Les Raphaël du musée Condé

D'octobre 2012 au printemps 2013, le musée Condé présente les trois chefs-d'œuvre de l'artiste conservés dans ses collections.
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Au moment même où le Louvre met à l’honneur " Raphaël, les dernières années " (11 octobre 2012- 14 janvier 2013), le musée Condé présente trois tableaux légués par le duc d’Aumale.

L'exposition de ces oeuvres est permanente, mais d'octobre 2012 au printemps 2013, elles seront réunies pour la première fois dans la rotonde du château de Chantilly.

Le visiteur pourra y trouver un complément utile à la grande manifestation du Louvre en découvrant ou redécouvrant des œuvres phares de la Renaissance italienne. Avec ses trois tableaux légués par le duc d’Aumale, Chantilly constitue la deuxième collection française, après le Louvre, conservant le plus grand nombre de toiles du maître.

Pour la première fois, les trois œuvres du maître pourront être embrassées d’un seul regard dans la rotonde du château de Chantilly

En raison de travaux de restauration, le Santuario , cette pièce aménagée par le duc d’Aumale pour abriter ses chefs-d’œuvre dans une atmosphère à la fois intime et majestueuse, ferme pour quelques mois. C’est l’occasion pour le musée de présenter sous un nouveau jour ses plus beaux tableaux.

Des moyens de médiation supplémentaires, alliant explications techniques et historiques, permettront de replacer ces chefs-d’œuvre dans leur contexte et d’en comprendre bien des ressorts.

Le parcours stylistique de l’artiste peut ainsi être appréhendé :

  • depuis ses débuts à Urbino ( Les Trois Grâces, vers 1504-1505)
  • son séjour florentin ( La Madone de la maison d’Orléans, vers 1506)
  • sa période de maturité, dans la Rome du pape Jules II ( La Madone de Lorette, vers 1509?1510).

Raphaël, "Les Trois Grâces"

Provenant de la collection Borghèse, il s’agit du pendant d’un panneau de mêmes dimensions conservé à la National Gallery de Londres, le Songe du Chevalier .

Son titre habituel renvoie aux déesses personnifiant la vie dans toute sa plénitude. Un examen par infrarouge a révélé que ce panneau et son pendant londonien représentaient à l’origine un jugement de Pâris : tandis que sur le tableau de Londres était peint Pâris endormi, ici étaient figurées les trois déesses qui sollicitaient son jugement pour savoir laquelle d’entre elles était la plus belle.

La femme de droite esquissait ainsi un geste de pudeur, celle du centre posait ses mains sur les épaules de ses compagnes et celle de gauche seule –Vénus, sans doute – tenait une pomme, celle de la Discorde. L’artiste a changé par la suite de parti en dotant d’une pomme chacune des trois femmes qui devenaient ainsi des Hespérides, dont les fruits offraient l’immortalité au héros vertueux.

Il s’agit de l’un des rares tableaux de Raphaël à sujet profane, correspondant aux goûts de la cour d’Urbino. On remarque une composition équilibrée et harmonieuse, caractéristique de l’art de Raphaël.

Raphaël, "La Madone de la maison d’Orléans"

Le nom donné à ce tableau provient de son acquisition, en 1729, par le Régent Philippe d’Orléans. L’œuvre resta dans les mains de la famille jusqu’à Philippe Egalité qui, couvert de dettes, la vendit en 1791.

Après un passage en Angleterre, la Madone rejoignit à nouveau la maison d’Orléans en 1869 avec son achat par le duc d’Aumale. Le tableau se caractérise par la tendresse des relations entre la mère et l’enfant.

Magnifique exemple des madones destinées à la dévotion privée, le tableau est sans conteste une des œuvres majeures des années florentines de Raphaël.

Raphaël, "La Madone de Lorette"

Ce n’est qu’en 1975 que ce tableau beaucoup plus monumental que les deux précédents a été attribué à Raphaël.

La Madone de Lorette était peut-être une commande d’Agostino Chigi destinée à sa chapelle, dédiée à la Vierge de Lorette et décorée par Raphaël, dans l’église Santa Maria del Popolo à Rome.

Son nom vient d’une copie conservée à la basilique de Lorette à Rome avant l’invasion napoléonienne. Reconnue par la suite comme médiocre, elle a disparu mais a laissé son nom à l’original de Chantilly.

Le style employé par Raphaël dans cette Sainte Famille renvoie aux œuvres du début de sa période romaine à laquelle se consacre l’exposition du Louvre.

Renseignements pratiques

  • Domaine de Chantilly
  • 17 Rue Connétable - 60500 Chantilly
  • 03 44 27 31 80
  • Pour préparer votre visite : cliquez ici
  • Le Musée Condé et les expositions temporaires sont inclus dans le prix du billet d’entrée au Château.
http://www.louvre.fr/

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