Alimentation bio, pénuries et cantines scolaires

Dans 80% des villes de taille moyenne, les produits bio apparaissent dans les cantines scolaires afin de préserver l'environnement et la santé des enfants.

Lors du Grenelle de l’environnement , la France a décidé d'instaurer d'ici à 2012 des produits biologiques dans les cantines scolaires à hauteur de 20%. Actuellement, le pourcentage de produits bio est de l'ordre de 2% souligne la WWF , ce qui est bien trop peu. Dans cette perspective, l'organisation de défense et de protection de la nature a lancé une campagne de mobilisation afin que les cantines servent des produits dépourvus de pesticides et de substances chimiques pour que les enfants soient protégés et restent en bonne santé. La WWF précise que le second objectif est aussi de privilégier dans les cantines les fruits et légumes de saison et d'éviter ainsi de longs transports et les conséquences que ces derniers engendrent. Mais cet engouement du bio dans les cantines est la source de nouveaux problèmes d'approvisionnement.

Les conséquences du bio dans les cantines

L'initiative de mettre dans les assiettes de nos enfants des produits bio est si récente que son engouement rapide a eu pour conséquence une demande plus importante de ces aliments que leur production. Les producteurs locaux ne sont pas assez nombreux actuellement pour faire face à cette demande. Le résultat est une pénurie importante de l'ordre de 40 à 60% pour les fruits et légumes. La France est donc obligée d'importer ces produits en Allemagne, Belgique et Hollande, pays qui sont bien plus en avance que les Français dans le domaine de l'agriculture bio. Ce manque d'approvisionnement peut surprendre quand on sait que la France est le premier pays agricole européen pour la production de céréales, de viande et de vin. Elle est même le premier exportateur de l'Union Européenne et le second derrière les États-Unis.

Quelles sont les raisons de cette pénurie et comment y remédier?

Le premier responsable de ce manque d'approvisionnement en bio est l’État qui a divisé par deux le montant du crédit d'impôt destiné aux agriculteurs désireux de se convertir à une agriculture bio et qui n'accompagne pas ces derniers lors de leur reconversion. Pour remédier à ce problème, il faut permettre une réelle concertation entre les producteurs et les consommateurs qui accordent de plus en plus d'importance à la préservation de l'environnement. Selon l'enquête réalisée par l 'Agence bio , 85% des Français affirment introduire aujourd'hui des produits bio dans leur assiette pour protéger l'environnement. Les produits les plus consommés sont les fruits et les légumes, les œufs et le pain, suivis des produits laitiers et des volailles. Plus de 4 Français sur 10 consomment un produit bio par mois et un par semaine pour un quart de la population.

Il faudrait par conséquent qu'un échange constructif soit établi entre les producteurs et les consommateurs afin de réfléchir aux choix alimentaires d'origine bio à faire pour l'avenir de la planète, le nôtre et celui de nos enfants. Le Grenelle de l'environnement prévoit 6% de part de bio cultivée pour 2012. Actuellement, la part réservée au bio est seulement de 2.6% et la France se situe en 22e position sur les 27 pays membres de l'Union Européenne.

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