Affaire DSK, gestion des risques professionnels ou affaire privée

L'affaire DSK est un cas de gestion des risques psychosociaux transformée en une affaire privée entre le client, Dominique Strauss-Kahn, et la salariée.

Les affaires de prévention et de gestion des risques psychosociaux et du stress au travail sont souvent assimilés à des affaires privées. Dans ces cas, le salarié se retrouve isolé et sans soutien psychosocial. Le premier piège, dans la gestion des risques professionnels au travail, consiste à transformer une affaire qui se déroule sur le lieu du travail, en une affaire privée. Ce qui est le cas dans l'affaire DSK.

affaire DSK est considérée comme une affaire privée

Le 1er juillet 2011, Dominique Strauss-Kahn est libéré sur parole. Le procureur Cyril Vance avance les nombreux mensonges de la plaignante, sur son passé et sur ses actions après l'agression, comme justifiant cette libération. Seul l'avocat de la plaignante, Kenneth Thompson martèle que sa cliente a tout de même été agressée et énumère les détails sordides de l'agression sexuelle présumée. Pourtant, l'affaire se dirige de plus en plus, vers un affrontement de deux paroles ; de deux crédibilités. C'est la parole de la salariée, contre celle du client ; celle d'un agent d'entretien contre celle du directeur du FMI, celle d'une femme âgée de 32 ans contre celle d'un homme âgé de 62 ans, celle d'une immigrée contre celle d'un membre de l'establishment international.

L'affrontement de David contre Goliath

Les camps s'affrontent par médias interposés, à savoir qui est le plus crédible. Une jeune femme de 32 ans qui a menti sur les détails d'un viol collectif qu'elle a subi, ou un homme de 62 ans qui a déjà été accusé, par les rumeurs et les on-dit, de gestes déplacés, de tentative de viol et d'agressions. Une femme immigrée qui ne maîtrise pas les usages sociaux de son pays d'accueil, les Etats-Unis, ni la langue semble-t-il, ou un homme qui maîtrise plusieurs langues, dont l'anglais, et les usages internationaux. Une femme dont le l'espace de travail est les chambres de l'hôtel Sofitel de New York, ou le directeur du FMI, lors des faits, dont l'espace de travail est l'espace économique mondial. Une employée dont la compétence reconnue est de faire des chambres ou un homme politique, avocat, professeur dont la compétence reconnue est de savoir manier le verbe, utiliser les arguments qui feront mouche et convaincre.

Cet affrontement réduit les deux protagonistes à deux individus particuliers, défendus en fonction de leurs caractéristiques personnelles. Dans cet affrontement, le travail, lieu de l'agression a disparu, personne n'en parle comme d'un élément crucial dans l'affaire. Et pourtant...

La justice est condamnée à ignorer la vérité et à rechercher la vraisemblance

Le procureur Cyril Vance, les avocats de DSK, les avocats de la femme de ménage, les médias, les associations de défense de l'un ou de l'autre, chacun observe et analyse cette affaire comme une affaire privée, en essayant de savoir qui dit vrai, sur ce qui s'est passé dans cette chambre. Comme les deux protagonistes étaient seuls dans cette suite, il y des chances que l'on ne le sache jamais exactement. La justice américaine recherche celui des deux qui a le plus de crédibilité. La crédibilité semble donc devoir déterminer l'issue de l'affaire. La justice est réduite à une question de parole. Compte tenu des forces en présence et des caractéristiques de chacun, l'issue est inévitable.

Il existe une façon de traiter cette affaire qui est de s'appuyer sur le droit du travail et de se concentrer sur les faits établis. Une femme de chambre dit avoir été agressée dans le cadre de son travail par un client de l'hôtel. C'est donc a priori un cas d'agression sexuelle au travail.

Sur la libération sur parole du client et les mensonges de la plaignante

Présidentielle : libéré, DSK pourrait-il revenir dans la course ?

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