"Tempêtes, naufrages et sauvetages en mer 1850 - 1900"

Une exposition au musée Eugène Boudin en Normandie, pour le 150e anniversaire de la Société de Secours Mutuels et de Retraites des Marins de Honfleur
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Nichée dans un "écrin de verdure", Honfleur est un port au passé historique prestigieux. C’est une ville ancienne que les documents mentionnent dès le XIe siècle. Elle figure alors parmi les importantes bourgades du duché de Normandie.

En 1861 est créée, la Société de Secours Mutuels et de Retraites des Marins de Honfleur, devenue l’actuelle Société des Marins.

La ville et le musée Eugène Boudin s’associent cet été aux célébrations du 150e anniversaire de cette société en organisant une exposition d'œuvres du 11 juin au 3 octobre 2011, sur le thème de la tempête, du naufrage et du sauvetage dans la deuxième moitié du 19e siècle

Le temps des épopées maritimes

Aux XVIe et XVIIe siècles, Honfleur participe activement aux voyages de découverte entrepris. Les marins honfleurais sont alors parmi les meilleurs du royaume. Ils possèdent dans leur confrérie la relation rarissime du fameux Marco Polo.

En 1608, Samuel de Champlain monte une expédition qui aboutit à la fondation de Québec et de la "Nouvelle-France". Par le traité de Paris qui met fin à la Guerre de Sept Ans, la France perd le Canada : l’activité du port s’en ressent.

Le temps des peintres de mer apaisée

Les peintres, particulièrement sensibles à la lumière de l’estuaire, se promènent à Honfleur dès la fin du XVIIIe siècle. Mais c’est au début du XIXe qu’ils s’y rendent plus nombreux, sur les pas des artistes anglais aquarellistes et paysagistes de talent.

Eugène Boudin, né à Honfleur en 1824, est, autour des années 1860, un élément fédérateur entre les artistes plus âgés et les plus jeunes. Autour de lui et d’Alexandre Dubourg se forme un cercle artistique dont le lieu de rendez-vous est l’Auberge Saint-Siméon. Boudin y dessine au pastel ses célèbres ciels de l’estuaire, tant admirés par Baudelaire

A ce mouvement impressionniste qui peint une mer apaisée, succèdent les sujets teintés de mort qui reviennent en force avec l'éclosion du mouvement naturaliste.

Le temps des peintres de tempêtes en mer

Dans la seconde moitié du 18 siècle, les esprits éclairés recherchent les moyens rationnels de se préserver des effets de la tempête. Reconnaître le danger, en identifier la cause, c'est déjà maîtriser en partie la situation.

Les artistes, eux, multiplient les variations autour de la tempête : la foudre frappe le navire qui ne gouverne plus, la mer se rue sur les rochers… Ils s'inspirent désormais de faits-divers contemporains.

A chaque Salon, les marines de Théodore Jean Antoine Gudin (1802 - 1830), d'Eugène Isabey (1803-886) ou de Charles-Louis Mozin (1806-1862) rivalisent en naufrages d'une intensité dramatique considérable. L'homme devient le jeu des éléments déchaînés.

Sous le Second Empire, une série de naufrages frappe les esprits

L'année où est créée à Honfleur, en 1861, la Société de Secours Mutuels et de Retraites des Marins de Honfleur, une commission interministérielle de la Marine, des Finances et des Travaux Publics étudie les mesures à prendre pour établir un système général de sauvetage.

Contemporains de l'avènement de la république, les peintres des années 1880 affectionnent les sujets naturalistes. On s'intéresse aux humbles, et particulièrement au pêcheur, qui incarne les vertus républicaines de modestie, de courage, de fidélité familiale, mais aussi de piété.

La veuve, l'orphelin et le péri en mer occupent alors une place importante, en littérature comme en peinture. Artistes réputés ou modestes portraitistes de bateaux sont mis à contribution pour peindre des ex-voto.

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