Méthode anti stress pour être zen face à la peur et à l'angoisse

La souffrance et le stress au travail peuvent s'analyser comme le résultat de l'anxiété. Quelques stratégies pour lutter contre et trouver son calme
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Dans son ouvrage Finding Serenity in the Age of Anxiety , Robert Gerzon, psyhothérapeute, écrivain et conférencier américain, nous propose une façon d'aborder l'anxiété, le stress et la peur. Selon lui, l'anxiété est à la fois bonne et mauvaise en fonction de la manière dont on lui fait face.

Les trois formes possibles de l'anxiété

L'anxiété peut se présenter sous trois formes: l'anxiété naturelle qui nous permet de faire face à nos peurs et de mettre en place des réponses correctes et efficaces ; l'anxiété toxique, généralement chronique, qui recouvre les troubles anxieux, habituellement traités ou abordés en psychothérapie ; et l'anxiété sacrée, qui, quant à elle, a une dimension plus existentielle et recouvre toutes les peurs liées à l'existence.

Les types de réactions face à l'anxiété

L'anxiété étant liée à la vie, chacun développe un ou plusieurs modes pour s'adapter et réguler son niveau. Robert Gerzon définit six types de réactions. Chacun de ces types a des avantages et des inconvénients. Trois types ont tendance à diriger l'anxiété sur les autres et le monde extérieur, ce qui les amène à:

  • externaliser l'anxiété en agissant sur le monde extérieur, par la violence et le conflit si besoin
  • contrôler son environnement, le planifier
  • aider les autres

  • s'inquiéter exagérément
  • se distraire et faire comme si les peurs n'existaient pas
  • internaliser l'anxiété en agissant sur soi et se dévalorisant, par exemple

Faire face à l'anxiété

La meilleure façon de traiter l'anxiété pour lui est de lui faire face et de comprendre son message. L'anxiété naturelle permet de faire face aux peurs quotidiennes, la peur de la maladie, de l'accident de la violence ou des agressions des autres, etc. L'anxiété naturelle se transforme en anxiété sacrée, lorsqu'elle reconnaît quelle est la conséquence d'une situation plus effrayante: la peur de la mort et du néant. Quand ces deux anxiétés ne sont pas abordées, elles produisent l'anxiété toxique qui permet de déplacer le curseur sur des événements et des objets moins atterrants que l'inéluctabilité de la mort et du néant.

Contrôler l'anxiété toxique

Il propose différentes manières de diminuer notre anxiété toxique. Elles consistent :

  • à redécouvrir notre corps qui dépend de mécanismes biologiques hors de notre contrôle et à utiliser les techniques corporelles telles que la respiration et la méditation pour contrôler les manifestations de l'anxiété.
  • à développer son intelligence émotionnelle, utiliser son dialogue intérieur, sortir de sa zone de confort et connaître les avantages et les inconvénients de son mode de réaction privilégiée.
  • à accepter les lois de l'existence , pour les intégrer à nos comportements et nos choix, et trouver la sérénité, au lieu de les fuir et d'entretenir ainsi notre anxiété toxique.

L'anxiété des relations humaines comme outil de développement personnel

Parce qu'elles nous font osciller entre la fusion et la séparation, les relations humaines et l'anxiété sont intimement liées. L'anxiété nous empêche d'avoir des relations riches et épanouissantes en famille, en couple, au travail et ailleurs. Utiliser l'anxiété générée par nos relations, comme moyen de travailler nos différentes peurs, permet aux relations de devenir un outil privilégié de développement personnel.

Un monde d'anxiété symbole d'une possible prise de conscience

Au XXIe siècle, dans notre ère de richesse, de prospérité et de paix mondiale, les signes d'anxiété sont légion. Les décisions basées sur les progrès de la science, la technologie, la démocratie et le capitalisme n'ont pas abouti à générer un monde meilleur pour le plus grand nombre, mais à la pollution, des menaces de réchauffement climatique, des peuples en guerre contre leur gouvernement, un chômage endémique, etc.

Loin d'être un constat d'échec, c'est pour lui un temps de remise en cause globale qui peut s'appuyer sur la globalisation des savoirs, sur l'accès que cela nous donne aux différentes civilisations humaines et aux manières qu'elles proposent pour faire face à l'anxiété sacrée. C'est pour lui la possibilité d'un retour vers les valeurs humaines et éthiques qui étaient généralement proposées et entretenues par les religions.

L'intérêt et les limites de l'ouvrage

Les exercices proposés, en particulier dans le dialogue intérieur, peuvent à long terme générer de l'anxiété. Par exemple, remplacer systématiquement les pensées négatives par des pensées positives peut aussi s'analyser comme une tentative de contrôle ou un refus de la réalité et de son côté parfois sombre.

Le mérite de l'ouvrage est de rappeler que l'anxiété est consubstantielle à la vie qui implique la mort. L'auteur n'a pas eu peur d'explorer la religion et la spiritualité pour tenter de montrer l'importance de la dimension spirituelle et de la peur de la mort dans l'anxiété quotidienne. Dimension spirituelle que l'on peut réintroduire par le respect de nos valeurs individuelles et la réalisation du bien dans nos actes de tous les jours.

Cette approche est intéressante pour prévenir le stress au travail et les troubles psychosociaux qui sont parfois la manifestation de l'anxiété de perdre son emploi, mais relèverait plus de l'anxiété sacrée, celle de la mort et de la non-existence. L'absence d'emploi signifiant pour certains la mort sociale et l'impression de ne pas exister.

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