"Traits Résistants": exposition sur la Résistance dans la B.D.

A Lyon, est présenté un regard particulièrement original et novateur, sur l'image de la Résistance dans la bande dessinée de 1944 à nos jours

Deux musées de France, le Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation (CHRD) à Lyon et le Musée de la Résistance nationale à Champigny-sur-Marne, s’associent pour présenter à Lyon jusqu’au 18 septembre 2011, une exposition sur la Résistance dans la bande dessinée.

Le visiteur découvre tout au long de l’exposition que la bande dessinée constitue un apport essentiel à l’écriture de l’Histoire. Certaines B.D. font désormais partie du patrimoine.

C’est le cas de l’œuvre de Calvo avec La Bête est morte !, parue en 1944 et 1945, dont le recueil des planches originales est montré dans son intégralité.

Présentation de l’exposition "Traits Résistants"

L’exposition présente plus de soixante ans de création artistique. Elle rend compte tout à la fois de la reconnaissance de cet objet particulier qu’est la bande dessinée et de l’importance réelle et symbolique de la Résistance dans les consciences et l’imaginaire collectif.

Un trait particulier des illustrés pour la jeunesse, permet de définir son Image : celle du maquisard, fier et courageux, surgissant de l’ombre. Icône choisie pour le visuel de l’exposition, une vignette de la série Le capitaine invisible , illustrée par Robert Rigot en 1945.

Parcours de l’exposition : lecture croisée entre des objets de collection et les auteurs de bande dessinée

L’exposition est présentée sur deux niveaux, au rez-de-chaussée et au sous-sol du musée. Elle est introduite par une frise chronologique monumentale croisant des visuels de couverture de bandes dessinées.

Surgis des planches et du passé, le casque du colonel Fabien, une lampe-tempête des pêcheurs de l’île de Sein, la sacoche récupérée sur le corps d'un officier nazi par un résistant allemand, plongent le visiteur au cœur de cette histoire qu’est la Résistance française.

La grande salle d’exposition temporaire permet ensuite de suivre l’évolution du traitement de la Résistance dans les bandes dessinées.

Les illustrateurs au service de la propagande : 1940 – automne 1944

Les bandes dessinées parues au moment de l’offensive allemande de mai 1940 offrent au jeune lecteur la vision héroïque du soldat luttant jusqu’à la mort pour défendre une position stratégique contre une armée supérieure en nombre.

La défaite que subit la France vient bouleverser durablement cette situation. À partir de janvier 1943, Le Téméraire développe en zone Nord les principaux thèmes du nazisme.

La Résistance utilise l’image fixe et animée pour convaincre les Français et les Alliés du bien-fondé de son combat. A partir de 1944, on assiste à la construction d’une image stéréotypée du résistant : un jeune homme dynamique portant un brassard et arborant fièrement sa mitraillette «sten».

La libération et la période de la reconstruction : automne 1944-1947

Les jeunes lisent des illustrés dont les noms évoquent des animaux (Goupil, Robin l’écureuil), le monde des aventuriers (Tarzan), celui de l’enfance ou des loisirs (OK !, Récréation, L’Astucieux).

Tous ont comme point commun d’évoquer la Résistance et développent une littérature de jeunesse héroïque célébrant le maquis et quelques héros, comme le colonel Fabien, le général Leclerc, de Gaulle ou Guy Môquet.

Moralisation de la jeunesse : 1947-1955

La loi du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse modifie les thèmes abordés dans la littérature de loisirs. Parmi les cibles de la "Commission de surveillance et de contrôle", figure le groupe de presse des Éditions Mondiales de Cino Del Duca.

Tarzan, le magazine phare de l’éditeur, est obligé d’interrompre sa parution en 1952 avant de disparaître définitivement en 1953.

Le temps des commémorations et des premières rééditions : 1955-1970

Le retour du général de Gaulle au pouvoir en 1958, l’inauguration le 18 juin 1960 du Mémorial de la France combattante au Mont-Valérien, amorcent un regain d’intérêt pour le sujet.

La commémoration du 20e anniversaire de la Libération avec le transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon et le discours de Malraux, l’édition d’un timbre célébrant l’appel du 18 juin, réactivent à leur tour dans les médias et dans les esprits les images des principaux acteurs de la guerre.

La construction d’une histoire didactique

La décennie 70 représente un tournant dans l’histoire de la bande dessinée : le festival international d’Angoulême est lancé, le musée des Beaux-Arts de la même ville rassemble et conserve des planches originales.

Les années 80, qui voient le développement des musées de la Résistance nés dans les années 60, consacrent le succès des grandes fresques sur l’histoire de France en bande dessinée.

La période du renouveau

Le discours prononcé par Jacques Chirac en juillet 1995 pour commémorer la rafle du Vel’d’Hiv' , marque un tournant avec la reconnaissance du rôle de l’État français dans la politique de collaboration et vient couronner une période de repentance amorcée les décennies précédentes.

Le succès de l’album de Pascal Croci "Auschwitz" confirme l’intérêt d’une lecture de la Seconde Guerre mondiale du point de vue des victimes et non plus des combattants.

Informations pratiques

  • Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation
  • Espace Berthelot - 14 avenue Berthelot - 69007 Lyon
  • 04 78 72 23 11

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