Une exposition d'art contemporain "Décor & installations"

Jusqu'au 15 avril 2012, une même présentation sur deux scènes : à la Galerie des Gobelins à Paris et à la Galerie nationale de la tapisserie à Beauvais.
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Cette événement relie la notion de décor à celle d’installation. Il restitue ainsi les créations des manufactures dans un contexte général, en rétablissant le rapprochement entre, d’une part les métiers d’art et la création et, d’autre part, le décoratif et l’art contemporain.

"Décor & installations" situe la production récente ou en cours, des manufactures des Gobelins, de Beauvais, de la Savonnerie, dans le champ élargi des techniques de l’art contemporain. Ainsi l’exposition rassemble des artistes de la scène française associés au Mobilier national par leurs réalisations.

Décors et installations d’artistes

Étymologiquement, le verbe "décorer" renvoie à différentes notions : orner et parer, mais aussi rehausser et honorer.

Le terme "installations" est utilisé, plus démocratiquement, pour désigner l’aménagement d’un appartement ou l’établissement d’une résidence. Dans l’art contemporain, il englobe les œuvres dont les éléments sont organisés dans un espace d’exposition. Il s’est substitué, d’une certaine façon, à celui de décor, non sans entraîner la multiplication des pièces mobilières.

Présentation de l’exposition

Une scénographie subtile, imaginée par le designer Frédéric Ruyant, repose "sur la mise en place d’un réseau de bandes textiles utilisé et réalisé sous la forme d’un maillage", lien métaphorique entre les œuvres, dont certaines ont été spécialement conçues pour cet événement.

Sur les deux sites, que sont la Galerie des Gobelins à Paris, et la Galerie nationale de la tapisserie à Beauvais, 31 artistes de la scène française ont été répartis en raison de leur affinité.

Ils figurent dans l’exposition, sous la forme d’installations, qu’ils ont pour la plupart conçues en assemblant tapis, tapisseries et dentelles des manufactures nationales, ou meubles du Mobilier national, à des œuvres provenant principalement de leurs ateliers, de collections privées et publiques , ou ayant été réalisées pour l’exposition dans le cadre de productions spécifiques.

La Manufacture des Gobelins

Depuis 1662, année où Colbert décide de regrouper en un même lieu les ateliers parisiens de tissage de tapisseries, notamment ceux du Faubourg Saint-Marcel créés par Henri IV et ceux installés à Maincy par Fouquet, la Manufacture des Gobelins n’a cessé de jouer un rôle très important dans l’histoire de la tapisserie.

Son nom vient de la famille Gobelin installée dès le milieu du XVe siècle sur les bords de la Bièvre au faubourg Saint-Marcel.

La haute lisse y est exclusivement utilisée depuis 1826 (avant cette date, les Gobelins pratiquaient aussi la basse lisse). Cette technique se caractérise par l’emploi d’un métier vertical composé de deux ensouples mobiles disposées parallèlement et supportées par deux montants.

Projection sur la façade latérale de la Galerie des Gobelins.

Douze projecteurs LED, technologie de la lumière la plus récente, sont réglés à partir d’un programme qui entraîne le déplacement de rayons colorés sur la façade.

La façade de couleur verte se voit petit à petit devenir magenta dans un mouvement de droite à gauche, lorsque les deux lumières colorées complémentaires se touchent il y a la création d’un blanc rosé. Lorsque la façade est alors magenta c’est le vert qui revient dans un balayage de droite à gauche. Le mouvement est incessant.

La Galerie des Gobelins

Au carrefour de la création et des métiers d’art, la manufacture des Gobelins, comme l’ancien Garde-meuble de la Couronne, a disposé dès l’Ancien Régime d’espaces d’exposition ouverts au public destinés à présenter ses collections.

De 1922 à 1939, seize expositions s’y succèdent. Ralenties pendant la guerre, les expositions s’arrêtent en 1972 lors de la fermeture de la Galerie. Après plus de 30 années de fermeture, la Galerie des Gobelins est réouverte en mai 2007.

Elle confirme aujourd’hui sa vocation d’espace d’exposition pour y faire découvrir les chefs-d’œuvre des manufactures des Gobelins, de Beauvais et de la Savonnerie ainsi que les pièces exceptionnelles des collections du Mobilier national.

La Galerie nationale de la tapisserie de Beauvais

Pour prolonger l’histoire de la manufacture, André Malraux décide en 1964 la création de la Galerie nationale de la tapisserie qui sera inaugurée en 1976.

Construit sur les contreforts des remparts gallo-romains, le bâtiment comporte une grande galerie destinée aux expositions, un atelier de démonstration, des métiers de basse lisse, et un auditorium. La Galerie, depuis son ouverture, a présenté de nombreuses expositions de tapisseries anciennes ou contemporaines ainsi que du mobilier et des textiles appartenant aux collections du Mobilier national.

La manufacture de tapis de la Savonnerie

Dès le début du XVIIe siècle, le roi Henri IV engagea un ambitieux programme de développement des manufactures et introduisit en France la fabrication des tapis "à la façon du Levant" afin d’empêcher les achats de produits manufacturés à l’étranger.

Les ateliers, d’abord installés dans les galeries du Louvre, se développèrent sous Louis XIII au pied de la colline de Chaillot, dans une ancienne fabrique de savons. En 1825 par ordonnance du 4 mars, la manufacture royale de la Savonnerie est rattachée à celle des Gobelins.

Informations Pratiques

  • Galerie des Gobelins
  • 42 avenue des Gobelins - 75 013 Paris
  • Tél. : 01 44 08 53 49
  • Galerie nationale de la tapisserie de Beauvais
  • 22 rue Saint-Pierre - 60 000 Beauvais (Oise)
  • Tél. : 03 44 15 39 10

Source d’information

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