Une exposition originale "Fort Boyard, les aventures d'une star"

Jusqu'au 21 mai 2013, le musée national de la Marine de Rochefort vous invite à découvrir les vies successives du fort maritime le plus célèbre de France.

Tout commence par un banc de sable, entre les îles d’Aix et d’Oléron. Un spécialiste hollandais, Jacob Wagenaer, le cartographie pour la première fois en 1583 et inscrit dans sa langue ban iaert , "banc de sable" à cet endroit. C’est l’origine du mot Boyard.

Vaisseau de pierre à la forme immédiatement reconnaissable, le fort Boyard semble surgir de nulle part au milieu de l’océan. C’est aujourd’hui l’un des plus célèbres monuments de France.

L’exceptionnel succès d’un jeu télévisé dont la popularité ne se dément pas depuis 22 ans en est la cause. Mais ce succès lui-même tient à la force particulière d’un monument dont l’histoire, la forme, l’atmosphère sont sans pareils.

La scénographie attrayante met en scène des objets historiques et des œuvres inédites

  • des documents d’époque, des lettres et des rapports
  • des plans et élévations
  • des maquettes du fort, de gabarre et de machines utilisées pour la construction
  • des dessins aquarellés
  • des cartes postales
  • des extraits de films et de documentaires

1666-1801 : Boyard avant le fort

En 1666, Louis XIV fonde à Rochefort son grand arsenal du Ponant, qu’il s’agit de protéger. Entre les deux îles, la passe mesure près de 6 kilomètres, bien plus que ne peuvent couvrir les canons du 17e siècle, dont la portée utile n’excède pas 1200 mètres.

Le banc de Boyard semble idéalement placé, mais le coût et la complexité des travaux font reculer le Roi. En 1692, le Capitaine de vaisseau Descombes propose d’installer des chaloupes canonnières à demeure dans la passe.

En 1763, l’ingénieur Filley pousse assez loin un projet de fort rectangulaire sur le banc de sable de Boyard, et des sondages sont réalisés, mais l’affaire en reste là.

1803-1809 : construire sur du sable, un défi colossal

Le 9 mai 1801, Bonaparte, Premier Consul, charge une Commission de se pencher sur la protection de la rade de l’île d’Aix. Deux ans plus tard, l’ingénieur Feregeau, directeur des Travaux Maritimes, remet son projet. Il s’agit d’édifier sur le sable, au milieu de la passe, un fort massif à deux niveaux, en forme d’anneau, de 80 mètres de long sur 40 mètres de large.

Un formidable chantier s’engage alors sur l’île d’Oléron. Une ville-base, logiquement baptisée Boyardville, est créée de toutes pièces. Matériaux et ouvriers affluent, des carrières sont ouvertes, des marchés sont passés. Pendant cinq ans, à chaque marée basse, des bateaux de travail, les gabarres, déversent des milliers de mètres cubes de roches sur le banc de sable.

En 1809, la menace anglaise et la déroute de l’escadre française en rade de l’île d’Aix lors de l’affaire des brûlots entraîne la suspension des travaux.

1837-1866 : construire sur du sable, l’aventure continue,

De 1809 à 1837, l’enrochement de Boyard est abandonné à la houle. Après 30 ans de paix avec l’Angleterre, la politique extérieure de Louis-Philippe ravive les tensions et dès 1837, des sondages sont réalisés. La reprise des travaux est décidée, avec des méthodes nouvelles.

Les travaux démarrent en 1841 et malgré les attaques de la mer, la base est achevée en 1848. La construction du fort démarre dès l’année suivante et s’achève 10 ans plus tard, en 1859. La violence des vagues et les difficultés d’accostage obligent à mettre en place un havre d’abordage et un brise-lame.

L’ensemble est achevé en 1866. Or ces années 1860 sont précisément celles de la mise au point de l‘artillerie rayée. La portée des canons approche les 5 kilomètres et les batteries d’Aix et d’Oléron couvrent largement la passe. Boyard se retrouve inutile au moment même de son achèvement.

1866-1962 : le fort inutile

Rendu obsolète par les progrès de l’artillerie, Boyard ne reçoit qu’une partie de son armement. Après l’écrasement de la Commune de Paris en mai 1871, Boyard sert de prison pour plus de 800 insurgés. Un an plus tard, tous ont été libérés, transférés dans d’autres prisons ou déportés au bagne de Nouvelle-Calédonie.

Abandonné à lui-même, sans aucun entretien, Boyard devient le paradis des goélands et prend les allures d’un colosse romantique.

En 1950 Boyard commence à être perçu comme un élément de patrimoine : il est inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques. Mais il reste à l’abandon, jusqu’à sa vente aux enchères en 1962.

1962-2012 : de la ruine à la gloire

La vente du fort à un particulier ouvre la voie à toutes les spéculations. En 1979, le fort, qui continue de se dégrader, est de nouveau en vente.

En 1981, Antenne 2 tourne l’un des premiers épisodes du jeu à succès La chasse au trésor. L’animateur vedette Philippe de Dieuleveult y saute de son hélicoptère. L’émission est produite par Jacques Antoine, qui achète le fort avec le soutien du Conseil Général de Charente-Maritime.

D’importants travaux sont menés pour transformer le fort en studio de tournage et la première émission des Clés de fort Boyard est diffusée sur Antenne 2 en 1990. Le succès est immédiat.

Renseignement pratiques

  • Musée national de la Marine à Rochefort
  • Hôtel de Cheusses - 1, place de La Gallissonnière
  • 17300 Rochefort
  • Tél. : 05 46 99 86 57
  • Courriel : rochefort@musee-marine.fr
  • Site officiel : http://www.musee-marine.fr/rochefort.html

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