"Une semaine ...pas plus" : carton garanti

La nouvelle création de Clément Michel s'amuse des rapports de couple. Un ménage à trois qui tourne au déménagement...de l'un d'entre eux, mais lequel.

Sa plume douce, légère, subtile et dynamique a déjà frappé dans “Le grand Bain“ et dans le “Carton“, actuellement repris au Palais des Glaces. Clément Michel récidive dans la comédie avec “Une semaine...pas plus“ à la Gaîté Montparnasse. Un couple, un ami, un gros mensonge, la lâcheté masculine et la faiblesse féminine réunis pour le rire.

Non seulement l’écriture de Clément Michel est une dentelle de l’humour; il a un style d’une finesse qui n’appartient qu’à lui et dont lui seul a le secret, mais en plus il a un talent de comédien à la hauteur de son écriture. Jamais en sur-régime, toujours dans le ton et la mesure. Il s’autorise même parfois à élever la voix, lui d’ordinaire si hermétique à tout énervement dans ses personnages.

Un casting idéal

Et les deux comédiens qui l’accompagnent dans ce ménage triangulaire n’ont rien à lui envier. Sébastien Castro, en ami “droopiesque“ est irrésistible de naturel, incomparable dans sa gestuelle de faux-dur au cœur tendre et insoupçonnable de sarcasme dans ses yeux de cocker triste. On se languissait de le revoir après le succès mérité de la pièce de Pierre Palmade « le comique ».

La seule femme du trio, Maud Le Guenedal donne toute sa sensualité et sa fragilité à la pièce. Femme aimée, détestée, compréhensive, amoureuse, spoliée, trahie, elle réussit le tour de force de nous faire rire par sa naïveté si attachante et son charme indéniable et palpable.

Difficile d’imaginer un autre casting tellement ces trois personnalités donnent vie et corps à chacun de leur personnage. Ils nous réservent un moment unique de comédie, de franche rigolade et de phrases qui résonnent à l’envi, « Y’a que les bordéliques qui trouvent qu’aimer l’ordre c’est un truc de maniaque » !

Une pièce moderne

Coté mise en scène, le duo Arthur Jugnot - David Roussel frappe encore. Après le succès de la reprise du « Carton », les deux compères s’éclatent sur cette pièce moderne et s’entendent comme larron en foire pour donner vie à cet appartement où ces trois personnages cherchent une solution au problème de l’autre sans toutefois avoir toutes les données en main pour arriver à ses fins.

Une distribution idéale, des répliques qui fusent, un sujet qui ne laisse personne indifférent… « Dans un ménage à trois il y en a toujours un qui craque ». Oui mais lequel…c’est là tout le talent de Clément Michel de nous emmener jusqu’au bout sans en détester un seul à la fin.

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