Les vitraux d'Imi Knoebel

On fête cette année les 800 ans de la cathédrale de Reims. Les vitraux d'Imi Knoebel créent l'événement.

Des générations d'écrivains ont célébré les vitraux des cathèdrales françaises. Les textes ébloussants de Balzac, Péguy, Bernanos, Mauriac ont chanté le jeux des couleurs, narré la course des rais de lumière à travers les baies, plongeant sous les voûtes, ruisselant le long des colonnes se dissipant dans la matière des sombres dalles.

Aujourd'hui, grâce à la commande publique, ce monument symbole de l'histoire de france- c'est ici que le chef franc, Clovis fut couronné comme premier roi de France- s'est enrichi de six vitraux oeuvres d'un peintre allemand de grand talent.

Le maître de l'abstraction

On considère Imi Knoebel (né en 1940) comme l'un des plus grands artistes allemands de la deuxième moitié du XXe siècle, pour la façon dont il a réinventé l'abstraction et la radicalité de ses propositions. Il se forme à Darmastad puis à Düsseldorf auprès de Josef Beyus. Comme son maître, il considère volontiers la création comme un acte presque métaphysique dépassant les notions du beau et du laid.

A partir de 1966, il bascule vers une abstraction sans concession. Ses oeuvres alternent lignes verticales et horizontales, sobrement posées sur des fonds blancs. La capacité d'Imi Knoebel à imaginer des ensembles volontairement baroques dans les effets, sa passion pour les couleurs primaires et les formes géométriques datent de cette époque. Petit à petit, il cherche à dépasser ces modèles historiques et à s'affranchir du cadre pictural. Sa formation auprès de Beuys a conduit Knoebel à envisager l'art comme une forme de thérapie.

Les vitraux

Lorsqu'en 2008, Imi Knoebel répond faborablement à la proposition du ministère de la Culture, il est conscient de se lancer dans un projet hors norme- six verrières couvrant une surface de 128 mètres carrés- qui représente pour lui un double défi. D'abord, il s'agit de sa première création dans le domaine du vitrail. Ensuite il s'interroge sur la matière dont lui, artiste engagé dans une redéfinition de l'abstraction, peut s'inscrire dans un édifice emblematique de l'histoire de France, comme la cathédrale de Reims, véritable livre d' images à travers sa décoration sculptée.

Le résultat est hors d'attente. Lui l'agnostique déclaré a réussi à reproduire le paradis avec la profusion de couleurs: quatre bleus, trois rouges et deux jaunes. La lumière qui rentre dans la cathédrale a travers les vitraux atteint une spiritualité sublime.

Sources:

- Dossier de presse sur les 800 ans de la cathèdrale de Reims, réalisé par les services de la ville de Reims.

Catalogue, connaissance des arts, hors-série, sous le titre Reims, la cathèdrale et les vitraux

d'Imi Knoebel.

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