Tous mécènes du Louvre : deux trésors du Caire à restaurer

Le musée du Louvre a entrepris de reconstituer deux chefs d'œuvre d'architecture égyptienne. Un appel aux dons est lancé aux particuliers.

Fort de la formidable mobilisation du public en novembre et décembre 2010 qui a permis de réunir en un mois 1 260 000 euros pour l’acquisition des Trois Grâces de Lucas Cranach, le Louvre fait de nouveau appel à la générosité du public.

Cette année le musée propose à tous de s’associer à la restauration de deux chefs-d’œuvre d’architecture égyptienne qui trouveront leur place dans le futur département des Arts de l’Islam.

Pour mener à bien ce projet dont le budget global s’élève à environ 1,2 million d’euros, le Louvre cherche à réunir 500 000 euros avant le 29 février 2012.

Deux trésors d’architecture égyptienne

La campagne concerne un monumental porche mamelouk datant du XVe siècle et un moucharabieh du XVIIIe siècle, délicate paroi de bois ajourée, surmonté de vitraux.

Spectaculaires par leur dimension et leur raffinement, ils n’ont jusqu’ici jamais pu être restaurés et exposés. Ces précieux témoignages architecturaux des riches demeures cairotes furent sauvés des grands travaux d’urbanisation du Caire au XIXe siècle. Ils ont chacun connu une étonnante aventure historique et scientifique.

Les nouvelles salles du département des Arts de l’Islam pour écrin

Le porche et le moucharabieh restaurés seront présentés dans la Cour Visconti, dès l’ouverture de ce nouvel espace dédié aux Arts de l’Islam à l’été 2012.

Ce chantier muséographique sans précédent depuis la construction de la Pyramide du Louvre mettra en valeur des collections largement méconnues, allant de l’Espagne à l’Inde et couvrant plus d’un millénaire (du VIIe au XIXe siècle).

Le Porche mamelouk, merveille du Caire médiéval

A l’origine membres d’une milice formée d’esclaves affranchis, au service des califes musulmans et de l’Empire ottoman, les Mamelouks régnèrent de 1250 à 1517, jusqu’à la prise de pouvoir par les Ottomans. Leur domination marque un âge d’or pour le Caire qui est alors une très grande ville et la plus importante du monde de l’Islam qui s’étend du Maroc à l’Inde.

En 1889, l’Exposition universelle à Paris accueille un projet spectaculaire : la reconstitution en plein Paris d’une "rue du Caire" idéale groupant "des maisons et des monuments de bon style". Portes, moucharabiehs, revêtements de faïence proviennent du Caire.

Le contraste avec la Tour Eiffel, construite non loin est saisissant. Le succès est énorme et laissera un souvenir durable.

Le moucharabieh, un témoignage du quotidien égyptien

Les maisons cairotes de la période ottomane présentaient généralement des vitraux en partie haute de murs percés de moucharabiehs. Ces "balcons fermés", généralement situés aux étages supérieurs des façades des riches habitations.

L’alliance d’ombre et de lumière permise par les façades de bois ajourées qui laissent circuler l’air en font en effet un excellent système de rafraîchissement où l’on peut se reposer ou observer sans être vu. Ils sont parfois surmontés de vitraux, ornés de motifs floraux que l’on trouve à la période ottomane, tels que les tulipes, les œillets et les iris ou encore le cyprès autour duquel s’enroule un églantier.

Il est rare aujourd’hui de trouver dans les musées un moucharabieh d’une telle dimension. Celui-ci, haut de 3 mètres est composé de cinq travées.

Les Français d’Egypte : des passionnés, déterminés à révéler la richesse des arts de l’Islam

De la campagne de Bonaparte et son cortège scientifique, à l’arrivée de l’obélisque place de la Concorde (1836) puis la percée du Canal de Suez (1859-1869), nombreux sont les moments historiques qui marquèrent la relation entre l’Egypte et la France au XIXe siècle.

L’Egypte est alors un pays tourné vers l’Europe, gouvernée par Ismaïl Pacha, vice-roi qui a pris le titre de Khédive. Prince parfaitement francophone, ce petit-fils du grand Mehmet Ali est pétri de culture européenne.

Lorsqu’Ismaïl Pacha décide de moderniser le Caire en procédant à une véritable haussmannisation du centre, de nombreux édifices historiques sont en péril. Une commission pour la préservation des monuments est alors créée, dont fait partie l’architecte Ambroise Baudry, membre de la communauté française installée au Caire.

Le nouveau département des Arts de l’Islam : un écrin pour une belle collection

Le porche mamelouk et le moucharabieh surmonté de ses vitraux prendront place au sein des futurs espaces consacrés aux Arts de l’Islam qui ouvriront leurs portes à l’été 2012. Une fois restaurés et assemblés, ils constitueront un ensemble unique par leur grâce et leur intérêt historique. Le porche mamelouk, monumental, sera un des points forts du parcours.

Le département des Arts de l’Islam s’étendra sur de nouveaux espaces de 3000 mètres carrés et accueillera plus de 18 000 pièces (dont 3500 déposées par les Arts décoratifs) ; une collection exceptionnelle, une des plus riches et des plus variées du monde, qui couvre une période particulièrement longue, du VIIe au XIXe siècle, et s’étend de l’Espagne à l’Inde.

Comment faire un don ?

Les visiteurs pourront effectuer un don par carte bancaire, chèque ou virement avant le 29 février 2012 :

- en ligne sur www.tousmecenes.fr ,

- à l’aide d’un bulletin à retirer au musée et à retourner par courrier.

Quel que soit le montant du don, 66 % de la somme viennent en réduction de l’impôt sur le revenu (dans la limite de 20 % du revenu imposable).

Source d’information

Site officiel du Louvre : http://www.louvre.fr/

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