Une exposition historique : "Raphaël, les dernières années"

Du 11 octobre 2012 au 14 janvier 2013, le musée du Louvre réunit les œuvres réalisées par Raphaël à Rome durant les dernières années de sa courte vie.
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Les sept dernières années de la vie de Raphaël (1483-1520) voient la réalisation des œuvres qui vont le plus profondément influencer l’art européen. Cette période, qui est celle de son plein épanouissement stylistique, constitue le sommet de la Renaissance italienne

L’importance de l’atelier, le rôle déterminant de ses principaux assistants, Giulio Romano et Gian Francesco Penni, sont au cœur des questions posées par l’exposition, la première à s’intéresser exclusivement à la fin de la carrière de l’artiste.

Grâce à une confrontation inédite des œuvres du maître et de celles de ses élèves, l’exposition facilite la compréhension de l’intervention de Raphaël envers ses disciples.

Présentation de l’exposition : "Raphaël, les dernières années"

A l’exception de celle présentée à Mantoue et Vienne en 1999 qui était axée essentiellement sur l’œuvre graphique, les dernières expositions consacrées à Raphaël se sont toutes intéressées à ses années de jeunesse.

Aujourd’hui, les musées du Louvre et du Prado, qui possèdent ensemble l’essentiel des tableaux de Raphaël et de son atelier réalisés à l’époque de la maturité de l’artiste, proposent donc de faire le point sur cette période capitale de sa production artistique.

L’introduction rappelle brièvement les débuts de Raphaël à Florence, autour de l’emblématique Belle Jardinière (Paris, musée du Louvre), avant son arrivée à Rome en 1508. Les six sections construisent ensuite un parcours thématique qui explore l’ensemble des grandes réalisations de l’artiste et l’émergence sur la scène artistique de ses deux élèves préférés.

Raphaël à Rome

Le sujet de l’exposition débute en 1513, alors que Raphaël travaille depuis cinq ans à Rome, principalement aux décors des Chambres du palais du Vatican. Il côtoie, entre autres, Michel-Ange, en charge de la Chapelle Sixtine et le Vénitien Sebastiano del Piombo.

Engagée dans de grands travaux de reconstruction et d’embellissement, la ville papale est alors le principal centre artistique d’Italie. La Renaissance connaît, un véritable âge d’or, bénéficiant de la présence simultanée des peintres, sculpteurs et architectes les plus éminents de la péninsule.

Raphaël, tout juste trente ans en 1513, ne se contente pas de peindre des tableaux de chevalet. Il travaille à la conception et à la réalisation de fresques au Vatican, mais également à la Villa Farnésine ; il dessine des cartons pour la réalisation des tapisseries de la Chapelle Sixtine ; il reprend, après la mort de Bramante en 1514, le chantier de la reconstruction de la Basilique Saint-Pierre ; il se trouve chargé du relevé des monuments de la Rome antique dans un but conservatoire, etc.

Raphaël atteint dans l’ultime phase de sa carrière la parfaite maîtrise de son art, fondée sur un sens inné de l’équilibre

L’artiste a le don de l’image harmonieuse, même si derrière cette aisance et cette simplicité apparentes se cachent des études approfondies de chaque détail et un important travail de recomposition

Bien qu’une grande partie des œuvres les plus célèbres réalisées par Raphaël au cours de cette période soit composée de fresques, les retables, les tableaux de dévotion privée représentant essentiellement la Sainte Famille ou la Vierge à l’Enfant, et les portraits, tous réalisés entre 1513 et 1520, sont de la plus grande importance historique et artistique.

L’impression laissée par les Madones de Raphaël, dont la douceur et l’élégance ont tant séduit la postérité, a sans doute contribué à faire oublier qu’il a révolutionné l’art du portrait, en explorant le premier des possibilités jusque-là délaissées par ses contemporains.

Suite à l’augmentation des commandes passées, Raphaël se voit contraint de recruter un grand nombre d’assistants

Le succès considérable de Raphaël l’empêche de faire face seul à toutes les commandes qu’il reçoit. Il met en place, durant les dernières années, un système particulièrement efficace, qui sert de modèle aux grands ateliers du XVIIe siècle : le travail collaboratif.

Raphaël invente les compositions, Penni se charge de les mettre au propre, raison pour laquelle il est souvent fait mention de lui comme du fattore, c’est-à-dire le "recopieur", et les élèves réalisent les cartons.

Le maître intervient de nouveau au moment de l’exécution picturale mais c’est régulièrement Giulio Romano qui l’assiste, voire le remplace pour les commandes les plus prestigieuses.

Dans l’ombre du maître : Giulio Romano et Gian Francesco Penni

Deux artistes se distinguent parmi les collaborateurs de Raphaël : dans les œuvres rassemblées à l’occasion de cette exposition, ce sont les tableaux de dévotion privée qui permettent le mieux d’identifier et d’apprécier les contributions personnelles de Giulio Romano et Gian Francesco Penni.

Giulio fait preuve de personnalité, apportant progressivement des aspects de sa propre esthétique dans l’œuvre de Raphaël. Il est son principal collaborateur, le plus polyvalent et le plus ambitieux.

La figure artistique de Gian Francesco est, en revanche, moins évidente. S’il existe un consensus autour de ses dessins, son œuvre picturale semble aujourd’hui lentement sortir de l’ombre et l’exposition permet de l’éclairer d’une façon nouvelle.

Renseignements pratiques

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Culture