Cloud Computing: avancée informatique ou pratique à risque?

Le nuage informatique, grâce à la mise en réseau de milliers de serveurs, permet de décupler les capacités informatiques. Sans risque?

Consulter ses emails sur les portails du fournisseur d'accès, archiver sur Internet photos et vidéos, jouer en ligne... Tant d'activités quotidiennes qui mettent à profit le Cloud Computing - littéralement «informatique dans les nuages». Ce service est aujourd'hui proposé aux entreprises et administrations pour augmenter leurs capacités informatiques. Tour d'horizon de cette nouvelle technologie, qui n'est pas sans poser de lourdes questions.

Qu'est-ce que le Cloud Computing?

Le Cloud Computing consiste à externaliser les données d'une entreprise ou d'une administration vers d'immenses fermes de serveurs, grandes comme une quinzaine de terrains de football. Ces serveurs, qui se comptent en dizaine de milliers dans les data centers , disposés dans le monde entier et reliés entre eux par des réseaux comme Internet, permettent selon Microsoft de « faire fonctionner sur un seul serveur physique plusieurs systèmes d’exploitation et leurs applications ».

Et donc de « recréer ainsi plusieurs ordinateurs virtuels sur une seule machine », les opérations traditionnelles ne se déroulant plus sur le seul poste du client. Les capacités de stockage de données ou de calcul informatique sont multipliées, bien plus puissantes que ce que peuvent offrir des installations informatiques traditionnelles. L'utilisation de logiciels (du simple traitement de texte à des prgrammes beaucoup plus complexes) ne nécessite plus de téléchargements mais peut se faire directement en ligne. Une simple connexion Internet suffit.

L'exemple du New York Times illustre les possibilités offertes par le Cloud Computing. La mise en ligne des archives du quotidien américain, dont les plus anciennes datent de 1851, nécessite des capacités informatiques dont le journal ne dispose pas. Pour ce faire, le New York Times met à profit le service Cloud Computing d'Amazon, qui avec Google fut l'un des premiers à mettre à disposition ses immenses data centers contre rémunération.

Les qualités du Cloud Computing

Plusieurs avantages sont évoqués par tous ceux - Amazon, Google mais aussi Microsoft ou IBM - qui souhaitent vendre du service Cloud. Notamment la mise à disposition d'une puissance informatique hors norme, modulable en fonction des besoins du client. Ainsi les petites et moyennes entreprises (PME) dont les installations modestes limitent souvent les capacités informatiques, se voient offrir de nouvelles possibilités, rendant, selon Microsoft, « l'informatique aussi accessible que l'électricité ».

Les PME n'auraient plus besoin d'investir dans les infrastructures informatiques par exemple pour l’utilisation de messageries, puisque la consommation se fait à la demande et le paiement à l'usage. D'après le géant de l'informatique, les Start-up pourraient quant à elles se concentrer « sur le cœur de leur application », laissant au fournisseur de service Cloud le soin de gérer les composantes de base du site. Et l'entreprise pourrait plus facilement faire face aux variations de son activité et adapter sa puissance informatique.

Idem pour les administrations qui ne paieraient plus que les ressources informatiques utilisées, sans se soucier de devoir installer des équipements plus performants. Un système qui semble voué à un retentissant succès, confirmé par le cabinet américain IDC qui prévoit en 2011, pour le Cloud Computing, un marché d'un poids de 53 milliards d'euros... soit une croissance de 25%. Un secteur qui favoriserait en outre la vente des petits ordinateurs portables, peu puissants mais connectés en permanence.

Les risques du Cloud Computing

Le nuage informatique doit néanmoins faire face à de nombreuses réticences. La première d'entre elles concerne la sécurité d'un tel système. Qu'en est-il des données stratégiques, lorsqu'elles sont gérées par une société tierce? Twitter en avait fait les frais durant l'été 2009. Un jeune Français, connu sous le surnom Hacker Croll , avait réussi à pénétrer dans le système Google Apps, service de Cloud Computing auquel le site de microblogging avait recours, et à en extraire des documents confidentiels...

D'autres s'inquiètent de la dépendance qu'engendre un tel fonctionnement. Auprès des fournisseurs de service Cloud d'abord, qui ont la main mise sur les ressources informatiques des entreprises ou administrations et qui possèdent un accès à des informations, qui, sensibles ou non, sont susceptibles d'être communiquées. Pour la publicité par exemple...

Mais également une dépendance encore accrue à l'égard d'Internet. Que se passe-t-il en cas de problème de connexion à la toile? Si l'usager avait pour habitude d'utiliser le logiciel de traitement de texte en ligne, plus question de pouvoir s'en servir... Alors que la tâche effectuée aurait pu se passer auparavant de la connexion au web. Une interrogation d'autant plus vive alors que certaines voix commencent à s'élever contre l'hyperconnexion permanente de nos sociétés.

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