Musée du Louvre : un dais pour le trône de Charles VII exposé

Une pièce unique, vestige d'une tapisserie royale, est présentée à Paris, au musée du Louvre (aile Richelieu), depuis le 16 septembre 2010.

La Société des Amis du Louvre a fait récemment l’acquisition d’un dais pour le trône de Charles VII. Cette tapisserie, exceptionnelle par son intérêt historique, classée "trésor national", est l'un des chefs-d’œuvre de la tapisserie française. Ce dais, c’est-à-dire une sorte de baldaquin, semble être l’unique vestige médiéval d’une tapisserie surmontant un trône royal.

Son existence n'est connue jusqu'ici que par les comptes princiers ou par le témoignage des manuscrits à peinture. Le dais est présenté au musée du Louvre, aile Richelieu, au 1er étage dans la salle 6 (Anne de Bretagne) du département des objets d'art depuis le 16 septembre 2010.

Le droit français reconnaît, sous la qualification de trésors nationaux, des biens culturels dont l’importance patrimoniale justifie un statut et une protection particuliers.

Charles VII, "Roi-soleil"

Cette pièce de tapisserie représente, sur un fond rouge vermeil, un grand soleil d’or se terminant par des étoiles. Deux grands anges en vol tiennent une couronne décorée de fleurs de lys. Elle rejoint au Louvre le portrait de Charles VII par Fouquet , dans l’ancienne résidence des rois de France, au cœur de ce Paris que Charles VII reconquit en 1437.

Les soleils sur fond rouge, ainsi que la couronne et les vêtements bleus fleurdelisés des anges, indiquent que la tapisserie a été tissée pour un roi de France. Les soleils font en effet partie des emblèmes des rois de France au XVe siècle et notamment de Charles VII (1422-1461). La tapisserie illustre ainsi sa légitimité royale, le "petit roi de Bourges", sacré à Reims sur les injonctions de Jeanne d’Arc en 1429.

Dès le début de son règne, ce dernier se représente en "roi-soleil" lors de sa reconquête du royaume sur les Anglais et les Bourguignons. Ainsi, lorsque le roi est assis sur son trône, apparaissent, derrière lui, deux anges en vol qui descendent du ciel pour le couronner.

La commémoration d’un couronnement surnaturel

Au-delà de l’emblème royal, cette tapisserie semble mettre l’accent sur la cérémonie du couronnement et sur la légitimation divine de Charles VII.

Les tuniques fleurdelisées portées par les anges, fendues sur le côté et aux manches larges et courtes, semblent correspondre au vêtement de sous-diacre que revêt le roi en deux circonstances solennelles : lors de la cérémonie du sacre, après avoir reçu l'onction, et lors de ses funérailles.

Ce dais constitue donc une véritable commémoration de la cérémonie du sacre. Sa présence est une affirmation symbolique du pouvoir royal, et en montre visuellement l’origine divine. Le grand soleil, autour duquel rayonne une multitude de soleils peut être assimilé à la personne royale, mais également au Christ.

L’œuvre d’un grand maître du XVe siècle, Jacob de Littemont

A sa valeur historique s’ajoute l’exceptionnelle la beauté de la tapisserie. La composition dynamique, la sobriété de ses lignes, la pureté du dessin des ailes, la délicatesse de la chevelure des anges et le raffinement de la conception font de ce dais un véritable chef-d’œuvre de la tapisserie médiévale, ou, tout simplement, de la peinture médiévale.

D’un tissage très fin, elle reflète les cartons d’un artiste de grand talent qui semble pouvoir n’être que le Maître de la verrière de l’Annonciation, offerte par Jacques Cœur à la cathédrale de Bourges (vers 1450). Elle est identifiée en 1975 par Louis Grodecki avec Jacob de Littemont, peintre de Charles VII d'origine flamande. La découverte de ce dais offre donc une vision tout à fait nouvelle de la carrière de cet artiste, encore mal connu, qui n’apparaît dans des sources d’archives qu’à partir des années 1450.

Présentation de la Société des Amis du Louvre

Depuis sa création en 1897, la Société des Amis du Louvre , reconnue d’utilité publique en 1898, a fait l’acquisition de plus de 700 chefs-d’œuvre généreusement offerts au musée du Louvre, y composant, avec le même goût exigeant d’un collectionneur privé collectif, un véritable musée encyclopédique dans le musée.

Son modèle original de mécénat collectif ouvert à tous, s’appuie sur un large public de visiteurs et d’amateurs d’art, qui bénéficie des meilleures conditions d’accès aux collections permanentes et aux expositions temporaires du plus grand musée du monde.

Renseignements pratiques

Musée du Louvre - Palais du Louvre - 75058 Paris cedex 01

Le musée est ouvert tous les jours de 9 heures à 18 heures, sauf le mardi et tous les jours fériés suivants : le 1er janvier, le 1er mai et le 25 décembre. Nocturnes jusqu’à 22 heures les mercredi et vendredi.

Le musée du Louvre est gratuit le premier dimanche de chaque mois.

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