Le musée Zadkine, l'oeuvre du sculpteur russe à Paris

Rue d'Assas, la visite de la maison du sculpteur permet de suivre de façon très complète l'évolution de l'œuvre de l'artiste
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A quelques pas du jardin du Luxembourg (Paris 6e), niché dans la verdure, le musée Zadkine, offre un décor typique des ateliers d'artistes qui existaient dans le quartier de Montparnasse dans la première moitié du XXe siècle et dont il constitue l'un des rares exemples à Paris.

La visite du musée permet de suivre de façon très complète l’évolution de l’œuvre de l’artiste depuis sa production des années 1910-1920 ancrée dans l’archaïsme jusqu’aux sculptures aux formes très complexes et ajourées des années 1960. Les bâtiments et les œuvres constituant la collection du musée sont légués à la Ville de Paris par la veuve de l’artiste, le peintre Valentine Prax (1897-1981).

Ouvert en 1982, dans la maison et les ateliers où le sculpteur a vécu et a travaillé de 1928 à sa mort en 1967, le musée Zadkine, dont la confidentialité ajoute à l'enchantement de ses visiteurs, est un lieu de charme et de création dédié à la mémoire du sculpteur.

De la Russie à Montparnasse

Né à Smolensk (Russie), Ossip Zadkine (1890-1967) s’installe à Paris en 1910, après un séjour en Angleterre. Il y expose pour la première fois au Salon des Indépendants de 1911. Il a alors son atelier dans la célèbre Ruche (15ème arrondissement), où des artistes du monde entier constituent l’Ecole de Paris . Zadkine est l’un des plus brillants représentants de ce célèbre mouvement artistique, composé de nombreux artistes étrangers ayant choisi de venir vivre dans la capitale française. Ils s'installent pour la plupart dans le quartier de Montparnasse.

Son œuvre acquiert dès les années 1920 une dimension internationale (expositions dans les principaux pays d’Europe, aux Etats-Unis, au Japon, Grand Prix de sculpture de la Biennale de Venise en 1950). Exilé à New York de 1941 à 1945, il y mène une importante activité d’enseignement qu’il poursuivra à son retour à Paris à l’académie de la Grande Chaumière et dans son propre atelier, ses élèves venant du monde entier.

Présentation du musée Zadkine

Valentine Prax lègue à la Ville de Paris plus de 400 sculptures et plus de 300 dessins ainsi que des photographies et des documents d’archives. Ce fonds continue d’être enrichi régulièrement par de nouvelles acquisitions.

On pénètre dans le musée par son jardin de sculptures, disséminées parmi une végétation aux essences multiples. Le parcours de la visite retrace toutes les périodes de création de l’artiste et témoigne de l'évolution constante de son œuvre. Un choix représentatif du parcours artistique d’Ossip Zadkine est présenté dans les cinq salles du musée ainsi que dans le jardin.

En 1988, la Ville de Paris met en dépôt dans le village des Arques (département du Lot), où Zadkine réside pendant l’été, un ensemble d’œuvres qui permet de lui consacrer un deuxième musée .

Le jardin du musée

Dans ce lieu intime heureusement préservé, sont exposés des bronzes de grande dimension de différentes époques. Certaines des sculptures présentées dans le jardin occupent le même emplacement que du vivant de Zadkine. La Forêt humaine illustre le thème de la métamorphose de l’homme en végétal qui apparaît dans son œuvre à partir de 1947.

Le personnage d’ Orphée qui l’inspire à plusieurs reprises dès les années 1930 lui permet d’affirmer que, pour lui, la sculpture est aussi poésie et chant de haute intensité. Le Torse de la ville détruite est une version réduite du célèbre monument qui est érigé à Rotterdam en 1953 en mémoire de la destruction de la ville par les bombes allemandes en 1941.

Parcours des collections du musée

  • Salle 1 : cette première salle est consacrée à la production de Zadkine au cours des dix premières années de son installation à Paris. Zadkine pratique alors exclusivement la technique de la taille directe de la pierre et du bois. La Maternité en marbre très finement sculptée ainsi que la Tête polychrome sont particulièrement représentatives de ce qu’il veut alors exprimer.
  • Salle 2 : c’est au début des années 1920 que Zadkine affirme de la façon la plus évidente son adhésion aux principes formels du cubisme. La Femme à l’éventail , comme l’Accordéoniste, sont fondés sur un rigoureux jeu de lignes droites qui rythment la composition. Il introduit bientôt plus de souplesse et de mouvement dans sa sculpture. Les lignes courbes dans Le Concerto annoncent déjà l’évolution que va connaître son œuvre.
  • Salle 3 : les Ménades exposées au Salon d’Automne de 1929 inaugurent une nouvelle période dans l’œuvre de Zadkine. Alors que ses débuts avaient été marqués par un certain primitivisme, il introduit soudain dans sa sculpture des éléments formels de l’antiquité classique, comme les souples drapés de la statuaire grecque, y mêlant habilement nombre de traits stylistiques du cubisme. La mythologie va aussi lui fournir de nombreux sujets de sculptures.

Informations pratiques

Musée Zadkine

100bis rue d’Assas - 75006 Paris

Tél. : 01 55 42 77 20

Fax : 01 40 46 84 27

www.zadkine.paris.fr

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