"Warai" : l'humour dans l'art japonais

La Maison de la culture du Japon à Paris fête son 15e anniversaire avec une programmation placée sous le signe du rire, jusqu'au 15 décembre 2012.

Au Japon, il existe une culture du rire comme en témoigne la centaine d’œuvres de l’exposition "Warai. L’humour dans l'art japonais. De la préhistoire au XIXe siècle".

Les pièces présentées permettent de découvrir cet humour sous toutes ses facettes : des expositions surprenantes, des concerts loufoques, des spectacles comiques traditionnels, du théâtre underground déjanté, des performances festives de danse butô , un cycle de comédies, des conférences, des ateliers, etc.

De la préhistoire au seuil de l’ère moderne, avec un accent particulier mis sur l’époque Edo (1603-1868), figurines préhistoriques, rouleaux peints, estampes, images populaires, peintures zen, sculptures bouddhiques…, invitent à explorer les diverses métamorphoses de la notion de warai – traduite par "rire" le plus souvent, mais également par "sourire" – dans les arts de l’Archipel.

Regards sur les animaux et les humains

Dès la fin du XIIe siècle, les artistes japonais essaient de créer des effets comiques en donnant des expressions humaines aux animaux.

Ce procédé est plus tard repris par de nombreux peintres qui, dotés d’un sens aigu de l’observation, ont laissé des œuvres animalières pleines d’humour, à la technique incomparable. Derrière l’aspect cocasse ou charmant de ces bêtes se cache l’expression d’une critique de la société et du pouvoir.

L’animal rend possible le renversement des hiérarchies, la mise en cause des conventions, l’expression du ridicule des comportements humains.

Dieux et bouddhas rieurs

L’introduction du bouddhisme au Japon au VIe siècle s’accompagne de celle de l’art chinois. Réaliste et austère à ses débuts, l’art bouddhique de l’Archipel va prendre une tournure plus "japonaise" au fil des siècles.

Ce processus donne naissance à des représentations de saints hommes ou d’illustres poètes chinois au visage souriant qui exaltent les valeurs de la dérision. Du Moyen Âge à l’époque moderne sont réalisées une profusion d’œuvres riches d’éléments narratifs, au style plus populaire.

Héritières de cette tradition picturale, les Ôtsu-e i étaient vendues comme souvenirs aux voyageurs dès le XVIIe siècle.

Les images d’Ôtsu

Un type d’œuvres de grande consommation ressortissant à la "religion populaire" amplement représenté, résume à lui seul les formes et les usages du rire dans l’imagerie issue du bouddhisme ou des religions locales : ce sont les Ôtsu-e , "Images d’Ôtsu", du nom d’une petite ville située près de Kyôto sur la route du Tôkaidô.

Ces peintures naïves, de fabrication rapide, connurent une immense faveur et devinrent rapidement l’une des spécialités de la ville-étape. L’un des types iconographiques récurrents représente un démon vêtu en moine itinérant en quête d’aumônes, avec sa robe noire et son grand chapeau récitant le nom du bouddha Amida .

Programme des festivités pour les enfants

  • Parcours "Paris Mômes" à télécharger en cliquant ICI

Renseignements pratiques

  • Maison de la culture du Japon
  • 101bis, quai Branly 75015 Paris
  • M° Bir-Hakeim / RER Champ de Mars
  • Tél. 01 44 37 95 00 / 01
  • http://www.mcjp.fr/

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