« Les conjoints » : l'instable équilibre du bonheur

La nouvelle comédie d'Eric Assous revisite le couple, entre mensonge, vérité et petits arrangements pécuniaires. Pour les amoureux du bonheur et les autres!
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Le duo Eric Assous à l’écriture-Jean-Luc Moreau à la mise en scène est depuis quelques années le couple gagnant du théâtre français. Le succès des pièces « Les belles sœurs » ou « Les hommes préfèrent mentir » a réussi à installer Assous comme l’un des meilleurs auteurs sur la place de Paris. Une fois encore, aucune déception. Face à son thème favori, les rapports de couple, Assous fait mouche et Moreau, avec sa mise en scène étonnante et osée, apporte une touche moderne.

Effet de style réussi

Une mise en scène qui joue autant sur l’effet sonore que sur la lumière, sans changement de décor ou juste sur un détail que chacun appréciera. Au cinéma, il n’est pas rare de voir utiliser la technique du flash-back pour revenir sur un événement. Il l’est beaucoup plus au théâtre. Le talent est indispensable à cet effet de style pour qu’il sonne juste, sans emphase ni retenu et surtout sans lourdeur. Pari réussi.

Casting croustillant

Jean-Luc Moreau, que le public retrouve sur scène dans le rôle d’un quinqua, divorcé, charmeur, à la fois cynique et audacieux, est l'heureux gagnant au Loto d’un pactole de 16 millions d’euros qui va changer sa vie, et pas seulement la sienne. A ses côtés, l’excellent José Paul en mari menteur mérite le détour. Jovial, il fait face non sans humour à sa femme Delphine, Anne Loiret, femme froide et calculatrice. Gratiné le tout avec Anne-Sophie Germanaz, aussi belle et attirante que le souligne son rôle de femme libre.

Variation sur le même t'aime

Cette variation sur le tandem, voire tricycle, voire même carré amoureux, mêle habilement le pouvoir de l’argent, le prix de la bonne conscience et la quadrature du cercle marital. Toujours en équilibre, les quatre protagonistes scrutent le bonheur, dissèquent leurs sentiments et opèrent des coupes dans leur vie et dans leur cœur.

Eric Assous travaille de nouveau son thème fétiche, mais sans jamais se répéter, sans jamais tomber dans la facilité du déjà vu, déjà entendu. Ses pièces aiment les rapports humains, respectent les comédiens, amusent le public pendant qu’il le fait se questionner. Ses personnages nous ressemblent, son écriture est jubilatoire tellement elle est précise, judicieuse et légère à la fois.

Sous la plume de Gainsbourg, on a déjà entendu « dans Amour toujours, c’est le pour, ou le contre on récolte ce que l’on sème ». Sous celle d’Assous , « Les conjoints » comptent deux N mais à la sortie on M raconter ce pur moment de finesse et d’excellence…

Infos pratiques

A partir du 31 août, du mardi au samedi à 21h et le samedi à 18h

Théâtre Tristan Bernard : 64 rue du Rocher 75008 Paris

Location : 45 22 08 40

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