Steve Jobs malade : les rumeurs circulent, les marchés vacillent

La santé du patron d'Apple fait autant le buzz que les produits de la marque. Entre rumeurs, communication savamment maîtrisée et sens des affaires affûté.

6 milliards de dollars de bénéfice net ! Un chiffre record pour Apple qui débute l'année 2011 avec de très bons résultats et de belles perspectives. IPod, iPad, Mac ont conquis des millions de consommateurs souvent totalement acquis à la marque à la pomme. Un bémol toutefois : la santé précaire de Steve Jobs, patron d'Apple à ce point emblématique de l'entreprise que chaque arrêt maladie entraîne secrets et fluctuations boursières...

Steve Jobs, puissant patron à la santé chancelante

"A ma demande, le comité de direction m'a accordé un congé maladie pour que je puisse me concentrer sur ma santé. Je reste au poste de PDG et investi dans les décisions stratégiques majeures de l'entreprise". Telle est la manière dont Steve Jobs a annoncé aux employés d'Apple, par e-mail , son nouvel arrêt pour raisons de santé le 17 janvier 2011. Une nouvelle qui relance les spéculations sur l'état physique du concepteur du Mac.

En 2003, l'homme d'affaires est touché par un cancer du pancréas. Gardée secrète jusquà l'issue de l'opération qui lui sauvera la vie durant l'été 2004, la maladie force Steve Jobs a installé Tim Cook à la présidence par intérim. Revenu à son poste, l'un des hommes les plus riches de la planète lance en 2007 l'iPhone, selon le Monde daté du 19 janvier 2011.

Début 2009, Steve Jobs laisse de nouveau son siège à Tim Cook, prétendument pour un déséquilibre hormonal. En réalité pour une greffe du foie, révélée par un hôpital de Memphis. Un travestissement des faits qui laisse croire à certains que toute la vérité n'est pas dite sur la santé du patron d'Apple. Sentiment renforcé par les fausses rumeurs, le culte du secret et la grande maîtrise de communication de la marque à la pomme.

Apple, le culte du secret... ou une paranoïa déguisée ?

Le mystère qui entoure Steve Jobs est à l'image du secret cultivé par Apple. Une méthode marketing ciselée qui, en ne livrant aucune information ou juste de quoi aiguiser les appétits, alimente les rumeurs et fait parler journalistes, blogueurs et fidèles dApple. Un flou systématique, érigé quasiment en dogme, qui en irrite certains.

Ainsi, les marchés financiers ne goûtent pas toujours le "manque de communication, voire [les] omissions" sur l'état de santé du businessman au sempiternel polo noir, selon le Monde du 19 janvier 2011. Car qui pense Apple pense Steve Jobs, et inversement. Si l'un est atteint, l'autre vacille. Steve Jobs malade, et c'est le risque d'observer la baisse du cours des actions en bourse de la marque à l'image cool et branchée, par opposition à son - très - sérieux concurrent Windows.

Des annonces à point nommé... ou des mensonges par omission?

Un état de fait dont est parfaitement conscient le PDG d'Apple. L'annonce de son dernier arrêt temporaire pour raisons médicales est d'ailleurs intervenue à l'occasion d'un jour férié aux Etats-Unis... alors que Wall Street était fermé. Ce qui n'était pas le cas en Europe où la chute des actions, notamment en Allemagne, a prouvé la caractère indissociable du couple Jobs-Apple.

Dès le mardi 18 janvier 2011, soit le lendemain, l'action d'Apple perdait 6% lors de la séance d'ouverture à Wall Street. Alors que l'entreprise affiche de très bons résultats, une trésorerie solide, une équipe de dirigeants fiables et que Tim Cook, troisième fois président par intérim, a déjà montré par le passé sa capacité à guider le navire en l'absence du capitaine. Sans oublier que Steve Jobs est loin d'abandonner complètement son poste et de délaisser son groupe.

Comment expliquer alors l'inquiétude ? Macophiles très attachés à la pomme et à son créateur historique, marchés financiers qui veulent être rassurés... Nombreux sont ceux qui réclament le retour de Steve Jobs et sa patte. Ce petit plus, notamment en terme d'ergonomie et de design, retrouvé dans nombre des produits Apple. Des voix dissonnantes en appellent plutôt à une abdication claire en faveur de Tim Cook . Un départ qui susciterait bien des émois...

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