L'écoterrorisme: définition, organisations et militants

Qu'est-ce que l'écoterrorisme? Quelles organisations, quelles personnes se cachent derrière ce néologisme? Tour d'horizon.
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Gaz de schiste, conditions d'abattage des animaux, nanotechnologies... Tant de sujets qui, parmi d'autres, font l'objet de vifs débats et alimentent les médias. La préoccupation écologique croissante doit pourtant s'accommoder des impératifs économiques. La mise en place d'une politique environnementale mondiale cohérente s'accompagne de concessions. Trop nombreuses pour certains qui aimeraient voir les choses bouger plus vite, et n'hésitent pas à se faire entendre. En utilisant des moyens pour le moins controversés.

Définition de l'écoterrorisme

"Usage ou menace d'utilisation de la violence de manière criminelle, contre des victimes innocentes ou des biens, par un groupe d'orientation écologique, pour des raisons politiques liées à l'environnement". Telle est la définition de l'écoterrorisme selon le Bureau Fédéral d'Investigation (FBI, Federal Bureau of Investigation) américain.

Derrière ce néologisme sont regroupés des actes divers et variés. Si la défense des animaux est la plus souvent mise en avant en matière d'écoterrorisme, les causes des "opérations" peuvent être multiples. Un exemple? Le rejet des nanotechnologies, au sujet desquelles opposants et partisans se livrent un âpre débat, notamment sur leur éventuelle nocivité.

Peuvent être visés par les actes écoterroristes tant des petits commerçants (fourreurs, bouchers) que des personnalités en vue de grands groupes internationaux, à l'image des laboratoires pharmaceutiques ou des multinationales comme IBM . Intimidations, lettres anonymes, graffitis menaçants au domicile, agressions physiques, ou encore vandalisme constituent des moyens de terreur potentiels pour des militants plus ou moins organisés.

Les organisations écoterroristes

Parmi les organisations qualifiées d'écoterroristes peut être cité le Front de libération animale (Animal Front Liberation), fort de plusieurs milliers de membres et qui fait régulièrement parler de lui. Parmi les plus violentes peut être nommé le MFAH (Militant Forces Against Huntingdon Life Science), mouvement radical qui n'hésite pas à attenter à l'intégrité physique de ses cibles.

Mais les filiations entre ces différents groupuscules rendent difficiles leur véritable identification. Ainsi, l'incendie de la maison de vacances du patron du grand groupe pharmaceutique Novartis a été revendiqué par les MFAH, bien que les autorités britanniques l'attribuent plutôt au Stop Huntingdon Animal Cruelty (SHAC), qui serait le bras opérationnel de MFAH.

Internet a également favorisé l'essor des groupes d'écologie radicale hors de la Grande-Bretagne - sa terre de naissance -, et une plus grande médiatisation des actes qualifiés d’écoterroristes. Le site Bite Back se définit comme le webzine recensant les actualités des mouvements radicaux de défense des animaux du monde entier, tout en se refusant cependant de publier toute action portant à l'intégrité physique de qui que ce soit.

Les écoterroristes et leurs motivations

" Je me bats pour les droits des animaux, comme d'autres avant moi contre l'esclavage ou le sexisme. Les humains n'ont pas le droit de s'habiller en peau d'animaux ", explique au site Rue89 JS, jeune anglaise engagée dans la défense - radicale - des animaux. Et de reconnaître : "Je peux aller très loin pour sauver des animaux. "

Un extrémisme justifié par Debbie, autre activiste: " L'opinion publique n'entend plus notre voix. Les médias, qui sont à la solde des groupes pharmaceutiques ne parlent plus de notre cause. La presse a trop peur de perdre de la publicité. Et la justice nous persécute. " Prôner un mode de vie végétarien ne suffit plus à certains militants qui aimeraient voir la défense des droits des animaux avancer plus rapidement…

De quoi relancer l'éternel débat sur l'activisme. Jusqu'où est-il possible d'aller pour défendre une cause? Où s'arrête le militantisme et où débute le terrorisme? En somme, la fin justifie-t-elle les moyens? La question posée au début du XVIe siècle par Machiavel dans Le Prince reste décidément en suspens.

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