"Romy Schneider", exposition bouleversante à Boulogne-Billancourt

Un hommage à une légende du cinéma, pour marquer le 30e anniversaire de la disparition de la star qui tourna dans les studios boulonnais.

L’exposition " Romy Schneider " présentée du 4 novembre 2011 au 22 février 2012 à l’Espace Landowski à Boulogne-Billancourt, est conçue à la fois comme un voyage dans une époque et comme une approche au plus près de l’intimité d’une femme, d’une artiste, marquée par le destin et en quête d’absolu.

Documents d’archives, photos et affiches originales, magazines d’époque, témoignages inattendus, bijoux, récompenses et objets ayant appartenu à l’actrice, souvenirs de ses réalisateurs, partenaires et admirateurs, lettres inédites, scénarios, plans de travail, costumes, programmes de théâtre, pièces “collectors” témoignent du culte qu’elle a suscité dès son plus jeune âge.

Le cinéma de Romy

C’est bien évidemment le fil rouge de cette exposition. Tout au long des espaces thématiques, le visiteur peut parcourir la filmographie complète de Romy Schneider (1938-1982) et s’attarder sur les films qui ont le plus compté dans sa carrière et sur ceux qui restent, aujourd’hui encore, incontournables.

Affiches originales françaises, allemandes et d’autres pays, photos inédites de tournage, costumes, dossiers de presse, romans-photos, extraits de films, bandes annonces, interviews de réalisateurs et de partenaires, actualités de l’époque racontent la trajectoire de cette comédienne allemande devenue dans les années 70 l’actrice préférée des Français.

Les jeunes années d’une star

Théâtre et cinéma sont une longue tradition familiale chez les Albach-Retty. Fils d’une grande actrice de théâtre, elle-même fille d’acteurs ambulants, le père de Romy, Wolf, est comédien et s’est fait avant-guerre une belle réputation de jeune premier.

Mais c’est avec sa mère, Magda Schneider, dont la gloire a explosé dans les années 30, que Romy fait à 15 ans ses débuts au cinéma. Son succès est immédiat. Et elle devient vite la plus célèbre des deux ! Mère et fille tourneront huit films ensemble.

Le sacre et la légende : de “ Sissi “ à “ Ludwig "

Les trois films qui racontent le destin romanesque de la jeune Elisabeth d’Autriche, vont faire de Romy, à 20 ans, une star internationale. Elle portera même longtemps Sissi comme un fardeau jusqu’à ce que Luchino Visconti, l’un de ses maîtres, lui propose de reprendre ce rôle dans Ludwig , loin des sucreries viennoises et plus proche de la réalité historique.

D’un film à l’autre, de Sissi à Elisabeth en passant par Romy, dont la vie et la personnalité ne sont pas sans échos avec celles de l’impératrice d’Autriche, confrontation de la légende et de la vérité avec, à l’appui, robes, affiches rares, images de tournage…

L’amour et la France

Alain Delon, qu’elle choisit pour partenaire dans Christine , sera pour elle deux fois l’instrument du destin. C’est en effet par amour pour lui qu’elle trouve l’énergie de quitter sa famille et l’Allemagne où l’attendait un quatrième Sissi, pour venir en France dont elle va faire son pays d’adoption.

La deuxième fois, c’est lorsque, après une éclipse qu’elle a tout à la fois choisie et subie, Alain Delon lui propose d’être sa partenaire dans La Piscine , sans se douter qu’il lui ouvre ainsi les portes d’une nouvelle carrière. La plus belle.

L’enfer

En 1964, Henri-George Clouzot, alors au sommet de sa gloire, propose à Romy Schneider un drame de la jalousie : L’enfer . Un budget illimité pour des essais technologiques et artistiques sans précédent, où Romy, en pleine liberté, est plus belle et plus troublante que jamais, mais un tournage semé d’embûches qui sera interrompu au bout de trois semaines !

Un espace à part dans l’exposition. Une alcôve consacrée à un film d’autant plus mythique qu’il est inachevé et que ses images, incroyables d’invention et d’audace, sont restées secrètes pendant plus de 45 ans…

Une escapade américaine et un nouveau rôle : épouse et mère

Bien sûr, le succès de Sissi attire sur elle l’attention d’Hollywood et des metteurs en scène américains. Si Romy fait de belles rencontres (Orson Welles, Otto Preminger et Clive Donner) et s’essaie à tous les genres, elle réalise vite qu’elle n’a pas grand chose à attendre de l’Amérique.

Sa rupture avec Delon l’éloigne de la France, son mariage avec Harry Meyen, metteur en scène de théâtre allemand, et la naissance de leur fils, David, la poussent à s’installer en Allemagne et, du coup, à s’éloigner un temps des plateaux de cinéma.

Une femme française

Lorsque Claude Sautet lui propose Les choses de la vie , avant même la sortie de La Piscine , ni Claude Sautet ni Romy Schneider ne se doute que chacun vient de rencontrer son alter ego. Le cinéaste a trouvé sa muse. L’actrice a trouvé son Pygmalion.

Grâce à lui, elle devient l’actrice préférée des Français et la femme française par excellence, moderne et émancipée, libre de ses désirs et de ses sentiments. Romy Schneider adoptera la nationalité française, marquant ainsi son profond attachement à notre pays et scellant à sa manière la réconciliation franco-allemande.

L’histoire et la mort en face

En cette fin des années 70, Romy enchaîne les films qui revisitent un chapitre douloureux de l’histoire contemporaine : Le Train, Le Vieux Fusil, Une Femme à sa fenêtre , Portrait de groupe avec dame et bien sûr La Passante du Sans Souci , qui sera son dernier film, et qu’elle a elle-même voulu et initié.

Malgré quelques grands bonheurs, notamment la naissance de Sarah, née de son mariage avec Daniel Biasini, les drames s’accumulent en effet dans sa vie : suicide de Harry Meyen, mort accidentelle de son fils David…

Le destin est impitoyable. Elle n’y survivra pas.

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