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DANIEL HUBINON

Publié dans : Les articles Politique Société & Médias de Daniel Hubinon

Satan et démons, une nouvelle fascination

Les doutes, angoisses et craintes de notre époque génèrent un retour en force du satanisme dans la société

Aspects d’un phénomène aux limites du rationnel

Les médias ont la fâcheuse tendance d’analyser ce retour de manières diverses.

Pour certains la vigilance s’impose, d’autres le considèrent comme anecdotique et d’aucuns font preuve d’incohérences liées à l’extrême droite.

Depuis une dizaines d’ années des études constatent une recrudescence de cette mouvance chez les adolescents, et des adultes en mal d’être.

Comment interpréter les informations contradictoires véhiculés par les médias ?

- La "Miviludes"(1) note en 2007, une nette augmentation des actes de profanation. Le mouvement récupère les jeunes en rupture familiale, et scolaire, en leur présentant une idéologie de révolte susceptible de répondre à leurs attentes et envies, ce qu’ils ne trouvent plus dans la structure sociale qui a formé leurs ainés.

Elle est souvent sollicité par des familles dont les enfants présentent des comportements auxquels elles ne peuvent plus faire face.

(1) Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires.

Dans une thèse de 2007, le docteur Guivier mentionne :

"Que la pratique de la doctrine satanique repose sur des rituels qui "ne doivent pas être pris à la légère". S’il ne semble pas exister de doctrine imposée quant à la pratique même ; il s’agit de processus basés sur les sentiments et l’émotionet qui l’on peut diviser en trois catégories :

– des rituels sexuels (réalisation des désirs) ;

– rituels de compassion (à accomplir pour se libérer) ;

– rituels de destruction (extérioriser ses colères).

Elle signale des risques pour les jeunes adeptes :

L’attirance pour le morbide, l’ intérêt pour l’irrationnel, le symbolisme des sites internet où la mort, et la violence sont banalisées, dans un mélange de réalité et de fiction difficilement décryptée par le néophyte.

La dépendance virtuelle à l’égard de l’image, qui au-delà du fait qu’elle sert des intérêts financiers (dont on n’a pas toujours conscience) participe à faire sauter des verrous psychologiques et les tabous, comme le respect de la mort".

"Le secret qui entoure les groupes ne permet pas de les dénombrer, mais on estime les adeptes, au sens large, à environ 25 000 en France, dont 80 % de moins de 21 ans"

-

"

Ils pratiquent la doctrine officielle, tirée de la Bible écrite par, Anton Szandor LaVey, en 1969. Un culte ou des rituels de manière individuelle ou en groupe, se reconnaissent satanistes et appartiennent à un groupe organisé, exclusivement virtuel (forums et sites Internet). ???

En France, ils sont un peu plus d'une centaine, âgés de 20 à 35 ans, et non plusieurs milliers comme l'ont avancé certains. ???

II n'y a aucune étude française sérieuse sur la question. ??? Les enquêtes anglo-saxonnes mettent en avant d'autres facteurs, comme l'environnement familial, scolaire, l'usage de drogues etc. Les satanistes que nous avons rencontrés, pour leur part, n'étaient pas des personnes déprimées". ???

http://www.20minutes.fr/article/220409/France-Le-satanisme-ne-presente-aucun-danger-pour-la-societe.php

- Libération, en 2005, dans " Le satanisme, marchepied de l'extrême droite", va plus loin dans l’amalgame et l’approximatif.

"La religion sataniste est utilisée par les groupuscules d'extrême droite pour masquer leurs idées. Un jeune ne peut se dire néo-nazi mais il est bien vu de se dire sataniste.

On note deux profils types de satanistes parmi les jeunes qu'il faut distinguer des gothiques même si le "gothisme" est une porte d'entrée privilégiée vers le satanisme.

Il n'y a aucun doute : Le développement du satanisme et son rapprochement avec l'extrême droite sont liés à la crise des valeurs".

Même l’église elle ne semble pas décidée à donner un avis,peut-être parce qu’elle est de moins en moins perçue comme une référence crédible par des jeunes et beaucoup d’adultes à qui elle n’apporte aucune réponse aux questions qu’ils se posent.

Qui est ce diable à qui les chrétiens attribuent tous les malheurs du monde ?

Pour Sigmund Freud. "le diable est encore le meilleur subterfuge pour disculper dieu".

Sans doute par référence à l’inquisition, ses procès et tortures de sinistre mémoire …

L’église catholique arrivant au pouvoir vers le 4e siècle, va laver Dieu de toute mauvaise intention, le mal devient un fait exclusif de Satan. (voir analyse de J. Colin).

L'apparition de Satan nous vient du nouveau testament, Marc dans son évangile raconte que les pharisiens et Jésus s'accusent mutuellement d'être les agents du Diable : " C'est par le chef des démons qu'il chasse les démons" disent les scribes à qui Jésus rétorque, comment Satan peut-il chasser Satan ?

Matthieu "Alors Jésus fut conduit par l'esprit au désert pour être tenté par le Diable."

Jérome Colin, dans "Le diable et le satanisme expliqué aux Francs-Maçons note :

L’ennemi est tout désigné mais l’église, en conférant à Satan le rôle de propagation du mal dans le monde va commettre l’ erreur, de lui donner tellement d'autonomie qu'elle va en faire un égal de Dieu, ce dernier ne pouvant rien contre son action. Un "dualisme" qui hantera toujours l'église catholique.

On a prêté longtemps aux satanistes, aux païens, aux idolâtre les pires vices, et l’idée persiste encore de nos jours. D’un autre coté, au nom de Dieu, qui n'en demandait sûrement pas autant, des hommes pieux ont massacrés de soi-disant infidèles, et que dire des pillages, tortures, viols, … On peut dès lors se demander de quel coté est le vice.

Conclusion

i

"Satan existe-t-il"? : Si vous répondez par la négative, alors jetez votre Bible au feu. C’est ce que devraient faire les clercs et les évêques, qui attribuent à des phantasmes humains la croyance en Satan. Chrétiens Magazine, avril 2005

"Celui qui ne croit pas au diable, ne croit pas à l’Evangile" - Jean-Paul II.

Quelques citations à méditer :

"Le diable est pur, il ne peut faire que le mal" - Jean Cocteau.

"Derrière la croix se tient le diable". - Miguel de Cervantès.

"La plus grande malice du diable est de faire croire qu’il n’existe pas". - Ch. Baudelaire.

"Ne disons pas du mal du diable, il est peut-être l’homme d’affaires du bon dieu".

- Bernard de Fontenelle.

"Si le diable n’est pas toujours aussi noir qu’on le peint, dieu est-il toujours aussi blanc"?

- Samuel Butler.

Sources et documentation

http://www.info-sectes.org/satan/index.htm

http://esaie.free.fr/niveau1/index.htm

http://www.miviludes.gouv.fr/

www.gsrl.cnrs.fr

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DANIEL HUBINON

De formation scientifique (physico-chimie) mon expérience professionnelle est
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