Une exposition surprenante "Trompe-l'œil, imitations, pastiches"

Du 2 février 2012 au 15 novembre 2013, la galerie d'études des Arts Décoratifs présente divers objets de ses collections relatifs à la "tromperie des yeux".

La galerie d’études des Arts Décoratifs à Paris, invite le visiteur à une lecture transversale des collections, elle privilégie d’autres approches que celle du parcours chronologique : technologique, fonctionnelle ou sociologique déployé sur deux niveaux, soit 12 salles. Cette galerie propose d’aborder un sujet tous les 18 mois.

Le thème choisi est illustré par des objets rarement ou jamais montrés, exclusivement issus des collections des arts décoratifs. Actuellement l’exposition propose le trompe-œil. Ce mot est invariable (au pluriel : des trompe l’œil), il désigne une peinture qui donne l’illusion de la réalité, par une technique rendant l’objet avec une apparence de relief.

Le vrai ”trompe-l’œil“ reste essentiellement une œuvre d’art plastique. Il doit mystifier les yeux, leur faire croire que les objets peints sur une surface sont en fait réels.

L’art du trompe-œil est une illusion parfaite connue et pratiquée depuis l’antiquité.

Le trompe-l’œil est, comme son nom l’indique, destiné à tromper l’œil. Le récit le plus ancien qui marque le début du trompe-l’œil est celui de Pline l’Ancien qui rapporte dans son Histoire naturelle comment un tableau représentant des raisins d’une façon si parfaite que des oiseaux vinrent voleter autour.

Toutes les périodes vont s’y intéresser, la Renaissance et le Maniérisme vont amplifier ce phénomène avant que la période Baroque n’en fasse un genre à part entière. La virtuosité atteint alors son comble et cette illusion doit alors beaucoup aux techniques de la perspective et du clair-obscur.

Au-delà du trompe-l’œil, les jeux fondés sur les mécanismes de la vision, effets d’optique et illusions visuelles sont tout autant utilisés par les créateurs pour troubler la perception du réel. La mode, plus que tout autre domaine, assume et revendique le théâtre des illusions les plus folles. Du XVIIIe au XIXe siècle, perruques, tournures, faux-cul sont autant là pour tromper que pour sublimer le corps et le vêtement.

Imitation, pastiche ou illusions d’optique

Traditionnellement décoratif cet art recouvre différentes réalités : il s’applique aussi bien à l’imitation de la matière : faux marbre, faux bois ou fausses pierres qu’à l’imitation du relief : fausses moulures ou fausses sculptures. C’est en quelque sorte l’art du faux : par sa minutie, il s’apparente à l’hyper-réalisme.

Elle s’applique autant à l’objet (céramique, orfèvrerie, papier-peint, bijou…) qu’à la mode ou à l’affiche. Cette tromperie concerne autant la matière, la technique, le sujet que l’usage. On observe par exemple, que de nombreuses matières vont être imitées par d’autres : la céramique imite le jaspe, les roches rares, le porphyre ou l’or ; le linoléum, le plancher ; le strass, le diamant ; la broderie, le bijou…

Le papier-peint sera le support idéal de cette forme d’expression. Capable de toutes les illusions, il reproduit tous les matériaux, du plus modeste au plus somptueux : bois, laque, faïence, paille, velours ciselé. Il peut même se substituer à une huile sur toile et à son encadrement de bois doré.

Le décor peint concerne toutes les techniques de la fresque et de l’ornementation : enduits décoratifs, tadelakt (enduit de chaux et de pigments naturels), badigeon à la chaux, glacis et patines, bétons colorés, plâtre coloré, peintures décoratives..

Présentation de l’exposition

Comme un jeu de piste à travers les siècles et les matières, c’est au grand jeu de l’illusion que le visiteur est convié par cette présentation.

Réunis en douze thèmes près de 400 objets, jamais ou rarement montrés se font écho et témoignent des inventions techniques et artistiques. De "Ombre et lumière" à "Une matière peut en cacher une autre" en passant par "Optique hypnotique" ou l’évocation d’une vraie fausse Period Room (1), le visiteur aura les clefs pour découvrir les artifices du trompe-l’œil et de l’imitation.

L’objet trompe sur sa matière comme il peut tromper sur sa fonction. En jouant avec les styles et les références, l’objet trompe aussi sur son époque. Les effets d’optique ont, de tout temps, suscité l’intérêt des créateurs. Des artifices vont chercher à créer l’illusion : mouvement, savants pliages, collage, jeux linéaires…

(1) Une period room présente, dans un espace muséal, un décor composé d’éléments authentiques qui tente d’évoquer un espace intérieur censé illustrer une époque précise, dans une culture donnée.

Renseignements pratiques

Sources d’informations

  • Les Arts Décoratifs : site officiel
  • Le Musée-Atelier du Trompe-l’œil et du Décor Peint : site
  • Université de Neuchâtel : séminaire de l’Ecole du Louvre 2010

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