Une exposition envoûtante : "Sorcières, Mythes et réalités"

Diables et démons ont établi leur demeure dans la capitale, à l'Adresse Musée de La Poste, jusqu'au 31 mars 2012

La sorcellerie n’est pas une relique du passé. Si les pratiques magiques, dont la sorcellerie n’est qu’un des aspects, existent depuis "la nuit des temps", elles n’ont pas disparu et traversent les siècles, insensibles au progrès des sciences.

Elles se greffent sur des croyances populaires millénaires immuables, transmises par tradition orale. Les mythes et le sentiment religieux ont donc la vie dure. L’ambition de l’exposition Sorcières est d’expliquer ce fait social dans sa continuité.

Installé depuis 1973 à Montparnasse, l’Adresse Musée de La Poste est un lieu de présentation, de conservation et de diffusion du patrimoine postal.

Le parcours de l'exposition

L’originalité de la présentation réside dans le rapprochement des regards, celui des artistes, des observateurs du passé et du temps présent. L’exposition s’articule en deux parties.

La première partie est consacrée à l’imaginaire de la sorcellerie à travers les œuvres d’artistes picturaux du XVIIème au XXème siècle, de David Téniers (1610-1685) et Léonard Bramer (1596-1674) à Jean Aujame (1905-1965) en passant par les peintres du XIXème siècle.

La seconde partie de l’exposition est consacrée aux pratiques magiques. L’essentiel des pièces qui y sont présentées ont été recueillies par des ethnographes travaillant sur le sujet. Dans l’espace vidéo est diffusé un extrait du film muet du Danois Benjamin Christensen Heksen (ou Häxan ) réalisé en 1920.

L’imaginaire de la sorcellerie

Si les artistes modernes ont produit des œuvres sorties de leur imagination, leurs aînés avaient le sentiment de représenter des scènes réalistes. Ainsi la réunion nocturne des sorciers que tout le monde, ou presque, considérait comme un fait réel.

Dans cet espace figurent également celles qui étaient apparentées à des sorcières : hystériques et devineresses. Car sous le règne de Louis XIII, celles qui lisaient dans l’avenir étaient poursuivies et condamnées au même titre que les sorcières. Quant aux femmes énervées, elles étaient réputées possédées par le démon à une époque où l’existence d’un inconscient n’avait pas été révélée.

Dans la continuité des représentations, on trouvera les affiches de films réalisés sur le thème de la sorcellerie, lesquels témoignent de l’intérêt d’un public cinéphile pour les productions fantastiques.

On entre ensuite dans l’espace historique où l’on est instruit des procès qui conduisirent de nombreux accusés sur le bûcher.

Les pratiques magiques

Les sorcières d’aujourd’hui ne sont plus inquiétées car elles ne mettent plus en péril l’ordre social. Il n’y a plus de démonologues, mais des pouvoirs publics qui poursuivent les adeptes du satanisme. L’opinion courante réduit la sorcellerie à des pratiques d’envoûtement, de conjuration et d’exorcisme.

La religion est très présente. Dans les cas de maléfices ou de possession, le prêtre est sollicité pour exorciser les êtres et les lieux. Dans le quotidien, on invoque les saints pour guérir de ses maux ou attirer leurs faveurs. Les reliquaires de saints répondent aux souhaits de leur possesseur.

Si le sorcier a reçu un don, transmis par un ascendant, il lui faut aussi posséder des livres de recettes. Ce sont les grimoires tels que le Grand Albert et le Petit Albert, véritables manuels de médecine populaire qui contiennent des recettes de charmes et de sortilèges.

On utilisait ainsi des plantes dont bon nombre étaient narcotiques, stupéfiantes ou hallucinogènes comme la belladone, la jusquiame, le datura ou le redoutable ergot du seigle qui, utilisé comme abortif, pouvait engendrer la gangrène et entraîner la mort. Les minéraux ont aussi leurs vertus. Les pierres dites pierres à venin qui ressemblent à la peau du serpent peuvent servir à guérir les parties malades par application.

Renseignements pratiques

  • L'Adresse Musée de La Poste
  • 34 boulevard de Vaugirard – 75731 Paris 15e
  • Tél. : 01 42 79 24 24
  • Réservation.dnmp@laposte.fr

Sources d’informations

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