Les repas pour enfants emplis de substances chimiques toxiques

Une étude publiée ce 1er décembre révèle les très nombreux composés nocifs retrouvés dans les aliments recommandés pour les enfants. Édifiant.

Une alimentation équilibrée protège-t-elle la santé? Rien n'est moins sûr. Une enquête réalisée par l'association Générations futures (ex-MDRGF) et le réseau européen Health & Environment Alliance (HEAL) met à jour les substances cancérigènes, pesticides et perturbateurs endocriniens consommés tout au long de la journée par un enfant qui suivrait les recommandations établies par le Programme national Nutrition et santé (PNNS – Manger-bouger). Tour d'horizon.

L'enquête de Générations futures

Pour mener son étude, l'association Générations futures a composé les quatre repas et l'en-cas d'une journée type selon les recommandations émises par le programme Manger-bouger à l'intention des enfants. Ainsi est-il conseillé de manger 5 fruits et légumes par jour, de consommer à chaque repas des pains, céréales, légumes secs et pommes de terre. 3 produits laitiers doivent ponctuer la journée.

Les apports en matières grasses, sel et sucre doivent être limités, alors que l'eau est consommée à volonté. Générations Futures a tenu compte des envies enfantines et concédé un chewing-gum dans la journée... Les aliments analysés dans cette étude, achetés entre juillet et septembre 2010, ne sont pas issus de l'agriculture biologique.

Ont été recherchées dans chacune des denrées les substances "les plus communément recherchées ou celles qui posent le plus de questions d’un point de vue sanitaire". Parmi elles, entre autres, les pesticides, les additifs alimentaires, les plastifiants, les dioxines, les métaux lourds ou encore les Polychlorobiphényle (PCB). Autant de composés chimiques susceptibles d'être cancérigènes ou perturbateurs endocriniens (PE).

Les résultats de l'étude

Les chiffres énumérés font peur... Ainsi, au cours de cette journée type, l'enfant d'une dizaine d'années aura ingéré pas moins de 128 résidus chimiques, issus de 81 substances chimiques différentes, dont 36 pesticides. Et parmi toutes ces molécules, 47 sont suspectées d'être cancérigènes. Beurre et saumon cumulent à eux deux pas moins de 42 résidus chimiques. Dont l'arsenic pour le poisson...

Les perturbateurs endocriniens sont retrouvés à tous les repas. À l'instar du très controversé bisphénol A, ces substances souvent d'origine plastique gênent le système hormonal régulant aussi bien la croissance, le développement que les fonctions reproductrices. La difficulté à établir un lien entre environnement et pathologie ne permet pas toujours d'identifier clairement les effets des PE, comme des cancérigènes, sur la santé humaine.

Générations futures se défend d'établir des statistiques précises quant à l'exposition des enfants – et des adultes – aux composés chimiques. L'association cherche avant tout à illustrer concrètement et à rappeler au public les substances qui accompagnent notre quotidien. Les analyses ne portent en outre que sur les repas d’une journée type, et ne prétendent pas établir une liste exhaustive des résidus chimiques présents dans les aliments.

Comment limiter ces substances chimiques?

Pour réduire la quantité de pesticides transmis par les fruits et les légumes, le rapport de Générations futures conseille d'acheter des produits issus de l'agriculture biologique. Pas toujours possible, notamment en raison de leur coût... Peler les fruits et légumes, bien plus que leur passage sous l'eau, permet de réduire les résidus chimiques.

Consommer des fruits et légumes de saison et locaux permet de moins s'exposer aux traitements chimiques appliqués sous serre et aux conservateurs destinés aux aliments amenés à voyager... Pour réduire l'apport journalier en perturbateurs endocriniens, il convient de ne pas utiliser à outrance des récipients en plastique, notamment censés être chauffés comme les bouilloires.

Le rapport de Générations futures en appelle aussi aux pouvoirs publics et à l'interdiction de certains pesticides, suspectés d'être dangereux. De même, l'association demande que les plastiques potentiellement dangereux, comme le bisphénol A, ne soient plus utilisés à des fins alimentaires. Quant aux composés chimiques qui envahissent l'air environnant, seule une réponse globale pourra y être apportée...

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