Protéger la flore mondiale: un défi pour préserver l'humanité

La diversité des espèces végétales revêt une importance capitale pour l'agriculture, l'alimentation ou la pharmacologie. D'où la nécessité de les préserver.
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Alors que s'achève l'année internationale de la biodiversité conclue par la conférence de Nagoya, le constat est alarmant. La destruction des écosystèmes, qui aboutit à l'extinction souvent silencieuse d'espèces animales comme végétales, ruine tous les jours un réservoir vivant naturel déjà mal en point. Une grande perte pour l'humanité, tant la biodiversité lui apporte. Tour d'horizon.

La diversité des espèces végétales, une chance pour l'agriculture et la sécurité alimentaire

La diversité végétale est une aubaine pour l'agriculture, en raison des ressources génétiques dont disposent les essences. Le palétuvier constitue à ce titre un exemple éloquent. Ainsi, comme l'explique le site du Parc National de la Guadeloupe , cet arbre, élément essentiel des mangroves (zones tampons entre terre et mer), s'accommode de la salinité extrême de son environnement et du peu d'oxygène présent dans la vase.

D'autres plantes résistent pèle-mêle à la sécheresse - à l'instar des cactus, à la grande chaleur ou au contraire au froid glacial. Des caractéristiques qui s'avèrent cruciales dans l'adaptation des cultures à leur écosystème et au changement climatique. Et qui pourront aider l'homme à améliorer sa sécurité alimentaire, selon l'Organisation pour l'agriculture et l'alimentation (FAO, Food and Agriculture Organization).

Cela passe notamment par le recensement, la collecte et l'étude des ressources phytogénétiques pour pouvoir offrir des semences adaptées aux pays pauvres dont les climats rendent difficile la culture des terres. Alors que 75% de la biodiversité des cultures ont été perdus entre 1900 et 2000 selon la FAO , des initiatives visent à réintroduire des cultures vivrières locales. Ainsi, au Pérou, ont été réintroduites d'anciennes variétés de pommes de terre, adaptées à la haute altitude et au paysage montagneux.

L'apport de la biodiversité pour notre santé

La biodiversité constitue un réservoir de remèdes. Ainsi, l'aspirine, bien qu'actuellement synthétisée chimiquement, est à l'origine extraite du saule. Moins connu, le Taxol, utilisé comme anticancéreux, est issu de l'if. Les exemples de molécules pharmaceutiques empruntées au monde naturel ne manquent pas. Le déclin de la biodiversité menace de fait les ressources pharmacologiques potentielles.

Un danger mis en exergue en 2008 par plus de 100 experts, réunis sous l'égide de la Convention de la Diversité Biologique (CDB), le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE) et l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) dont le rapport final a été publié par l'Université d'Oxford sous le titre Sustaining Life .

Tout en appelant à ne pas surexploiter la biodiversité sous prétexte de recherches scientifiques, le rapport pointe du doigt l'appauvrissement de la faune et de la flore, notamment parce que des espèces disparaissent avant même qu'elles n'aient révélé leur potentialité, voire avant que l'homme n'ait conscience de leur existence. L’étude rapporte la menace qui plane au-dessus de plusieurs familles d’arbres et arbustes gymnospermes, auxquels appartient par exemple le Ginkgo , potentiel détenteur de traitements contre la dépression ou l’épilepsie.

Comment sauver la biodiversité?

A l'aune de ce qu'apporte la biodiversité à l'humanité, alors que les écosystèmes ne cessent d'être malmenés, la sauvegarde de la flore et de la faune constitue un axe important dans les efforts entrepris par les autorités internationales pour préserver la planète. Ainsi, le 21 Décembre 2010, l'Assemblée générale des Nations Unies a voté la création de la Plateforme scientifique et politique intergouvernementale sur la biodiversité et les services de l'écosystème (IPBES).

Outre la sensibilisation du public et des décideurs publics, l'IPBES doit aboutir à des mesures concrètes pour enrayer la destruction de la biodiversité. Construite sur le même principe que le Groupe Intergouvernemental sur l'évolution du Climat (GIEC), cette instance verra sa première séance plénière se réunir en juin 2011. Elle décidera des modalités de fonctionnement.

Ce projet ambitieux, nécessaire, achoppera-t-il sur les mêmes obstacles que ceux rencontrés par le GIEC, soumis au feu des critiques des scientifiques comme des politiques? La sauvegarde de l'environnement risque une fois de plus de voir s'affronter les acteurs publics. Et d'appeler de nouveaux débats enflammés entre pays du Nord et pays du Sud.

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