tabletiers méruviens était tant appréciée que l’ensemble de leur production (montures d’éventail, dièses de piano, boules de billard, jumelles de théâtre, crosses de revolvers, etc.) est exporté partout en Europe, en Amérique et en Afrique.

La fabrication massive de boutons de nacre naît au 19e siècle. Rapidement, boutons gravés, boutons teints pour les manteaux, les chemises, les bottines, supplantent la production d’objets de tabletterie traditionnels.

Méru et sa région vivent jusqu’en 1960 au rythme des usines de boutons. Puis, l’apogée des matières plastiques condamne peu à peu cette industrie. Seuls quelques artisans maintiendront l’emploi de la nacre.

Présentation du Musée de la Nacre et de la Tabletterie

Cinq thématiques y sont proposées : jeux, éventails, accessoires du vêtement, matières premières naturelles, matières synthétiques. Le parcours est agrémenté de bornes multimédia qui complètent l’information de façon ludique.

Les ateliers reconstitués, toujours en fonctionnement, permettent de découvrir un métier au travers de son cadre de travail. La dominoterie, une des nombreuses spécialités de la tabletterie, est illustrée dans un petit atelier artisanal.

Certaines des plus belles pièces conservées au Musée sont réunies dans un espace isolé qui est une invitation à la rêverie. De l’éventail au carnet de bal, du bouton de manchette aux jumelles de théâtre, la poésie et le charme des objets d’antan prennent ici une nouvelle dimension.

La production du Musée

Les ateliers de production intégrés du Musée jouent eux aussi un rôle majeur pour deux raisons : d’une part, l’accomplissement des gestes par les guides devant les visiteurs permet d’en faciliter la compréhension, d’autre part ils offrent la possibilité de poursuivre une production vendue à la boutique du Musée.

Le Musée propose en outre un service de restauration d’objets et répond régulièrement à un certain nombre de commandes spéciales émanant de professionnels de la bijouterie ou de la Haute-Couture, par exemple.

Renseignements pratiques

  • Musée de la Nacre et de la Tabletterie
  • 51, rue Roger Salengro - 60110 Méru
  • A 40 mn de Paris et de l'aéroport Charles de Gaulle (CDG) et 25 mn de l'aéroport de Beauvais Tillé (BVA)
  • Tél. : 03 44 22 61 74
  • Fax : 03 44 22 07 52
  • Email : contact@musee-nacre.com

Source d’information

Site officiel : http://www.musee-nacre.com/

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